Abattage rituel

La Cour de Justice de l'Union Européenne valide l'obligation d'étourdissement préalable

Jeudi 17 décembre 2020 par La Rédaction et Belga

Pour la Cour de justice de l’Union européenne, l’obligation d’étourdissement de la bête avant son abattage n’est pas contraire à la liberté religieuse. Une décision qui conforte le décret flamand, et indirectement le décret wallon, interdisant l'abattage d'animaux sans étourdissement préalable, même dans le cadre de rites religieux.

Militant de longue date pour cette interdiction, l'organisation de défense des animaux Gaia vit "un grand jour", tant pour elle que "pour des centaines de milliers d'animaux, qui, grâce à cette décision, seront épargnés des douleurs infernales d e l'abattage sans étourdissement à des fins religieuses", a affirmé son président, Michel Vandenbosch. Il y voit l'aboutissement d'un combat de 25 ans.

"La religion ne peut être invoquée pour faire souffrir les animaux alors qu'il existe des alternatives scientifiques pour arrêter cette souffrance, notamment l'électronarcose réversible", fait-il valoir dans un communiqué.

En Flandre, l'interdiction de l'abattage sans étourdissement est entrée en vigueur le 1er janvier 2019, en Wallonie le 1er septembre 2019. Au nord du pays, l'électronarcose réversible s'applique juste avant que la gorge des moutons et des veaux soit tranché. Pour les bovins, l'étourdissement réversible préalable prendra effet dès que la technique sera mise au point.

La déception prévalait en revanche chez les requérants. "L'Europe ne protège plus ses minorités religieuses: la Cour de Justice de l'Union européenne laisse la main libre aux Etats Membres et leur permet d'aller jusqu'à interdire purement et simplement l'abattage religieux dans un abattoir agréé", a déploré dans un communiqué Yohan Benizri, président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB).

Il y voit une "déférence de la Justice européenne aux intérêts particuliers et électoralistes de certains Etats membres" et "un déni de démocratie". Le CCOJB évoque d'autre recours légaux. Il peut notamment s'adresser à la Cour européenne des droits de l'homme.

Côté politique, le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA), a jugé que la Flandre avait "écrit l'histoire" et pouvait "en être fière". Il attend maintenant rapidement un arrêt de la Cour constitutionnelle belge et dit "tendre la main aux communautés religieuses afin de tourner la page".

Si le débat a bien été initié en Flandre, le premier vote d'un décret d'interdiction d'abattage d'animaux sans étourdissement préalable est intervenu en mai 2017 au Parlement de Wallonie, suivi du Parlement flamand en juillet de la même année.

Pour la ministre wallonne Céline Tellier (Ecolo), la Cour de Justice européenne a donc aussi confirmé l'orientation volontariste choisie par la Wallonie.

"C'est une excellente nouvelle pour les animaux ! Je suis convaincue que des alternatives permettant de concilier un mieux-être pour les animaux et les croyances religieuses peuvent être mises en place. Je soutiens d'ailleurs plusieurs recherches et innovations en matière de bien-être animal pour avancer en ce sens", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Quant à Bruxelles, elle ne possède pas d'ordonnance régionale à ce sujet. Pour le ministre du Bien-être animal Bernard Clerfayt (DéFI), la décision de la CJUE relance donc le débat.

Il reconnaît que le programme du gouvernement bruxellois (DPR) "n'engage pas les partenaires de la majorité gouvernementale dans l'une ou l'autre direction." Dès lors, "toute évolution dans ce dossier requerra de discuter sereinement avec toutes les parties concernées afin de dégager un juste équilibre entre le bien-être animal et la liberté de culte", commente-t-il dans un communiqué.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Rami - 17/12/2020 - 17:00

    Je trouve déplacé l'attitude du président du ccojb qui devrait respecter les lois du peuple belge au lieu de défendre l'indéfendable.

    Il est temps que des élections démocratiques aient lieu et pas des élections bidons comme cette organisation en a pris la mauvais habitude.

  • Par Eliee - 17/12/2020 - 18:37

    Il est indéniable que l'interdiction rituel est contraire à la liberté religieuse. Ce qui est demandé aux Juifs et aux musulmans, c'est de renoncer à leurs traditions.

    Il n'empêche que les droits des animaux est une cause que je tiens à cœur, cependant ce genre d'interdiction est sélective alors que d'autres mesures peuvent être implémentées et contre l'ensemble de la population.
    Quid du foie gras, des grenouilles, des homards des MOULES dévorées vivantes!! Quid des bébés animaux ( veaux etc), des porcs qui sont des animaux intelligents. Il est clair qu'il y'a une hostilité sélective contre les cultures alimentaires juives et islamiques.

    L'ont ne peut pénaliser que dans un sens, il aurait été plus judicieux d'élever le standard sanitaire de l'élevage et l'abattage, chose qui n'a pas été faite! Et ensuite de garantir une exemption en quota pour respecter les pratiques culturelles des minorités religieuses.

    Cette décision d'interdiction complet est à mon sens, dommageable à ces minorités et ne contribue pas significativement au bien être animal. La cause animal devrait s'attaquer à l'essentiel et à la consommation de viande des 11 millions d'habitants au lieu des quelques 20.000 Juifs qui mangent casher et des musulmans.

    Je note que la Belgique lance des campagnes publicitaires pour la consommation de viande. Cela démontre une certaine mauvaise foi.

  • Par Samy - 19/12/2020 - 16:46

    Monsieur Rami,C'est votre post qui est déplacé.Il est normal que la présidence de notre organe représentatif défende le point de vue de notre communauté.Si cela ne vous convient pas, rien ne vous empêche de présenter votre candidature lors des prochaines élections du CCOJB mais sachez déjà que vu votre arrogance vous ne bénéficierez pas de mon suffrage si je suis convié à participer à cette élection dont, je l'avoue, je n'entend parler que pour la première fois.

  • Par daniel donner - 20/12/2020 - 14:48

    Il est bien beau de decider qu'un animal souffre ou non, puisqu'il ne peut parler. Ce qu'il faudrait faire c'est comparer les differentes techniques de tuer les animaux quant a la reaction de l'animal. Combien de temps un animal reagit-il apres avoir ete etourdit. Comben apres la sh'hita. Combien apres l'abattage musulman. Ou toute technique d'abattage.
    Et bien, voila. Cela a ete fait. Et l'etourdissement n'est pas meilleur que la sh'hita. La bete reagit encore entre 3 et 4 secondes. Qui le dira? Personne ne veut l'ecouter! Tout est fait de decisions a priori, loin de la science. C'est tellement plus simple.
    D'ailleurs, deja a l'epoque, Giordano Bruno avait ete brule pour avoir dit la verite.

  • Par Amos Zot - 20/12/2020 - 16:33

    "C'est une excellente nouvelle pour les animaux !
    Les homards apprécieront de même que le gibier. De plus, il n'est pas démontré scientifiquement que l'abattage rituel juif fait plus souffrir les animaux que " l'abattage sans douleur " dans nos abattoirs.

  • Par Ella - 22/12/2020 - 11:59

    Je pense personnellement qu'il appartient au CCOJB de plaider la cause qui lui semble juste mais cette institution se doit de respecter les lois du peuple belge une fois celles ci votée.Faire autrement n'est pas une erreur mais une faute. Et lorsque l'on est convaincu d'avoir commis une faute, il faut avoir de la dignité et faire un pas de côté.Joyeux Noël à nos amis chrétiens.Ella