Communiqué du CCOJB et du CCLJ

L'amnistie, c'est l'amnésie

Lundi 16 mai 2011

 

Le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) et le Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ) condamnent vigoureusement les déclarations inacceptables du ministre de la Justice Stefaan De Clerck sur la nécessité d’ouvrir un débat sur l’amnistie des collaborateurs des nazis durant la Seconde Guerre mondiale : « A un certain moment, on doit être adulte et prêt à en discuter. Et peut-être aussi à oublier, parce que c'est du passé. C'est nécessaire pour rétablir une société ».

En parlant explicitement d’oubli, le ministre de la Justice cherche clairement à effacer les crimes les plus odieux commis par des Belges durant la Seconde Guerre mondiale.  Pour la communauté juive de Belgique, il est impossible d’oublier des crimes dont elle a été la victime : Plus de 30.000 Juifs ont été déportés entre 1942 et 1944 via Malines et Drancy vers les centres d’extermination en Pologne. Plus de 300 Tziganes de notre pays ont subi le même sort.  L’oubli ne peut être prôné par qui se dit démocrate. Nous ne pouvons oublier que des collaborateurs belges ont concouru activement, souvent avec zèle, à la traque d’hommes, de femmes et d’enfants voués par les Nazis à la déportation. Ce sont ces Belges nazis et fascistes non repentis que le Ministre de la Justice (quelle Justice ?) cherche à absoudre par le biais de l’amnistie.

En tenant de tels propos, le ministre de la Justice  soutient en filigrane la transformation des criminels en « victimes de la répression ». Ce faisant, non seulement il porte atteinte à toutes les victimes du régime hitlérien et de ses collaborateurs, mais aussi il assène un formidable coup de Jarnac à l’avenir démocratique du pays.

En cherchant à effacer les traces de ce passé sombre, une démocratie digne de ce nom s’affaiblit et se montre prête à accepter toutes les dérives racistes et xénophobes qui se commettent aujourd’hui.

Le CCOJB et le CCLJ condamnent et condamneront toujours avec la plus grande vigueur toute demande d’oubli ou d’amnistie des crimes de la collaboration.

Ils exhortent  Stefaan De Clercq à revenir sur ses déclarations indignes d’un ministre de la Justice d’un Etat démocratique membre d’une Europe démocratique.


 
 

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  • Par Anonyme - 17/05/2011 - 11:34

    l' oubli proné par le ministre de la justice De clerck n' est qu' une forme pernicieuse du négationnisme .

  • Par HenriJ - 18/05/2011 - 13:28

    Propos odieux, incompréhensibles, condamnables... Et puis? Je pense que la meilleure réponse consisterait à inviter le ministre à un débat, auquel participeraient non seulement les organisation juives mais également celles représentant les anciens combattants, résistants, déportés.

  • Par mhcy - 27/02/2015 - 12:40

    L'oubli est un processus naturel.
    C'est même une faculté de l'esprit humain qui a son importance: elle permet de ne pas revivre sempiternellement au présent des événements pénibles ou traumatiques. Avec le temps, tout s'efface.

    Mais balayer le passé et forcer les personnes qui ont vécu ces événements à 'oublier' relève de la lobotomie.
    Amnistier en vrac tous les collabos est une sorte d'absolution dangereuse qui minimiserait à posteriori leurs actes.

  • Par mhcy - 20/05/2011 - 2:17

    L'oubli est un processus naturel.
    C'est même une faculté de l'esprit humain qui a son importance: elle permet de ne pas revivre sempiternellement au présent des événements pénibles ou traumatiques. Avec le temps, tout s'efface.

    Mais balayer le passé et forcer les personnes qui ont vécu ces événements à 'oublier' relève de la lobotomie.
    Amnistier en vrac tous les collabos est une sorte d'absolution dangereuse qui minimiserait à posteriori leurs actes.