Israël

La justice ordonne au fils du Premier ministre de cesser d'harceler les manifestants

Lundi 3 août 2020 par La Rédaction

Depuis de nombreuses semaines, des manifestations se déroulent presque quotidiennement en Israël, notamment devant le domicile du Premier ministre inculpé en novembre 2019 pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires, une première pour un chef de gouvernement israélien en cours de mandat.

Yaïr Netanyahou, le très remuant fils du Premier ministre

Les protestataires crient leur ras-le-bol contre M. Netanyahou et dénoncent la mauvaise gestion du gouvernement de la pandémie de nouveau coronavirus.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'en est pris dimanche aux médias, au lendemain de manifestations dans plusieurs villes du pays pour dénoncer sa gestion de la crise du coronavirus, alors qu'Israël fait face à un rebond de l'épidémie, et son maintien en poste malgré son inculpation pour corruption.

« Je condamne le caractère partisan des médias (...). Ils ne couvrent pas les manifestations mais y participent », a lancé, visiblement énervé, le Premier ministre israélien, pour qui les manifestants sont tous « de gauche ».

Douze personnes ont été arrêtées dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu'elles refusaient de se disperser lors d'un rassemblement d'environ 10.000 personnes devant la résidence officielle du chef du gouvernement à Jérusalem. La police avait autorisé la manifestation jusque minuit.

Décrivant les protestataires, qui portaient pour la plupart des masques, comme des « incubateurs à coronavirus », il a ensuite accusé les médias d'alimenter les protestations « parfois violentes » et d'ignorer « les appels quotidiens » à l'assassiner, lui et sa famille.

Netanyahou a balayé la suggestion selon laquelle les autorités tentaient d'étouffer les manifestations. « Personne ne restreint les manifestations, au contraire », a-t-il répondu, ajoutant que les protestataires « paralysaient les quartiers et bloquaient les carrefours ».

Des manifestations hebdomadaires drainent de plus en plus d'Israéliens, qui dénoncent les politiques menées par Benjamin Netanyahou et son gouvernement dans la lutte contre le coronavirus. Outre les quelque 10.000 personnes devant la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem, des milliers d'autres ont manifesté samedi ailleurs dans le pays.

Les manifestants exigent également la démission de Benjamin Netanyahou en raison de son inculpation pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires différentes.

Toujours prompt à jouer le communicant de son père dans un style très agressif et souvent de manière ordurière, le fils du Premier ministre israélien, Yaïr Netanyahou a réagi en rendant publiques sur Twitter les adresses personnelles des organisateurs du mouvement social hostile au gouvernement, et avoir encouragé ses 88.000 followers à manifester devant leurs domiciles. « J'invite tout le monde à manifester, jour et nuit, devant les maisons de ces gens qui organisent l'anarchie dans notre pays », avait-il tweeté.

Suite à cette manœuvre odieuse, la juge Dorit Feinstein a exigé que le tweet soit effacé et a ajouté dans sa décision que Yaïr Netanyahou devait "cesser de harceler les organisateurs des manifestations pendant six mois et ne plus publier leurs adresses privées".

En réaction, le fils du Premier ministre, âgé de 29 ans et familier des provocations sur les réseaux sociaux, a publié un tweet reprochant à la juge de ne pas avoir pris en compte « les menaces de mort dont (il est) la victime » !

Mais ce qu’omet Yaïr Netanyahou, c’est que son message sur Twitter est intervenu alors que plusieurs attaques, menées par des militants d'extrême droite présumés contre des manifestants, ont été recensées ces derniers jours.


 
 

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