Henri Gutman, le nouveau président du CCLJ

Mardi 7 septembre 2010 par Nicolas Zomersztajn

Henri Gutman a été élu à la présidence du CCLJ le 17 juin 2010. Vice-président déjà depuis de nombreuses années, ce professeur et consultant en marketing stratégique et en gestion entend inscrire son mandat dans la continuité du travail remarquable accompli par Michèle Szwarcburt, la présidente sortante.

Votre implication dans la vie communautaire juive belge ne date pas d’hier. Comment le virus du militantisme vous a-t-il été transmis ? Cela a commencé lorsque j’étais étudiant à l’ULB. Cela ne s’est pas déclenché par hasard. Mon grand-père maternel et mes oncles étaient des militants actifs dans des organisations sionistes en Pologne avant la guerre. Comme mes parents étaient des rescapés de la Shoah, les notions de continuité et de survie m’ont marqué dès mon plus jeune âge. Sans être particulièrement politisés, mes parents m’ont fait prendre conscience qu’on ne pouvait pas vivre en subissant. D’un point de vue personnel et collectif, on ne peut se sauver qu’en agissant. Cet univers dans lequel j’ai baigné est donc à l’origine de mon engagement militant. En entrant à l’université dans les années 67-68, j’ai été amené à prendre des positions politiques fortes tant au sein du cercle facultaire où j’étais actif qu’à l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB). J’ai ensuite repris la présidence de la Fédération de la jeunesse juive qui regroupait l’UEJB et tous les mouvements de jeunesse juifs. Quand j’ai terminé mon mandat, un homme est venu me chercher en me demandant de le rejoindre dans son organisation : David Susskind. J’ai évidemment accepté, car tout naturellement le CCLJ correspondait à l’idée que je me fais du judaïsme. Tout en militant activement au CCLJ, j’ai poursuivi mon engagement communautaire au CCOJB, à la Centrale d’œuvres sociales juives, au home L’Heureux séjour et au Musée juif de Belgique.

 

 
Pourquoi avez-vous accepté de succéder à Michèle Szwarcburt ? Tout simplement parce qu’on me l’a demandé. Je n’étais pas candidat à cette fonction. Je ne voulais qu’une seule chose, que Michèle Szwarcburt continue. Elle assumait la présidence avec talent, et le comité que nous formions autour d’elle fonctionnait avec efficacité. Lorsque Michèle Szwarcburt a décidé d’arrêter, la demande est devenue de plus en plus forte pour que je lui succède. J’ai finalement accepté, car cette fonction apparaît comme la suite logique de mon cheminement au CCLJ. Depuis longtemps, c’est mon autre maison. J’ai développé des réseaux sociaux dans différents secteurs de la société, mais la famille juive au sens large, je ne l’ai trouvée qu’au CCLJ.
 
Comment envisagez-vous cette présidence ? Je m’inscris dans la continuité. Je siège au conseil d’administration du CCLJ depuis plus de vingt ans et j’en suis l’un des vice-présidents depuis une dizaine d’années. J’ai été partie prenante de nombreuses transformations durant cette période. Les objectifs de base définis il y a cinquante ans sont toujours d’actualité. Le CCLJ est avant tout un centre communautaire, c’est-à-dire un lieu de vie et de convivialité où on se rencontre, où on participe, où on apprend et où on transmet. Le développement des activités ciblées vers les jeunes sera donc une des priorités. Je veillerai à ce que le CCLJ reste un centre vivant refusant tout repli communautaire et ouvert sur la société. Le CCLJ est aussi un lieu d’engagement politique fort pour un judaïsme laïque et pour la paix au Moyen-Orient. Ces combats resteront au cœur de notre raison d’être. Dans le monde juif en Europe, de nombreux intellectuels de bonne volonté partagent depuis longtemps ces idées. Mais si elles se sont matérialisées chez nous en y trouvant une expression aussi concrète, c’est grâce à la vision, au courage et à l’action déterminée d’une équipe de militants et de leaders exceptionnels que nous avons eu la chance d’avoir au CCLJ. Aujourd’hui, le CCLJ a grandi et s’est considérablement professionnalisé. Nous sommes devenus bien plus qu’un cercle de militants bénévoles. Le défi majeur que nous devons relever consiste à maintenir l’esprit militant au sein d’une structure professionnelle et à garder un contact fort avec notre base de sympathisants pour continuer à les mobiliser autour de nos idéaux et de nos projets.

 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Serge Grunbaum - 25/04/2012 - 8:39

    Bonjour,

    Peut-être êtes-vous (comme je l'espère) l'Ori Gutman que j'ai connu, ainsi que vos parents, rue de la Roue, dès 1952, à l'annexe de l'Ecole d'Application Charles Buls, Impasse de la Libération ? Et plus tard, à la rue Traversière... En me rendant récemment à une réunion des anciens de l'EACB (promotion 1967), nous vous avons alors évoqué avec notre instituteur de 1ère primaire, Philippe Cullus. Il m'a rappelé avec émotion le premier mot de français qu'il vous a appris, "orange", et vos fulgurants progrès qui ont suivi. En ce qui me concerne, après des études de philologie à l'ULB, j'ai fait une carrière complète dans l'enseignement supérieur. Si vous êtes cette personne dont le souvenir est vivace en ma mémoire, et si toutefois cela vous agrée, il me serait très agréable de reprendre contact avec vous, après toutes ces années.

    Bien à vous,

    Serge