Communiqué du CCLJ - attentat de Conflans

Il faut transmettre aux élèves les connaissances propres à la citoyenneté comme le faisait Samuel Paty

Lundi 19 octobre 2020 par Benjamin Beeckmans, Président du CCLJ

Le Centre communautaire laïc juif (CCLJ) condamne avec la plus grande fermeté l’ignoble assassinat par décapitation de Samuel Paty, cet enseignant français ayant montré à ses élèves des caricatures de Mahomet afin d’aborder les questions de la liberté d’expression et de la diversité d’opinions.

Nous ne pouvons nous résigner à l’idée insupportable qu’un enseignant soit sauvagement abattu parce qu’il s’efforçait d’éveiller ses élèves à la liberté de penser, de dire, d’écrire et de dessiner.

Si la société souhaite que les élèves des écoles secondaires soient les citoyens de demain, il est nécessaire de leur transmettre les connaissances et les attitudes propres à la citoyenneté comme le faisait Samuel Paty dans ses cours d’histoire et de géographie.

Le CCLJ est plus que jamais convaincu que l’apprentissage de la citoyenneté doit être renforcé dans l’enseignement. Pour nous, il ne s’agit pas d’un slogan creux ou abstrait. Depuis 2002, le CCLJ s’est doté d’un programme d’éducation à la citoyenneté, « La Haine, je dis Non ! ». Grâce aux outils pédagogiques conçus par l’équipe de « La Haine, je dis Non ! », plus de 25,000 élèves des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tous réseaux confondus, ont pu réfléchir, douter et interroger notre monde et son histoire pour mieux prendre leur place et leur rôle de citoyen. C’est un travail que nous continuerons avec détermination.

A travers ce programme d’éducation à la citoyenneté, le CCLJ est conscient qu’il est difficile d’aborder des questions d’histoire des conflits du 20e siècle et des notions aussi essentielles que les préjugés et la liberté d’expression. Difficile ne signifie pas impossible. Nous devons entendre ce que les élèves disent et avec eux, nous devons interroger leurs représentations afin de leur permettre de saisir la complexité du monde dans lequel ils vivent. C’est aussi cela se mobiliser en faveur de la démocratie et la liberté d’expression. Avec courage, avec détermination, c’est notre seul choix.


 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par kalisz richard - 19/10/2020 - 13:14

    Défendre et faire comprendre la nécessité du droit au blasphème.
    Rappeler que l'enseignement de la Shoah est mission impossible dans certaines écoles.
    Mettre aussi au pied du mur nos autorités politiques quant aux mesures à prendre et faire cesser ces dits accommodements "raisonnables".
    Alors cela fera peut-être reculer l'ennemi en nos murs.

  • Par lutz muriel - 19/10/2020 - 15:31

    le seul choix ainsi que d'atteindre les parents . Difficile pour un jeune d'augmenter son autonomie vis à vis de sa famille si nécessaire .La loyauté qu'il ressent vis à vis d'elle le mettant vite en balance.
    Hauts les coeurs

  • Par Amos Zot - 19/10/2020 - 17:39

    C'est aux médias à commencer le travail ;parler de la Shoah: c'est bien de parler des morts mais il faut aussi parler des Juifs en vie et des menaces actuelles à leur encontre en ce compris celles contre Israël, l'Etat-Nation du peuple juif. Si les journalistes ont peur (ce qui est compréhensible vu le climat de terreur) de dire la vérité , que leurs noms ne soient pas communiqués mais que la désinformation cesse . C'est eux qui majoritairement créent l'opinion et ont permis à la peste verte de grandir. N'oublions pas que les premières victimes de l'Islamisme sont les musulmans et encore plus les musulmanes

  • Par Chave - 19/10/2020 - 20:42

    Merci pour cette publication. Je suis enseignante et effondrée par une telle barbarie.

  • Par Hector ELISABETH - 19/10/2020 - 23:50

    C’est en effet par la,pédagogie et l’exemplarité qu’on pourra combattre ces dérives Barbares et obscurantistes.Il faut mettre en œuvre une dynamique positive et constructive du vivre ensemble fondées sur les valeurs républicaines et laïques et de tolérance .Cette capacité de Reliance repose sur le respect de toutes les communautés de tous les cultes et de toutes les religions pour peu qu’elles n’empiètent pas sur la sphère publique. Ce sera la meilleure manière d’isoler toute forme de radicalisme religieux , islamiste en particulier.

  • Par Rabinovitsj Gloria - 22/10/2020 - 17:32

    Je suis totalement en accord avec votre engagement
    Je ferai de mon mieux pour le mettre en pratique

  • Par Roland Douhard - 23/10/2020 - 11:08

    Je remarque que la décapitation d'un professeur qui ne faisait que son difficile et beau métier ne bouleverse guère les politiques et les médias belges. Visiblement, cet attentat islamiste met mal à l'aise, il gêne une série de personnages non comptables des vies sacrifiées. En France, il a fallu du temps pour que les mots islam radical ou islam politique soit assumés. Il aura fallu de multiples assassinats barbares pour qu'on accepte de mettre ces mots sur le véritable problème. Il semble que la mort tragique de Samuel Paty soit déclencheur dans l'Hexagone d'une colère salutaire ainsi que d'une ferme réaction tous azimuts. En Belgique, on en est loin, très loin. Pourtant, ce pays a vécu aussi des attentats islamistes, au Musée juif, à Zaventem, à Maelbeek, à Liège notamment. On ne peut s'empêcher de penser que ce quasi silence est celui d'hommes et de femmes soumis depuis trop longtemps au dénis, au négationnisme. Social-démocrate, je n'ai pas peur de dire que le problème vient essentiellement de la gauche, d'intellectuels de salon, engoncés dans le dogme de l'islamo-gauchisme; de certains magistrats et avocats, prompts à couvrir de leur théorie droits-de-l'hommiste aveugle toutes les dérives, toutes les paroles et tous les actes inhumains; de politiciens et politiciennes davantage l'oeil rivé sur les sondages, l'électoralisme et le communautarisme que sur la sécurité des citoyens. Pendant combien de temps encore les gens du PTB, de courants au sein d'Ecolo et de la gauche du PS vont nous tromper sur l'origine du mal ? Bien sûr, la grande majorité des musulmans, à défaut de condamner fermement, sauf quelques exceptions, ne se reconnait pas dans l'idéologie islamiste. Mais de nombreuses minorités, qui ne sont nullement marginales, contrairement à ce qu'affirment les beaux esprits, agissent au vu et au su de services de renseignement privés de moyens suffisants à la hauteur des défis et des dangers, au nez et à la barbe de nombre de politiciens qui regardent ailleurs. C'est ainsi que vécurent la ville de Verviers et la commune de Molenbeek. Nous laissons la jeunesse aux mains d'imams auto-proclamés, formés à la haine, à l'étranger ou en Belgique, dans des centres directement ou indirectement dirigés par des Frères musulmans et des salafistes. Faudra-t-il aussi qu'il y ait un enseignant massacré dans sa classe ou devant son école pour qu'enfin notre classe politique se décide à prendre le taureau par les cornes ? Je dis attention, il est moins cinq ! Ils sont des dizaines de milliers, voire davantage, à dire que la charria est supérieure à la loi civile, à nier l'égalité entre les hommes et les femmes, à refuser la liberté d'expression, à vouloir imposer à leur entourage un mode de vie médiéval, à faire le chantage au racisme ou à l'islamophobie dès lors que l'autorité publique (il y en a) refuse des accommodements non raisonnables, en fait, inacceptables, à infiltrer nos universités, nos écoles pour que nous vivions un jour dans un trou noir de leur idéologie religieuse. Comme en France, nous devons réagir avec les armes de la démocratie, mais sans naïveté, sans tabou et avec la plus grande rigueur. Certains musulmans éclairés montrent la voix. Ils ne cessent de dénoncer le séparatisme, l'islam politique et ses innombrables ramifications. Ils sont souvent menacés et se sentent bien seuls dans ce combat. Parce que nous intervenons mollement, voire pas du tout. Pendant que la pandémie de la covid poursuit son oeuvre sinistre, l'actualité continue. La guerre totale que l'islamisme nous a déclaré n'est pas à l'arrêt. Ils n'ont pas déposé les armes. Nous étions et sommes prévenus. Sans réaction, là est notre grande fragilité, là est la faute, là où éclateront les drames de demain.