Kazerne Dossin

"Les pressions du lobby juif"!

Lundi 9 mars 2020 par Alain Mihàly

L’édition du De Morgen de ce week-end évoque en des termes peu amènes les pressions du "lobby juif" pour désigner l’opposition à la dimension de la sensibilisation aux droits de l’homme mise en avant par des historiens flamands pour le mémorial et musée Kazerne Dossin.

 

Le directeur a démissionné il y a quatre mois et n'a pas été remplacé. La directrice intérimaire est absente pour cause de maladie. Le tout sur fond de conflit entre les membres juifs et les historiens du Conseil d'administration sur la nature même du musée de Kazerne Dossin dont le nom complet est Mémorial, Musée et Centre de documentation sur l'Holocauste et les Droits de l'Homme (passons sur "Holocauste") qui consacre sa prochaine exposition aux femmes victimes de violence sexuelle, de discrimination et de stigmatisation.

L'aspect "droits de l'homme" fut le "prix" à payer lors de la prise en main et du financement de l'infrastructure muséale par la Communauté flamande. Pour la communauté des historiens flamands, l'histoire mémorielle du génocide des Juifs de Belgique devait être mise en service d'une lecture politique constamment réactualisée et il était manifestement impensable de se cantonner à l'histoire du lieu et de la déportation des Juifs.

Le directeur du Cegesoma, l'historien Nico Wouters, s'élève dans cet article contre le fait qu'André Gantman, membre du CA et conseiller communal NV-A à Anvers, défende dans un livre récent "l'unicité" du génocide. Wouters ajoute "on ne peut donc plus l'actualiser car on ne peut le comparer avec rien".

La teneur générale de l'article est claire, les Juifs sont de trop. A une époque où il est heureusement de mise de considérer que les victimes doivent avoir voix au chapitre, cette relégation résonne étrangement.

Doit-on considérer que ce nouveau chapitre de l'histoire mémorielle du génocide des Juifs s'inscrive dans le rapport pour le moins compliqué de la Flandre à son histoire? Y a-t-il d'autre cas en Europe où un "musée du génocide des Juifs" ne soit imaginable qu'englobé dans un cadre plus vaste ?

Voilà en tout cas ce qu'on lit dans De Morgen au sujet de la nomination d'un nouveau directeur : "Les scientifiques craignent que le Conseil d'administration ne nomme quelqu'un qui ne s'opposera pas trop aux pressions du lobby juif"... Il y a des archétypes dont certains ont du mal à se passer.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Grunchard - 11/03/2020 - 0:40

    De Morgen soi-disant de gauche récidive . Après la chronique de Dimitri Verhulst
    https://www.demorgen.be/meningen/er-is-geen-beloofde-land-er-is-gestolen-land~bc0a2d94/

  • Par Joel Kotek - 12/03/2020 - 11:26

    Alain, superbe analyse.