Opinion

Islamisme : une guerre sans arme mais non sans munitions

Lundi 7 décembre 2020 par Willy Wolsztajn

Le terrorisme islamiste sème l’épouvante. Mais la guerre que mène l’islamisme contre nos valeurs humanistes et contre la démocratie débute bien en amont. Les mots précèdent les actes. Ils préparent les esprits. L’écrasante majorité des islamistes ne tue pas. Pour combattre le terrorisme, il faut assécher le marais idéologique où il s’enracine. Commençons par remuer les eaux troubles de ce marais.

Le 1er juillet 1766, en France, le chevalier de la Barre était décapité pour avoir profané un crucifix. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty était décapité pour avoir montré à ses élèves des caricatures du Prophète de l’islam. L’islam retarde de 250 ans sur le catholicisme. Contrairement à celui-ci l’islam, malade d’islamisme, tue encore en Europe (et surtout ailleurs).

L’ingérence politique de l’islam et son arrogance ressemblent à celles de l’Eglise catholique que libéraux et socialistes ont affrontées en Belgique au tournant des 19ème et 20ème siècles. En 1965, au Concile Vatican II, l’Eglise a mis un terme au mythe du peuple déicide dont elle chargeait les Juifs. Elle a civilisé ses rapports avec le sécularisme. Sur ces plans l’islam, où l’antisémitisme se porte à merveille[1], retarde de 50 à 100 ans sur le catholicisme.

L’islam ne connaîtra pas son Vatican II parce qu’il n’existe ni pape ni Vatican en islam. Et parce qu’il est possédé par les satrapies qui occupent Riyad, Ankara, Doha, Rabat, Téhéran,… Les diatribes de l’islamo nationaliste Recep Tayyip Erdogan contre le président français, qui rappelait le b.a.-ba de la liberté d’expression, délivrent au milliard et demi de musulmans leur permis de tuer. Ne lui en déplaise, oui, nous continuerons à rire à gorge déployée de tous les prophètes, fussent-ils de l’islam. Oui, comme l’écrivait Charb, l’assassiné du fanatisme, il est licite d’être hostile à l’islam, comme à toutes les religions qui entendent dicter leur loi. Et, oui, cela ne nous empêchera pas de manifester notre totale solidarité avec les musulmans quand ils sont persécutés, au Myanmar avec les Rohingyas, en Chine avec les Ouïghours, en Inde face à l’Hindutva fascisante.

Un fatras de mythes en guise de poudre à canon

L’obscurantisme islamiste charrie une série de mythes. Ils affirment que la charia prime sur la loi des humains. Que les musulmans valent davantage que les mécréants. Que l’appartenance à l’Oumma, la communauté des croyants, prévaut sur l’appartenance à l’humanité. Que le Coran contient de manière occulte les découvertes de la science humaine. Que sa Vérité l’emporte sur les théories de la recherche scientifique. Que le jour où Allah ordonnera aux humains de se convertir à l’islam, il enjoindra aux musulmans de massacrer les réfractaires. Que la musulmane pieuse doit se couvrir les cheveux pour se prémunir de la lubricité des hommes. Cet islam exalte la pudeur et la virginité féminines. Il cultive la haine du corps des femmes. Il colporte une vision grand-guignolesque de l’Enfer et porno du Paradis. Viscéralement antisémite, cet islam prétend que les musulmans d’aujourd’hui ont remplacé les Juifs d’hier et se voient menacés de génocide. Cet islam croit que l’on est musulman parce que né de parents musulmans. Qu’apostasier constitue un péché capital qui peut mériter la mort. Et, comme il se doit, défense de moquer Allah et son Prophète !

Ce fatras constitue la poudre à canon de cet islam-là. Il fabrique une mentalité de secte. Il dicte les comportements. Il ritualise tous les gestes de la journée, du lever au coucher et jusqu’aux lieux d’aisance, ponctués de permanentes invocations divines, « bismillah, etc. » Elles rapportent des « hasanates, » « bons points » vers le Paradis. Le tout dans la peur, sous l’œil omniscient d’Allah versus les incessantes tentations de Shaïtan. Cet islam génère un contrôle social totalitaire, dès la cour de récréation : « As-tu fait ta prière ? Pourquoi manges-tu du porc ? » Il bourre le crâne des petits à l’aide d’albums illustrés et de dessins animés édifiants. Il produit des jouets « islamisme compatibles, » par exemple des poupées en hidjab mais dépourvues de visage, d’yeux, de nez, de bouche.

Son vétilleux mode d’existence rencontre un indéniable succès populaire. Le prédicateur français Hassan Iquioussen totalise 17 millions de vues YouTube en 6 ans. L’office funèbre du prêcheur belge Rachid Haddach mobilisa 5.000 à 20.000 fidèles dans les rues de Molenbeek. Lui aussi cartonnait sur YouTube. 68% des musulmans de France estiment que les filles doivent pouvoir porter le hidjab dans l’enseignement secondaire, 49% que l’employeur doit s’adapter aux obligations religieuses de ses employés et 27% que la charia devrait s’imposer sur les lois de la République[2]. Déjà en 2006, une manif avait mobilisé 4.000 jeunes à Schaerbeek contre les caricatures de Mahomet. L’imprégnation idéologique islamiste dans la population musulmane ne date pas d’hier.

Soldats et machines de guerre politiques : le binôme hidjab / « islamophobie »

L’islam politique possède ses soldats et ses machines de guerre. Ils opèrent de manière informelle, autonome, sans états-majors ni lignes de commandement. Il convient dès lors d’examiner les actions et les idées d’individus et d’organisations qu’abreuve un bouillon idéologico religieux partagé. Pour le Frère musulman Iquioussen les femmes doivent cacher leur « beauté en public (…) parce que les hommes sont vicieux[3]. » Selon un de ses anciens élèves le salafiste Haddach, formé en Arabie saoudite, aimait répéter : « Eux c’est les Belges, nous on est des Marocains, on est des musulmans[4]. » L’islam turc en Europe se trouve sous la coupe de la Diyanet, ministère des Affaires religieuses de Turquie. L’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), une émanation des 57 Etats de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), trace ses orientations stratégiques pour la conquête culturelle de l’Occident[5]. Basée à Djeddah en Arabie saoudite avec une délégation permanente à l’ONU, l’OCI y mène un véritable djihad diplomatique contre la diffamation des religions et pour inciter les Etats à légiférer contre l’« islamophobie,[6] » concept central de l’islamisme. Le hidjab intervient comme arme politique dans ce combat global. Hidjab et « islamophobie » forment un binôme propagandiste. Car, prétendent les islamistes, réglementer le hidjab c’est soi-disant discriminer les musulmanes voilées et affirmer son « islamophobie. »

C’est sous le prétexte de sa prétendue « islamophobie » que Samuel Paty a été assassiné. Les enseignants savent désormais que certains sujets les exposent à risquer leur vie. C’est le but recherché du terrorisme islamiste. Censurer, bâillonner l’école, facteur d’émancipation personnelle et de sécularisation. Quand les tueurs islamistes passent à l’acte, il est trop tard. D’où la nécessité d’assécher le marais où fermentent les idées mortifères. Cela fera l’objet d’un prochain article. Car si l’ennemi possède ses munitions, nous possédons les nôtres. Encore faut-il vouloir s’en servir.


[1] J.KOTEK, J.TOURNEMENNE – Le Juif et l’Autre dans les écoles francophones bruxelloises – Fondation Jean Jaurès – 2020.

[2] Etude IFOP pour Le Point et la Fondation Jean Jaurès – Septembre 2019.

[3] H.IQUIOUSSEN – Pourquoi la musulmane doit-elle porter le voile ?https://www.youtube.com/watch?v=H5TdMprN0HE

[4] B.ROUGIER – Les territoires conquis de l’islamisme – PUF – 2020 – p 269.

[5] Fl.BERGEAUD-BLACKLER – Pourquoi l’école n’en a pas fini avec les islamistes – Le Point.fr – 22.10.2020.

[6] I.KERSIMON, J.-Chr.MOREAU – Islamophobie, la contre-enquête – Plein Jour – 2014 – pp 50 et 139.


 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Gitla Szyffer - 8/12/2020 - 12:04

    excellent texte

  • Par viviane tits - 8/12/2020 - 18:24

    Je suis tout à fait d'accord avec cet article. D'autant plus que la moitié de ma famille est musulmane. Mais pas moi. Et justement parce que je connais bien l'islam. Maintenant....On est vite traité de raciste. Si je dis que je n'aime pas l'islam, les musulmans me diront que je suis forcément raciste. Et zut si la raciste en question a épousé quelqu'un d'origine algérienne et musulman. Et a fait un enfant avec lui.
    Maintenant, quand on ose dire que ce qui se passe en Israël/Palestine est anormal pour les Palestiniens, de nouveau, on me dit que je suis raciste.
    Traiter les gens de racistes permet de ne pas parler du fond des problèmes. Ce sont des racistes. Ils disent donc n'importe quoi. A quoi bon essayer de comprendre ce qu'ils veulent nous dire.
    Triste, non, cette hypocrisie ???

  • Par François Braem - 10/12/2020 - 12:49

    A vous lire, votre approche de la situation française me semble quelque peu sélective. Reprenons le sondage IFOP-Le Point de septembre 2019. Au vu de son contenu, on peut difficilement affirmer qu'il devra être considéré comme globalement favorable à l'évolution que connaissent aujourd'hui les musulmans de France -

    https://jean-jaures.org/sites/default/files/redac/commun/productions/2019/0923/etude_ifop_le_point_jean_jaures.pdf -
    Tout d'abord, 70% des sondés estiment que la laïcité permet aux musulmans de pratiquer librement leur religion. Ensuite, 67% estiment que les homosexuels devraient être libres de vivre comme ils le souhaitent. Par ailleurs, 27% - soit moins d'un tiers - estiment qu'en France, la charia devrait s'imposer par rapport aux lois de la République (ce qui est encore bien trop, nous serons là bien d'accord !) Et enfin, 68% estiment que les filles devraient avoir le droit de porter le voile au collège et au lycée. Ce dernier chiffre - majoritaire, ceiui-là - est à rapprocher de la question posée s'agissant du port du voile : seules 31% des sondées disent le porter. Ce qui signifie donc que plus des deux-tiers des Françaises de culture ou de confession musulmane ne le portent pas aujourd'hui. Elles ne sont que 19% à le porter en permanence, 5% ne le portant pas au travail ou dans le cadre de leurs études, et 7% ne le portant que rarement.
    Il importe donc ici de remarquer qu'une forte majorité des sondées ne portent pas elles-mêmes le voile, mais que le droit à pouvoir le porter est majoritairement revendiqué. Il s'agit donc "d'un droit à". Et non nécessairement d'un comportement qui devrait tendre à s'imposer de manière majoritaire. Une telle distinction me semble importante à relever.
    Par ailleurs, j'approuve entièrement votre propos s'agissant des situations où les musulmans sont persécutés en tant que minorités : "(...) cela ne nous empêchera pas de manifester notre totale solidarité avec les musulmans quand ils sont persécutés, au Myanmar avec les Rohingyas, en Chine avec les Ouïghours, en Inde face à l’Hindutva fascisante".

    Bien à vous,
    François Braem