Tolérance zéro pour les racistes de tous bords, même ceux de la fonction publique !

Dimanche 13 janvier 2008

 

Le Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ) est profondément écoeuré par les déclarations tenues le 1er février 2007 par le directeur de Bruxelles Export (DG Commerce extérieur) à propos d’un de ses collaborateurs d’origine tutsi qu’il avait soupçonné -à tort- dans un conflit entre son service et le cabinet du ministre de tutelle (Charles Picqué) d’avoir dénoncé en interne ses méthodes de gestion : « S’il s’agit de la personne de haute taille et de couleur, je vais le tuer (…) Si c’est lui… le génocide rwandais n’est pas terminé ! » (Source : Le Soir, 11 et 12-13 janvier 2008). Ces propos d’une violence inouïe, mettant en cause la couleur de peau et l’origine ethnique d’un citoyen belge né à Kigali, n’ont rien d’anodin : le génocide des Tutsi au Rwanda a fait plus d’1 million de mort entre avril et juin 1994, dont la famille de la victime. Aujourd’hui, un haut fonctionnaire de la Région de Bruxelles-Capitale, parfaitement au courant de l’histoire dramatique de son agent, souhaite continuer le travail des bourreaux. La sanction disciplinaire prise par l’administration à l’encontre de ce directeur est ridicule : 3 mois de suspension avec retenue de salaire transformée par la Secrétaire d’Etat à la fonction publique en un mois de suspension avec maintien du salaire. Ces propos racistes et ces menaces déshonorent la fonction publique. Dans un Etat de droit, non seulement les fonctionnaires sont soumis, comme tout autre citoyen, aux dispositions légales et constitutionnelles mais ils incarnent au quotidien l’Etat qui se veut d’ailleurs à la pointe de la lutte contre le racisme. C’est pourquoi nous estimons que cette sanction insignifiante banalise la gravité des faits et remet en cause l’impartialité et la probité de la fonction publique. En tant qu’organisation juive active dans la transmission de la Mémoire des 3 génocides du 20e siècle, celui des Arméniens, des Juifs et des Tutsi, notamment auprès des écoles de la Communauté française par le biais de notre programme « La haine, je dis non ! », le CCLJ réclame de la part des pouvoirs publics et de la justice une sanction exemplaire. Le CCLJ demande également au Centre pour l’Egalité des Chances d’introduire une plainte au pénal sur base de la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie (loi « Moureaux »). Le CCLJ s’inquiète de l’augmentation et de la banalisation du racisme et de l’intolérance dans la société belge. La violence raciste s’exprime dans la rue, dans les transports en commun, dans les écoles et sur les lieux du travail. Notre pays doit se mobiliser et faire preuve de détermination face au racisme, à l’antisémitisme et à la xénophobie. N’oublions jamais que le racisme, la haine, l’impunité et l’indifférence ont pavé les chemins qui ont mené aux 3 génocides du 20e siècle. Mais à quoi servent les efforts fournis par les médias, le monde associatif et éducatif ainsi que les responsables politiques en matière de lutte contre le racisme, les discriminations et en faveur de la diversité et du mieux vivre ensemble si la Région de Bruxelles-Capitale se montre incapable de donner l’exemple et de sanctionner par un châtiment exemplaire un de ses dirigeants ?


 
 

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