Rwanda

Mort du cerveau du génocide des Tutsi

Lundi 27 septembre 2021 par AFP et la Rédaction

Le colonel Théoneste Bagosora, considéré comme l'architecte du génocide des Tutsi au Rwanda de 1994, est mort le 27 septembre 2021 au Mali à l'âge de 80 ans.

 

Son fils, qui occupait au moment du génocide un poste important au sein du ministère rwandais de la Défense, a déclaré à la BBC que son père était décédé dans un hôpital de la capitale malienne, Bamako. Il y était traité pour des problèmes cardiaques. L'ex-colonel purgeait sa peine de prison au Mali.

Le colonel Théoneste Bagosora avait été condamné par Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre à la prison à vie en 2008. Cette peine avait ensuite été réduite à 35 ans.

 « A aucun autre moment je n’ai vu quelqu’un d’autre que Bagosora aux commandes, avait témoigné le général canadien Roméo Dallaire (qui dirigeait les casques bleus au Rwanda en 1994) en 2004 devant le TPIR. « C’était irréel. Ils [ses collaborateurs et lui] mettaient en œuvre un plan dont nous avions entendu parler par de nombreux canaux ». Théoneste Bagosora était l’un des plus hauts responsables rwandais condamnés pour le génocide des Tutsis qui a fait entre 800 000 et un million de morts entre avril et juillet 1994.

Bagosora est considéré comme un des deux cerveaux de l’attentat commis le 6 avril 1994 contre l’avion du président Habyarimana. Cet événement déclenche le génocide des Tutsi. Quelques dizaines de minutes après la mort du président, des Tutsis sont massacrés par les miliciens Interahamawe

En juillet 1994, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) écrit dans une note : « Selon une personnalité rwandaise hutu modérée, les colonels Bagosora, ancien directeur de cabinet du ministre de la Défense, et Laurent Serubuga, ancien chef d’état-major des FAR, seraient les principaux commanditaires de l’attentat du 6 avril… L’appartenance du colonel Bagosora aux escadrons de la mort donne de la consistance à ces allégations ».

Dans une autre note, rédigée en septembre 1994 et qui sera déclassifiée en 2015, les services de renseignement français affinent leur analyse. « Ces deux hommes se sont longtemps considérés comme les héritiers légitimes du régime, écrit la DGSE. Leur mise à la retraite, prononcée en 1992 par le président Habyarimana alors qu’ils espéraient obtenir le grade de général, a été à l’origine d’un lourd ressentiment et d’un rapprochement remarqué auprès de Mme Agathe Habyarimana, veuve du président et considérée souvent comme l’un des principaux cerveaux de la tendance radicale du régime… Cette opération [l’attentat contre l’avion de M. Habyarimana] aurait été préméditée de longue date par les extrémiste hutus… L’assassinat de ministres de l’opposition modérée et de Tutsi, moins d’une demi-heure après l’explosion du Falcon présidentiel, confirmerait le haut degré de préparation de cette opération ».

Arrêté au Cameroun en mars 1996, Théoneste Bagosora est transféré au centre de détention du TPIR en janvier 1997 puis condamné à la prison à perpétuité en 2008 avant que sa peine soit réduite en appel à 35 ans d’emprisonnement.


 
 

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