Exposition

Stephan Goldrajch : rituels du bonheur

Dimanche 7 novembre 2010 par Roland Baumann

Jeune artiste plasticien fasciné par la tradition orale, les rituels et les techniques d’artisans, Stephan ?Goldrajch est né à Ramat Gan et vit à Bruxelles. Diplômé de la Cambre en sculpture, il a participé à ?diverses expositions à travers le monde et présentera ses nouveaux projets le 11 décembre 2010 dans l’espace privé d’une demeure ixelloise, métamorphosée en lieu d’exposition d’œuvres d’art contemporain.

 

Inspiré par l’univers des masques de James Ensor et se sentant proche des pratiques conceptuelles d’artiste contemporains tels Francis Alÿs ou Lygia Clark, Stephan Goldrajch fonde ses projets sur son approche personnelle de techniques et de traditions ancestrales. Associant textiles, dessins, textes et installation, il se soucie toujours de la disposition spatiale de l’œuvre exposée afin qu’elle soit toujours en dialogue avec le spectateur : « Je ne parle pas tout seul puisque tu m’écoutes » dit l’objet d’art au visiteur qui le contemple. L’icône et le masque sont emblématiques de son univers. Mais l’artiste adopte des formes anciennes pour mieux les réinventer, produisant des objets fascinants et mystérieux, qui d’emblée parlent aux amateurs d’art contemporain comme aux « gardiens de la tradition ». C’est ainsi qu’un des masques créé par le jeune plasticien se retrouve aujourd’hui en vitrine au Musée du Carnaval et du Masque à Binche !

En parallèle à sa pratique plasticienne, Goldrajch est aussi enseignant, chargé à Beth Aviv d’un cours d’introduction à la Torah, qu’il dispense avec ingéniosité et dynamisme, représentant par exemple l’histoire d’Adam et Eve en théâtre d’ombres, au grand plaisir des enfants.

Le Monde merveilleux

C’est que cet adepte du travail artisanal est aussi un conteur enthousiasmant. Ainsi, à partir d’une ancienne légende d’Europe de l’Est que lui avait racontée un vieil homme dans un bus à Jérusalem, Stephan Goldrajch a fondé la « communauté du bonheur de Bryone ». Association dont les seules exigences sont à chaque membre de sortir masqué et de célébrer le 22 février afin de mieux diffuser le bonheur autour de soi. Cette curieuse communauté, dont une des actions consiste à distribuer des « têtes de bonheur » dans des lieux publics, compte quelques dizaine de membres vivant en Belgique, en France, en Israël et au Portugal.

Comme le résume l’artiste : « L’histoire de Bryone remonte au 6e siècle. Une belle et riche princesse adorée par son père, le roi, qui lui interdisait de visiter la grande forêt proche du château royal. Jusqu’au jour où la princesse décide d’explorer la forêt et se met à la recherche du Monde merveilleux. Elle découvre enfin ce monde extraordinaire. Mais lorsqu’elle regagne le château et raconte son émerveillement à son père, le roi, ce dernier, fou enragé par la désobéissance de la princesse, fait exterminer tous les êtres vivant dans la grande forêt, puis égorge sa propre fille et meurt à son tour, emportant avec lui le secret du Monde extraordinaire. Folle de chagrin, la reine ordonne de recréer chaque année ce monde merveilleux dont elle ne sait pourtant rien, la nuit de Saint Baradat, le 22 février. J’ai repris cette histoire, assez terrifiante, avec l’espoir que chaque année, un nouvel artiste se l’appropriera et évoquera le monde extraordinaire disparu dont la légende de la princesse Bryone nous transmet le souvenir ».

Après avoir exposé à Strasbourg, Haïfa, Tel-Aviv, Miami, Berlin et récemment à Bruxelles (galerie Baronian-Francey), Stephan Goldrajch a choisi pour son nouveau projet le dialogue avec l’univers domestique d’une demeure familiale, « l’âme » d’une maison dans laquelle il présentera ses œuvres le temps d’un après-midi. Une aventure qu’il associe à l’image d’un navire qui emporte ses voyageurs dans l’inconnu avec l’espoir d’arriver au monde merveilleux. Soutenue par la société Goldwasser Exchange, l’exposition de Stephan Goldrajch investira donc une maison privée, le samedi 11 décembre, de 15h à 18h. Fascinée par le travail et la générosité du jeune plasticien, Solange Goldwasser précise : « Il y a tant de merveilleux dans l’univers plastique de Stephan ! En réalisant à la façon des artisans d’antan ses masques et ses icônes, il apporte une autre façon de penser le sacré. Il a le pouvoir d’invoquer par ces œuvres ce monde merveilleux qu’il cherche à nous apprendre à regarder, ce merveilleux que nous n’osons plus regarder alors qu’il est là, à portée de nous. Son œuvre nous questionne sur les notions fondamentales de l’identité, du verbe, du sacré... du bonheur. J’ajoute qu’à l’occasion de cette exposition, nous éditerons un petit catalogue de ses œuvres, reproduites par le photographe Dan Zolman ». 

Pour voir l’exposition de Stephan Goldrajch et participer à ?cet événement, prière de contacter au préalable Goldwasser Exchange

au 02/533.22.40 ou [email protected]


 
 

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