Opinion

Une tartufferie militante aux accents barristes

Mardi 29 mars 2016 par Yves Caelen

Dans un moment de recueillement il conviendrait de ne pas ajouter du bruit au bruit et de garder le silence. Mais comment y arriver quand on s'aperçoit qu’un texte d'une ambivalence qui fait peur soit publié dans La Libre Belgique ? Ce texte, Comprendre, pour ne pas devenir fous, qui dégouline de tartuferie militante est signé Henri Goldman, rédacteur en chef de la revue Politiques.

Pour Henri Goldman, les morts de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et du Musée juif étaient-ils davantage « coupables » que ceux de Zaventem et de Maelbeek ? 

Il ne le dit pas ainsi mais il ose écrire que les meurtres des premiers avaient « au moins une explication ». On aimerait savoir laquelle en des termes précis... Je suppose que ça ne pourra pas être autre chose que « parce qu'ils étaient (supposément) juifs » ou « parce qu'ils étaient (supposément) dessinateurs dans un journal qui... » Ah bon... En quoi « ils étaient juifs » ou « ils étaient dessinateurs » serait-il une meilleure explication que « ils étaient Belges » (ou même : ils passaient par Bruxelles -exactement comme ce policier qui passait devant les locaux de Charlie Hebdo) ?

Henri Goldman se perd dans des circonlocutions, mais c'est bien ça qu'il écrit : « Culpabilité insupportable, mais au moins il y avait une explication »... Fichtre! Faute d'être moralement justifiables voilà donc les assassinats de Paris et du Musée juif déclarés rationnellement explicables (ou plus exactement, rationnellement mieux explicables que les attentats de Bruxelles). 

J'ai du mal à comprendre où Henri Goldman veut en venir quand il croit utile d'écrire qu'à Bruxelles, « certains de ces morts étaient eux-mêmes musulmans et, pourquoi pas, s’opposaient à la politique étrangère de leur pays ». Ceux-là méritaient-ils moins de mourir que ceux qui ne partageaient pas les idées de M. Goldman ou avaient la malchance de ne pas savoir réciter la Chahada ? Je ne sais pas pourquoi, mais quand je lis ce genre de choses, j'y trouve des accents proches de ceux de Raymond Barre qui regrettait à l'époque que l'attentat de la rue Copernic ait aussi tué « des Français innocents »

Et Henri Goldman de conclure en posant cette question « Comment les convaincre qu’on est de leur côté ? ». Cette conclusion (il s'agirait de choisir son côté) qui emprunte tout à la moralité d'un vieux western me laisse tout simplement pantois !


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Jess - 29/03/2016 - 17:14

    Pour Goldman, les victimes de l’Hyper Casher et du Musée juif de Bruxelles étaient coupables d’être juifs. Culpabilité insupportable, mais au moins il y avait une explication, dit-il ! Tandis que pour les braves belges (non juifs)de Zaventem et Maelbeek , c'est incompréhensible....!!

    Nous sommes indirectement rassurés pour les nazis et leur génocide: ils avaient aussi leur explication, car leurs victimes étaient juives. Ouf !

    Le Docteur Goldman a un besoin pressant "d'explications" et de "compréhension" ! Car la maladie islamiste et sa sauvagerie bestiale ne se suffisent pas à elles-même. Il est moins urgent de les mettre hors d'état nuire que de décrypter et comprendre leurs cervelles de reptiliens abâtardis.

    Il rejoint en cela les Tariq Ramadan, Edwy Plenel et autres Idiots Utiles de l'islamo-gauchisme et leurs discours jésuitiques, pour qui les premières et vraies victimes ne sont pas ceux qu'on imagine, mais bien la communauté musulmane

  • Par Jacqueline Stei... - 29/03/2016 - 21:37

    Il ne faut pas oublier qui est cet individu ami de Jaja tristement connu pour ses remarques antisemites il faut lire son blog d' extrême gauche narcissique et membre de l' Upjb

  • Par Willy Estersohn - 1/04/2016 - 0:03

    Votre mise en cause d'Henri Goldman pour les propos publiés dans La Libre relève de la mauvaise foi. "Un texte d'une ambivalence qui fait peur", écrivez-vous d'entrée de jeu. Contrairement à ce que vous prétendez (ou suggérez lourdement) l'article d'HG ne laisse à aucun moment supposer que certaines victimes des attentats islamistes - les Juifs en l'occurrence - sont "plus coupables" que d'autres. Est-il si scandaleux d'affirmer que l'on comprend sans trop de difficultés pourquoi les Juifs constituent une cible privilégiée ? Quant à la comparaison avec l'ancien Premier ministre français Raymond Barre qui avait affirmé que l'attentat de Paris visant des Juifs avait fait également "des victimes françaises innocentes", elle est pour le moins révoltante.

  • Par Henri Goldman - 1/04/2016 - 10:29

    Le plus comique dans ce billet d'Yves Caelen, c'est qu'il me reproche un argument que j'ai repris de Guy Haarscher : il y a une différence entre les attentats contre Charlie et l'HyperCasher (cibles identifiables) et ceux du 15 novembre (cibles indistinctes) : "L’EI tente de justifier son terrorisme en rendant tout le monde coupable. Il n’y a plus d’innocents, n’importe qui peut être tué". (Le Soir, 16 novembre).
    Mais manifestement ça vous amuse de publier n'importe quoi, et de laisser ensuite ouvert le robinet de la haine anonyme dans ce forum…

  • Par Yves Caelen - 2/04/2016 - 14:53

    Les mots exacts du texte de Guy Haarscher dont il est question dans la réponse de Henri Goldman sont les suivants :

    (Début de citation)

    "L’EI tente de justifier son terrorisme en rendant tout le monde coupable. Il n’y a plus d’innocents, n’importe qui peut être tué. Ceux qui vont au concert sont des "idolâtres". Le match de football France-Allemagne oppose les représentants de deux "Etats croisés". On nous dit à juste titre de faire attention aux amalgames, et de ne pas confondre islamistes et musulmans. Mais Daech considère que les passagers de l’avion russe abattu au-dessus du Sinaï, ou des gens paisiblement attablés à une terrasse de café sont tous des "croisés"."

    (Fin de citation)

    Il ne s'agit pas du tout de la même chose que ce qu'Henri Goldman a écrit.

    Désolé mais, non, une personne qui mange cacher n'est pas plus coupable de quoi que ce soit qu'une personne qui prend le métro à Bruxelles ou un avion à Zaventem.

    Considérer la France et l'Allemagne (ou la Belgique) comme des "Etats croisés" est idiot et, dans les cas d'espèce, criminel, mais pas plus ni moins que de de considérer un magasin cacher comme une "cible sioniste".

    Il s'agit dans les deux cas de cibles indistinctes, le signifiant "croisé" employé d'un côté n'ayant pas plus ni moins de sens que le signifiant "sioniste" employé de l'autre.

    Dans les deux cas on vise des innocents et le fait qu'un innocent soit Juif ne le rend pas moins innocent.

    Dans les deux cas, il s'agit d'un délire assassin.

    Ce qui est scandaleux, c'est de faire une distinction entre les attentats qui visaient des Juifs, des dessinateurs, des policiers ou des militaires d'un côté et ceux qui s'attaquent aux passagers d'un métro de l'autre.

    Ne pas admettre qu'il y ait entre les deux une continuité parfaite dénote d'un aveuglement (volontaire ou non) dont je maintiens qu'il est extrêmement dangereux.

    Mais je ne suis pas complètement surpris qu'Henri Goldman n'envisage pas de se remettre en question sur ce point.

    Je suis certain pour ma part que, de même que les assassins de l'Hyper casher avaient dans leurs têtes de nombreuses explications embrouillées, ceux du métro et de l'aéroport de Bruxelles avaient aussi les leurs, tout aussi embrouillées. Ce qui est inquiétant, c'est quand une personne faisant profession de sa culture et de son intelligence affirme mieux comprendre les premières que les secondes.

    Mais ce qui est sans doute difficile à comprendre pour certains esprits militants, c'est sans doute que lire le monde dans une logique de "combat contre les croisés" où tout citoyen occidental devient une cible n'est pas plus (ni moins non plus) idiot que de le lire dans une logique de "combat contre les sionistes" ou tout citoyen juif devient une cible.

    C'est sans doute cela que nos amis "militants" refusent de comprendre.

    Et qu'Henri Goldman se rassure, tout ceci est écrit sans haine, mais simplement avec une grande tristesse.

    Car ses textes, de mon côté, je ne les trouve malheureusement pas comiques du tout.

    Enfin, pour ce qui concerne l'intervention de Willy Estersohn, je trouve en effet qu'écrire que « certains (des) morts (de Bruxelles) étaient eux-mêmes musulmans et, pourquoi pas, s’opposaient à la politique étrangère de leur pays » ne manque pas de similitude avec l'affirmation de M. Raymond Barre a propos « des victimes françaises innocentes ».

    Mais comme je le disais au début de mon texte, les événements que nous venons de traverser appellent plutôt le silence. Il était important de relever ce que le relève plus haut mais je ne m'engagerai pas dans davantage de polémique.

  • Par Willy Wolsztajn - 2/04/2016 - 16:05

    Afin d'éclairer l'article « Comprendre pour ne pas devenir fou » d'Henri Goldman, je me permettrai de rappeler ce qu'il écrivait dans la revue Politique voici un an à propos de l'antisémitisme. Il relevait « la vitalité d'un nouvel antisémitisme où le mythe de la toute-puissance juive trouve un écho auprès des populations musulmanes ulcérées par l'impunité dont jouit l'Etat d'Israël avec le soutien apparemment sans faille des communautés juives. » Ainsi, selon Henri Goldman, il existe un antisémitisme nouveau, « compréhensible », du fait de l'attachement des Juifs en diaspora à l'Etat d'Israël. Henri Goldman n'est malheureusement pas seul à penser ainsi. Outre son caractère scandaleux, on soulignera l'inanité d'une telle posture. A ce compte on pourrait « comprendre » voire justifier le racisme anti marocain du fait de la politique sahraouie du Maroc, et le racisme anti turc par la politique kurde d'Ankara.

    Mais nous pouvons aider Henri Goldman à ne pas devenir fou. Il indique lui-même la piste quand il évoque l’attentat fasciste de Bologne dans l’Italie des années de plomb. Pour expliquer les sympathies djihadistes parmi la population maghrébine bruxelloise, la journaliste flamande marocaine (et musulmane pratiquante) Hind Fraihi avance l’heureuse formule des « ferments d’un véritable fascisme avec la signature de l’islam. » (voir son enquête « En immersion à Molenbeek »). Cela, toute une gauche aveuglée par ses dérives idéologiques refuse de le voir. Impossible pour elle d’imaginer que les « nouveaux damnés de la terre », les « Juifs de notre époque » endossent les oripeaux de vulgaires fachos aux couleurs musulmanes. Du reste, hormis l’imprégnation islamique, ces ferments dont parle Fraihi sont très similaires à ceux qui poussent une part de l’opinion européenne dans les bras de mouvements et formations démagogues, xénophobes et d’extrême droite comme le Front national, Pegida, Alternativ für Deutschland, Vlaams Belang, etc.

    Quant à l’antisémitisme qui ravage les populations musulmanes, il ne présente rien de neuf contrairement à ce qu’avance Henri Goldman. Il précède de loin la création d’Israël. La politique palestinienne de ce pays et la cause palestinienne ne lui servent que de prétexte. Elles servent aussi de dérivatif commode aux satrapies qui dominent le monde musulman et bombardent les populations musulmanes d’Europe à coup d’émissions TV satellitaires. Pour analyser les ressorts de cet antisémitisme, on renverra utilement à l’interview de Dominique Shnapper publiée sur ce site. Voir http://www.cclj.be/actu/politique-societe/dominique-schnapper-democratie-faible-protege-mal-juifs

  • Par Louis Kanarek - 2/04/2016 - 17:56

    Etant donné que très peu de pays dans le monde se sont rendu coupables de moins de crimes qu'Israël, affirmer qu'il y a une certaine logique à tuer des "sionistes"devrait mener à la conclusion qu'il existe une certaine logique à assassiner les citoyens de presque tous les pays. Par exemple les citoyens belges à cause des massacres commis au Congo, les Allemands n'en parlons même pas, etc...
    D'autant plus qu'il faut avoir l'esprit complètement tordu pour associer un quelconque client de l' hypercasher aux crimes d'Israël, ni plus, ni moins en tous cas, qu'un quelconque client d'une boucherie hallal aux crimes de l'Etat Islamique.

  • Par Yvette Rauwers - 2/04/2016 - 20:01

    Monsieur Goldman,

    On a bien compris que vous êtes contre les amalgames quand il s'agit des musulmans et des terroristes djihadistes. Mais les amalgames entre Juifs et l'état d'Israël ne vous dérangent pas puisque vous comprenez que les terroristes s'attaquent aux Juifs. Seriez-vous aussi compréhensif, si, suite aux attentats de Bruxelles, on s'attaquait à commerce halal ?

    Votre horreur des amalgames entre musulman et terroriste s'est d'ailleurs exprimée avec force, puisqu'au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l'Hypercasher, vous avez estimé urgent d'organiser une manifestation contre l'islamophobie, sans mentionner l'antisémitisme. Par une curieuse inversion, ce sont les musulmans qui sont devenues les victimes à protéger.

  • Par Sara B.Z. - 3/04/2016 - 17:23

    Tant que des médias aux préjugés anti-israéliens solidement ancrés solliciteront des pamphlétaires avides de s'offrir des moments de gloire à bon compte - chacun en retirant un avantage - l'échelle des valeurs sera bancale.

  • Par Jess - 3/04/2016 - 19:01

    En bon petit militant de l'extreme gauche islamo-compatible, Henri Goldman supporte mal toute contradiction. Cela se transforme sous sa plume en "robinet de la haine" (sic)

    Je lui laisse cette appréciation insensée, en lui rappelant ici une autre facette de sa prose récente, toute aussi insensée.

    " Il est temps de se rendre compte qu’un certain philosémitisme, en Belgique ou sur la scène internationale, est aujourd’hui le meilleur carburant de l’antisémitisme." (Sic)

    Et oui Henri Goldman, si le philosémitisme est le meilleur carburant de l'antisemitisme, il parait que l'antisémitisme en est un meilleur encore !

  • Par Yvette Rauwers - 4/04/2016 - 12:15

    En effet Jess, et d'ailleurs Goldman est un parfait manipulateur de haine lui-même, haine d'Israël pour commencer. Comme son amie Michèle Sibony de l'UJFP, organisation française sœur de l'UPJB, avec qui il "discutera" (Goldman est présenté comme discutant !) lors de la présentation du spectacle de Riton Liebman à Bruxelles le 4 mai.

    Non, ils ne sont pas pour moi de pauvres renégats "excommuniés" par la majorité de la communauté juive, mais des propagateurs de haine. Ils ont le droit de revendiquer une indifférence d'Israël. Mais leur indifférence est fausse, car Israël est leur première préoccupation, non pas pour affirmer leur attachement, mais au contraire leur hostilité présentée comme critique légitime.

  • Par Philippe Cassard - 5/04/2016 - 18:43

    D'accord avec l'article mais l'adjectif barriste est vraiment franco-français et en économie on peut le comprendre mais sur Copernic il aurait mieux fallu trouver autre chose, citer l'incroyable de Raymond Barre et dire que c'est Raymond Barre, mais trouver un autre adjectif car d'autre gens utilisent ce genre d'arguments limites, comme par exemple ceux qui sont contre que l'on tue les hérissons parce qu'ils sont utiles.