Antisionisme

Une étudiante juive américaine victime de cancel culture parce que sioniste

Vendredi 7 août 2020 par La Rédaction & The Forward

Une étudiante de l'University of South California (USC) démissionne du bureau étudiant de cette université après avoir été accusée d'être « complice du racisme » en raison de son sionisme.

 

Rose Ritch, la vice-présidente nouvellement élue du bureau étudiant de l'University of South California a démissionné ce mercredi, suite à des accusations de racisme pour son soutien à Israël. Rose Ritch, une étudiante en dernière année de master originaire de San Francisco qui a été élue par le corps étudiant en février dernier, a déclaré dans une lettre ouverte à l'USC qu'elle avait été « harcelée et mise sous pression pendant des semaines par mes camarades étudiants » pour s'être identifiée comme sioniste.

« J'ai été accusée par un groupe d'étudiants de ne pas être un leader étudiant approprié », a-t-elle écrit. « On m'a dit que mon soutien à Israël m'a rendue complice du racisme et que, par association, je suis raciste ». Elle a ajouté : « C'est de l'antisémitisme, et cela ne peut être toléré dans une université qui proclame "nourrir un environnement de respect mutuel et de tolérance" ». La lettre ouverte indique que les accusations portées contre elles sur les médias sociaux ont suscité une campagne agressive de médias sociaux dont le but était de « de se débarrasser de son cul sioniste (Zionist ass) » !

Une campagne visant à obtenir sa révocation du bureau étudiant menée par des étudiants. La section de l'USC des Étudiants pour la justice en Palestine a également demandé sa démission. Ces manœuvres ont échoué après que les administrateurs de l’université ont examiné le dossier et suspendu toute procédure de mise en accusation, jugeant que le dossier à son encontre était « insuffisant pour garantir l'intégrité » du processus.

Plutôt que de subir d’autres attaques, Rose Ritch a décidé de se retirer, car c'est « le seul choix durable que je puisse faire pour protéger ma sécurité physique sur le campus et ma santé mentale », a-t-elle écrit.

Les accusations portées contre elle semblent être contraires à l'atmosphère par ailleurs accueillante de l'USC pour les étudiants juifs, résultat des efforts concertés déployés au cours des deux dernières décennies pour renverser la réputation d'une université peu accueillante pour les étudiants juifs.

Ces dernières années, l'USC n'a pas non plus connu les sentiments ouvertement anti-israéliens qui ont éclaté sur d'autres campus américains. Un récent rapport publié le mois dernier par l'Initiative AMCHA, une association à but non lucratif qui suit l'antisémitisme sur les campus, a révélé que si le nombre d'incidents de « harcèlement anti-juif » sur les campus universitaires a diminué pour une deuxième année consécutive en 2019, passant de 203 à 104, les incidents liés à Israël sont passés de 121 à 192, la plupart étant alimentés par le soutien au boycott universitaire d'Israël dans le cadre du mouvement BDS.

Selon le rapport, les trois quarts de ces épisodes se sont produits sur internet et les réseaux sociaux, prévoyant avec pessimisme « qu'au cours de la prochaine année universitaire, il y aura une augmentation significative du harcèlement antisioniste des étudiants juifs ».

« La triste réalité est que mon histoire n'est pas rare sur les campus universitaires », a écrit Rose Ritch. « Dans tout le pays, on demande aux étudiants sionistes de désavouer leur identité ou leurs croyances pour entrer dans de nombreux espaces sur leurs campus. Mon sionisme ne devrait pas et ne peut pas me disqualifier pour être un leader sur le campus, et les autres ne devraient pas présumer de ce que cela signifie sur ma position sur les questions de justice sociale ».

Rose Ritch

Rose Ritch n'a pas tant été victime d'une campagne organisée pour la chasser du bureau que d'un manque d'esprit critique de la part d'étudiants facilement influencés par ce qu'ils lisent sur les médias sociaux. Rose Ritch confirme cette interprétation lorsqu’elle souligne que les autorités universitaires découragent aujourd'hui le dialogue entre des personnes ayant des points de vue opposés, ce qui conduit à la mise en œuvre d’une cancel culture (culture de l'interpellation, culture de la dénonciation, culture de l'humiliation publique. Devant un comportement que l'on juge inacceptable, on appelle à la disparition d'une personne) menée par des tweets et des critiques anonymes sur les réseaux sociaux.

« Il y a un manque inquiétant de nuance ou de volonté de s'attaquer aux complexités désordonnées d'une question, et il n'y a plus de place pour le changement ou la croissance », écrit Rose Ritch à propos de l'atmosphère du campus. « Les étudiants ont nourri des fantasmes sur mon identité sioniste et ont tiré des conclusions injustes. Personne ne m'a demandé d'expliquer ma passion pour Israël. Personne n'a demandé à apprendre ensemble, à essayer de comprendre et de créer des liens. Au lieu de cela, les gens que j’ai fréquenté pendant des années sur le campus, les gens que je veux désespérément servir, ont essayé de me culpabiliser, délégitimer et déshumaniser à cause de ce que je suis ».

Les problèmes de Ritch sont apparus au moment où le nouveau président du corps étudiant, Truman Fritz, était confronté à une mise en accusation pour d'autres raisons. Il a été accusé sur un compte Instagram, @black_at_usc, d'insensibilité envers les étudiants noirs. Comme une pétition pour le mettre en accusation a recueilli des signatures, il a annoncé le mois dernier qu'il démissionnerait de son poste.

C'est au cours de ces quelques mois entre les élections du bureau étudiant et sa démission que des accusations ont commencé à être portées contre Rose Ritch. Bien qu'elle se soit identifiée comme queer, femme et cisgenre en tant que candidate, elle a déclaré qu'elle n'avait été attaquée que pour ses positions concernant Israël.

« Une attaque contre mon identité sioniste est une attaque contre mon identité juive », a-t-elle écrit. « L’idée selon laquelle mon soutien à foyer juif me rendrait inapte à la fonction ou justifierait ma mise en accusation joue sur les plus vieux stéréotypes des Juifs, y compris les accusations de double loyauté et de tenir tous les Juifs responsables des actions du gouvernement israélien ».

Dans une déclaration faite le jeudi 5 août dernier, la présidente de l’université, Carol Folt, a pris la défense de Rose Ritch, affirmant que l'antisémitisme est une « profonde trahison » des principes de l'université. « Nous devons condamner tout préjugé ou parti pris fondé sur la race, la religion, l'orientation sexuelle ou toute autre caractéristique personnelle d'une personne », a-t-elle déclaré. « Ce qui est arrivé à Rose Ritch est inacceptable ».

Malheureusement, rien n’a été fait pour qu’elle soit réintégrée au sein du bureau étudiant de cette université.


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/