Antisionisme

Marc Van Ranst, une haine inextinguible

Vendredi 11 septembre 2020 par Maurice Einhorn, Ancien rédacteur en chef du Journal des médecins

Virologue à la KULeuven et vedette médiatique depuis l’apparition de la crise de la Covid-19, Marc Van Ranst se distingue depuis quelques semaines par son agressivité tous azimuts, mais l’homme est de plus habité par une rage « antisioniste » extrême.

 

La pandémie de coronavirus (Covid-19) a eu, entre nombreux autres effets, celui de projeter sur le devant de la scène des experts scientifiques et médicaux, dont la plupart, malgré leurs titres universitaires, étaient jusque-là totalement inconnus du grand public et parfois du corps médical lui-même. La majorité d’entre eux sont devenus, de simples conseillers du politique qu’ils étaient censés être au départ, les quasi-décideurs en matière de mesures à prendre pour lutter contre le coronavirus, nos ministres craignant de toute évidence qu’on leur attribue la responsabilité entière si les choses devaient tourner mal.

Ils ont ainsi poussé les ministres dans le dos lorsqu’il s’est agi de mettre en œuvre des mesures souvent absurdes, comme la notion de bulle sociale et, pour certaines d’entre elles, liberticides comme l’obligation de fournir ses coordonnées lorsque l’on se rend dans un café ou un restaurant (mesure qualifiée d’anticonstitutionnelle par Nicolas Thirion, professeur de droit à l’Université de Liège).

Quelques-uns de ces experts sont devenus de véritables coqueluches des médias et étaient jour après jour invités sur les plateaux télévisés, sur les antennes nationales et dans les quotidiens du pays.

Parmi ceux-ci, le professeur Marc Van Ranst, virologiste à la KULeuven fait figure de chouchou des médias flamands. Son comportement explosif et ses prises de position très peu nuancées dans le domaine de la lutte contre le coronavirus lui ont procuré un véritable ascendant sur ses collègues dans ce petit monde des experts, au point que Rik Torfs, ancien recteur de la KULeuven déclarait récemment que « les autres experts ont peur de Van Ranst ».

 C’est que l’homme, par ailleurs brillant sur le plan scientifique, est redoutable et radical dans toutes prises de position et ses propos. Il a ainsi refusé que l’on élargisse la fameuse bulle sociale au-delà de 5 personnes, qui doivent de plus être toujours les mêmes et il a réussi à imposer son point de vue. Son attitude extrémiste lui a valu de vives réactions de la part de certains responsables politique de premier plan, comme Denis Ducarme, ministre fédéral des Classes moyenne, Georges-Louis Bouchez, président du MR ou David Clairinval, vice-Premier ministre, qui lui ont rappelé qu’il n’avait jamais été élu. Mais à l’intérieur même du monde universitaire certains ont fini par l’attaquer de front.

Ainsi le Pr Jean-Luc Gala, directeur médical des Cliniques universitaires Saint-Luc parle-t-il à propos des décisions des politiques poussés par Van Ranst de mesures absurdes qui détruisent l’économie et punissent arbitrairement la population.

Van Ranst aime cependant se présenter comme une victime. Qualifié à la télévision des Pays-Bas comme « le virologue le plus influent de Belgique », il y a récemment identifié à l’extrême droite ceux qui respectent mal les gestes barrières. En ce qui concerne leur motivation, il est allé jusqu’à affirmer qu’ils le font parce qu’ils le détestent. Son comportement autocratique et parfois virulent a fini par susciter des critiques dans tous les partis, particulièrement en Wallonie, à quoi il répond que tout cela ne « empêche pas de dormir. Il est aussi de plus en plus attaqué dans le public.

« Antisioniste » extrême

Le profil politique du Pr Van Ranst est tout aussi remarquable. C’est encore Rik Torfs qui parle à son propos de « vision de société assez extrême », ce qui ne semble guère perturber ses collègues. Marc Van Ranst, utilisateur frénétique des réseaux sociaux, est en effet maoïste, proche du PTB et du PVDA. Admirateur des dictateurs d’extrême-gauche à la Chavez, il est surtout obsédé par l’antisionisme, qu’il a poussé jusqu’à l’extrême, notamment en tant que l’une des figures de proue du mouvement de boycott BDS et, pire encore, de BACBI (Belgian Academic and Cultural Boycott of Israël), ces organisations dont la funeste action illustre à la perfection la pratique de ce que des universitaires appellent les 3 « D » (diabolisation, délégitimation, double standard). On répétera une fois de plus que le boycott universitaire et culturel, prôné par BACBI, est d’autant plus absurde et inacceptable que l’on trouve de très nombreux partisans de la paix avec les Palestiniens dans les universités israélienne.

Il explique sans vergogne que les Israéliens se prennent pour un peuple supérieur, « tout comme le clamaient à l’époque les nazis à propos du peuple allemand ». Plus extrémiste encore que ses camarades des associations précitées, il a notamment osé utiliser, il y a quelques années déjà, le terme ignoble de « Gazacaust ». Un terme qui va bien au-delà des critiques antisionistes, même les plus virulentes. Il n’est pas excessif de qualifier ces attaques de Van Ranst de négationniste, tant l’identification des événements du conflit de Gaza à la Shoah, tend implicitement à minimiser le caractère génocidaire de celle-ci.

On ne peut qu’espérer que tous les excès auxquels se livre l’individu dans le débat sur le Covid-19 finiront par lui faire perdre son statut de vedette du petit écran et de la presse quotidienne ou hebdomadaire, ce qui semble d’ailleurs déjà s’annoncer ces jours-ci.


 
 

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  • Par Jacky - 11/09/2020 - 18:46

    Je suis tourneboulé de lire la prose du Docteur Einhorn, reprenant à son compte les thèses très en vogue dans les milieux de l’économie et leurs alliés libėraux, qualifiant de liberticides, voire d’absurdes les mesures sanitaires - très frileuses - qui ont permis , selon les analyses scientifiques post hoc, de réduire l’hécatombe du SARS CoV 2. Il est des circonstances où la liberté tue et les contraintes sanitaires ( vaccination obligatoire, par exemple ) protègent. En cette période de rentrée scolaire et professionnelle, et à l’aube de l’hiver, les simulations épidémiologiques prėvoient une 2me vague meurtrière en l’absence de gestes barrières rigoureux. La mise en cause d’un scientifique irréprochable dans son domaine est malvenue , sinon criminelle. Un droit de réponse de Van Ranst (ou d’un autre virologue ) doit être encouragé, car certains lecteurs pourraient le discrėditer au plan sanitaire, en raison d’une confusion possible entre son domaine d’expertise - et ses prises de position politique, de peu d’intérêt. Attention, Regards, à ne pas verser dans un populisme de mauvais aloi.

  • Par Herman De Ley, ... - 19/09/2020 - 15:38

    Monsieur, comme vous le savez bien, le boycott prôné par le BACBI - c'est-à-dire par plusieurs centaines d'universitaires de toutes les universités belges - vise les institutions complices de la politique colonialiste et militariste de l'État d'Israël, et non ps les scientifiques pris individuellement. Plusieurs dizaines collègues israéliens, d'ailleurs, ont rejoint la campagne internationale à laquelle nous participons, pour la libération du professeur Imad Barghouthi (astrophysicien palestinien à l'Université d'Al-Qods, Jérusalem). Après avoir été arrêté par des soldats d'occupation alors qu'il rentrait chez lui le 16 juillet, le professeur vient d'être placé en "détention administrative" dans la tristement célèbre prison d'Ofer sur ordre d'un commandant militaire israélien. Comme vous le savez sans doute, la "détention administrative" est une procédure arbitraire utilisée par les autorités israéliennes pour emprisonner indéfiniment des Palestiniens sans procès ni accusation, et elle est utilisée quotidiennement contre les Palestiniens - hommes, femmes et enfants - dans la Cisjordanie occupée. La coopération avec nos collègues israéliens dans la lutte pour les droits du peuple palestinien est fortement appréciée par nous tous et nous espérons pouvoir la renforcer encore à l'avenir, en vue d'une coexistence juste et pacifique entre Israéliens et Palestiniens.

  • Par Maya - 21/09/2020 - 20:28

    En réponse à Herman De Ley, je voulais préciser et souligner que celui-ci ignore certainement que les soldats israëliens n'arrêtent pas par simple plaisir ou par " vice" des personnes scientifiques ou autres. Il s'agit certainement de mesures prises à l'égard d'un homme suspecté d'avoir des accointances avec des terroristes ou suspecté de préparer un attentat ou d'y avoir participé. Vos allégations sont erronées, surtout qu'Israel n'a aucun intérêt à détenir des palestiniens ad vitam eternam, comme vous l'affirmez.
    L'argent utilisé à ces détentions sont bien plus nécessaire dans la recherche scientifique et pour le bien être de ses habitants.. arrêtez de regarder des médias antisémites et antisionistes, qui aujourd'hui comme nous le savons, est chou vert et vert chou.. Qu'attendre d'un scientifique belge accablant pour un oui ou pour un nom un Etat reconnu par le monde entier et le seul Etat démocratique de la région, se situant à 3.500 kms de la minuscule Flandre? Il devrait s'inquiéter avant tout de l'absence de gouvernement depuis près d'un an et demi en Belgique, car de Vivaldi, nous allons bientôt passer à la marche funèbre de Chopin et garder ses opinions de politique étrangère pour lui..sic..

  • Par Alain Reisenfeld - 14/10/2020 - 6:40

    Les grandes épidémies ont toujours fait remonter - en effet collatéral - des aspects peu aimables chez l'humain. On pense bien sûr à la peste, dont les chroniques européennes nous racontent l'impuissance passagère des autorités et les campagnes antijuives qui ont accompagné les épidémies. Relire Camus et autres sur les aspects symboliques. C'est une jauge de la capacité de la société à se défendre. Optimiste : à en retenir les leçons ! Nous avons, dans cet excellent texte du Docteur Einhorn, une illustration de ce retour du refoulé, mais aussi les clés du mécanisme de sidération suivi des sains anticorps politiques. Merci au CCLJ pour cette publication !

  • Par Kalisz - 14/10/2020 - 15:35

    Merci au CCLJ pour ces infos terriblement eclairantes. Meme lesvirologues sont infectes par l' antisemtisme du boycott.

  • Par léopold - 14/10/2020 - 23:08

    Chacun son point Godwin. Celui de cet antisémite qui se croit distingué et la fable du quasi génocide infligé aux palestiniens. Pire sa comparaison avec l'holocauste du peuple juif.
    Faut il avoir l'esprit passablement dérangé pour parler de "gazacaust" lorsque l'on sait que la population de Gaza a sextuplé depuis la guerre d'indépendance de 1948, alors que la population juive européenne a diminué de moitié (au moins) pendant le nazisme.
    Monsieur le professeur doit il retourner à l'école primaire pour apprendre à compter?

  • Par Armand Gelkopf - 21/10/2020 - 17:11

    Diffèrent sujet sont mèlangē dans cette discussion. D’abord il y a un monde entre l’anti semitisme et l’anti sionisme. Des Juifs de par le monde sont de l’avis de Van Ranst, De Ley, et de nous EAJS qui ne sont pas d’accord avec la façon que l’etat Israelien traite les Palestiniens. Mēlanger cela avec le sujet du Covid19 est fabriquer un amalgame pour cacher la veritē. Au sujet du Dkt Van Ranst, lui et ces collegues depuis fēvrier de jours en jours se coupent en 4 pour aider cette sociētē á surmonter une accalmie qui ns trouble tous.

  • Par Jacky - 2/12/2020 - 18:16

    Je retombe par hasard sur l’article du Docteur Einhorn et ma propre mise en garde contre des prises de position critiquant les précautions sanitaires préconisées par le virologue Van Ranst.
    3 mois plus tard, la mise en cause de Van Ranst ( quant à son opinion sanitaire) s’avère malheureusement infondée , tout comme l’argumentaire sous- tendant cette critique:
    - la 2 me vague a bien eu lieu et fait des ravages
    - le Pr Gala , cité comme témoin à charge de Van Ranst , a été désavoué par les Cliniques Saint- Luc
    - les libéraux , avocats des thèses qualifiant de liberticides les mesures sanitaires de confinement sont sur la sellette.

    Je réitère donc mon conseil à Regards d’être attentif à ne pas se faire l’écho de thèses d’inspiration populiste.