Nouvelle génération

Samuel Fuks, leader de la communauté juive de demain?

Mardi 6 septembre 2016 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°846

Ancien président du Librex, collaborateur au projet du CAL « We Need Youth », sur le point de lancer un nouveau service de lavoir mobile gratuit pour les personnes sans domicile fixe, Samuel Fuks a clairement plusieurs cordes à son arc. D’un dynamisme à toutes épreuves, avec le recul nécessaire pour tirer les côtés positifs de ses expériences, le jeune homme de 28 ans semble prêt à tous les défis.

 

Fils cadet d’une famille juive traditionaliste, Samuel Fuks a grandi à Bruxelles et suivi sa scolarité à l’Athénée Maïmonide, tout en fréquentant la Jeunesse juive laïque du CCLJ. « J’ai reçu une triple éducation, entre l’école, ma famille et le mouvement qui se sont révélés tous les trois complémentaires », confie-t-il. « Le fait d’être à l’époque un des seuls à la JJL à venir d’une école juive m’a permis de m’ouvrir à des points de vue plus variés et de côtoyer assez tôt la laïcité, ainsi que ce concept étrange d’être à la fois juif et laïque », sourit-il. Le jeune garçon avoue avoir connu différentes phases dans sa pratique du judaïsme, avant de trouver sa façon à lui d’être juif. Une passion pour la connaissance des matières juives et un attachement « naturel » à Israël qu’il tentera d’ailleurs de transmettre au sein de la JJL, où il lance avec les autres madrihim (moniteurs) les « madregot », ces épreuves soumises aux jeunes et adaptées à leur âge pour approfondir leurs connaissances générales, sur la Belgique, le judaïsme, l’histoire d’Israël, etc. « Nous voulions que nos enfants soient instruits », justifie simplement celui qui y voit une nouvelle motivation de s’investir dans le mouvement.

L’idée de devenir avocat lui trottant dans la tête depuis son enfance, Samuel Fuks s’oriente vers des études de droit à l’ULB. Son baptême lui donnera l’envie de s’investir cette fois dans le cercle étudiant de sa faculté, puis au Cercle du Libre examen (Librex) et à l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB). En tant que délégué conférences de cette dernière, il invite le journaliste Stéphane Amar à venir parler des initiatives de rapprochement entre Juifs et musulmans. La soirée, organisée en partenariat avec le Cercle étudiant arabo-européen et le Librex, prendra rapidement un autre tournant, celui du conflit israélo-palestinien, scindant le public entre sionistes et antisionistes... « Un gros choc », se souvient Samuel Fuks, qui ne perdra en rien sa motivation. Sous ses différentes casquettes, il multiplie les activités, en proposant un cycle « Mémoire et négationnisme » dédié à Maxime Steinberg, pour aborder la Shoah ainsi que les génocides tutsi et arménien, le Darfour, la reconstruction post-génocide et les lois mémorielles. A chaque fois, Samuel Fuks use de la même méthode, consultant des sources très diverses, pour obtenir la vision la plus large et se faire sa propre idée. Non sans efforts, il devient un an plus tard le président du Librex, rapidement étiqueté « sioniste ». L’affaire Chichah lui donnera certes du fil à retordre, mais elle ne l’empêchera pas de lancer les 1ères Rencontres des jeunesses européennes humanistes à l’ULB l’année suivante, ni de s’investir dans l’Union des anciens étudiants. Fort d’un master complémentaire en droit fiscal, il partira ensuite pour un tour de l’Europe, avant de découvrir l’Australie et le Vietnam…

La Moishe House, version bruxelloise 

Peu après son retour, Samuel collabore avec le Centre d’action laïque (CAL) pour participer à « We Need Youth », un événement organisé par et pour les jeunes, auquel il apporte ses conseils et connaissances de terrain. Soutenu par le CAL, il se lance ensuite avec sept amis dans un projet de lavoir mobile « Bulle » (influencé par l’initiative australienne « Orange Sky »), à destination des 2.600 sans-abri de Bruxelles, pour leur offrir un accès à l’hygiène et leur rendre une dignité qu’ils n’ont souvent pas les moyens de s’offrir.

Et quand on dit que Samuel Fuks a de l’énergie à revendre, on ne s’y trompe pas. Depuis l’été 2015, le jeune homme de 28 ans a choisi de s’investir dans la Moishe House, dont il est l’un des co-fondateurs à Bruxelles. « Un projet international qui compte déjà 89 maisons dans le monde et qui manquait dans la communauté juive bruxelloise. Un projet de cohabitation du type « kots à projet » de Louvain-la-Neuve qui correspond tout à fait à mon style de vie », affirme-t-il. « Chaque communauté locale est façonnée à l’image de ceux qui la composent », insiste Samuel. Juifs traditionalistes laïques pour la plupart, ils sont actuellement quatre résidents (à la recherche d’un cinquième !) à faire vivre cette maison uccloise en y proposant toute une série d’activités sociales et culturelles, ouvertes à tous, dans le but d’un réel échange des cultures. « La Moishe House internationale nous aide à financer ce que nous organisons, la seule restriction qu’elle nous impose est de ne pas proposer d’activité politique », précise Samuel Fuks, qui voit dans ce projet d’innombrables autres opportunités : voyages à thématiques juives, conférences internationales, bourses d’études offertes par la structure internationale… Objectif avoué de l’organisation : former les jeunes leaders de la communauté juive de demain. Samuel Fuks y a bien logiquement trouvé sa place. 

Plus d’infos et agenda de la Moishe House Brussels sur sa page Facebook. Vous avez entre 22 et 30 ans et souhaitez participer à ce projet, n’hésitez pas à leur envoyer un message !


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Alain Herz - 28/09/2016 - 2:18

    Bravo et bon courage!!

  • Par robert l - 1/10/2016 - 18:30

    Le poste de président du CCOJB est à pourvoirVivement de la nouvelle graine

  • Par Emilie - 3/10/2016 - 17:49

    Samuel,

    Je ne vous connais pas mais lorsque je lis l'article et me rends compte du potentiel qui est le vôtre, je voudrais vous conseiller de ne pas suivre le conseil qui a été donné par un lecteur et qui consistait à présenter votre candidature au CCOJB.
    Vous avez mieux à faire que cela.
    Laissez les rigolos du CCOJB se chamailler entre eux. Les derniers articles publiés sur ce même site ont suffisamment montré qu'il s'agit d'un bac à sable pour enfants dans lequel vous ne devez pas entrer.