Carnet de cusine

Le Yaptchik c'est chic

Lundi 16 novembre 2020 par Michèle Baczynsky
Publié dans Regards N°1069

Yaptchik. En voilà un mot qui claque dans l’air, en vous embrassant au passage, avec affection sur les deux joues. Yaptchik, un mot aussi généreux et réconfortant que le plat de cuisine qu’il incarne.

Yaptchik, l’ami !Il s’agit d’un plat de cuisine pour le repas de Shabbat, un plat de fête par excellence, après une longue semaine de travail, avec les merveilleux effluves et saveurs d’un plat de réconfort, exactement ce dont avons besoin actuellement. Un mélange de kouguel (ou kiguel) et de tchoulent.

Le kouguel est un gâteau à base de pommes de terre et d’oignons et quelques fois à base de nouilles et qui, au fil de la cuisson, prend la consistance d’un pudding. Les œufs y sont pour quelque chose. Il se cuit à la façon du tchoulent (chaud-lent) dans le four, à température modérée pendant de longues heures.

Le yaptchik (ou encore yapchok ou yapsok, pour les puristes) est en fait, un kiguel, un gâteau de pommes de terre qui se cuit comme le tchoulent (moins longtemps) mais farci à la viande, coincée entre deux couches de pommes de terre. Généralement, des morceaux de bavettes ou de carbonnades de boeuf ou encore de pastrami ((la version américaine de la cheffe Jamie Geller).

Je pensais, dans un état d’âme proche d’une nostalgie tendance shmaltzy, qu’il s’agissait d’un plat traditionnel, que dis-je, ancestral, que l’on mettait à cuire, dans la nuit du vendredi au samedi, tout comme le tchoulent, dans le four collectif du shtetl, le petit village perdu quelque part en Pologne, ou en Hongrie. Il fut un temps, etc… soupir. Pas du tout.

Le grand historien de la cuisine juive, Gil Marks nous apprend que le yaptchik n’est absolument pas un plat traditionnel mais bien un plat moderne made in USA, introduit dans la cuisine juive américaine ces dix dernières années.

Pour accompagner ce plat de fin de semaine (et de Shabbat), je vous propose une salade de concombres marinés, qui à la différence du yaptchik est tout ce qu’il y a de plus traditionnel sur la table ashkénaze et ravivera des souvenirs, chez certains lecteurs, j’en suis sûre...et de la salivation.

YAPTCHIK OU KOUGUEL/CHOULENT carné

Ingrédients pour 4 personnes

- 8 pommes de terre moyennes de type Bintje ou Charlotte, épluchées

- 3 gros oignons râpés

- 500 gr de carbonnades ou bavettes de bœuf coupées en cubes

- 5 œufs

- 15 cl d’huile d’olive + 3 càs d’huile

- 10 cl d’eau

- sel

- poivre-

- 1càc de noix de muscade

Préparation

1. Faites revenir la viande dans une poêle huilée. Salez, poivrez. Laissez refroidir. Cuire la viande avant de l’intégrer aux pommes de terre rajoutera du goût à la préparation.

2. Râpez les pommes de terre avec la râpe à grands trous ou avec le robot culinaire.

3. Mélangez d’abord dans un bol, l’huile, les œufs, ensuite, les oignons, les pommes de terre, l’eau, une pincée généreuse de sel, de poivre et la noix de muscade.

4. Versez-la 1/2 de la préparation dans un plat allant au four. Rajoutez dessus une couche de viande et versez enfin l’autre moitié de la préparation.

5. Enfournez le yaptchik dans un four à 200° pendant 45 minutes puis réduire à 100 ° pendant 3 heures, jusqu’à ce que la couverture de pommes de terre devienne et dorée et croustillante.

SALADE DE CONCOMBRES MARINES TELLE QUE JE M’EN SOUVIENS

A préparer la veille

Ingrédients pour 4 personnes

- 1 grand concombre

- 10 cl de vinaigre blanc

- 5 cl d’eau

- 2-3 branches d’aneth frais, ciselées

- 2 càc de sucre

- 1 pincée de poivre

- 1/2 càs de sel

Préparation

1. Epluchez et coupez les concombres en fines lamelles.

2. Mélangez dans un bol tous les ingrédients en veillant à ce les rondelles de concombres soient   recouvertes de liquide.

3. Mettre au frais et servez le lendemain, au moment du repas.

Bon appétit !


 
 

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  • Par Maurice Cimber - 22/11/2020 - 14:33

    Chez mes parents quand notre maman le préparait, ça s'appelait un yaptzok.