Voeux communautaires

Shana Tova - Bonne année 5775 !

Mardi 2 septembre 2014
Publié dans Regards n°804

Comme chaque année, à l'occasion de la nouvelle année juive, nous vous relayons les voeux de nos responsables communautaires. 

 

L’année 5774 se termine… moins bien que nous l’avions espérée, il y a un an, tant en Israël qu’en Diaspora; en Belgique aussi.

Oui, la communauté prospère toujours. Israël résout ses problèmes sociaux, politiques et économiques, comme toujours depuis 66 ans. Mais nous avons tous dû relever, ensemble, de sérieux défis, ayant directement ou pas un rapport avec la sécurité d’Israël et des communautés juives à travers le monde, avec l’antisionisme ou l’antisémitisme, ou tous les deux à la fois. En d’autres termes, des défis lancés aux valeurs que nous partageons dans la famille des nations éclairées et démocratiques, au cœur de l’identité de ce que nous sommes et de notre avenir commun.

Oui, cette année aurait pu se terminer sans attentat au Musée juif de Belgique et sans missiles, roquettes ou tunnels terroristes de Gaza vers Israël. Nous nous en serions mieux portés et commencerions cette nouvelle année, a priori plus optimistes.

Mais qu’à cela ne tienne. La solidarité et le soutien mutuels et historiques que les communautés dispersées et le pôle central de Sion ont toujours entretenus, depuis 2.000 ans, malgré les divergences possibles et le pilpoul qui les ont toujours caractérisés, ont permis de surmonter les pires moments.

C’est ce qui caractérise aussi les heures que nous vivons, c’est ce qui nous permet malgré tout d’entrevoir, la tête haute, avec confiance et espoir, l’avènement de 5775.

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Tikhleh shana ve-klaloteiha, tahel shana ve-birkoteiha.

Que prenne fin l’année des malédictions, que débute l’année des bénédictions.

(Extrait des prières de Rosh Hashana - Espagne - 13e siècle)

Shana Tova et Shalom !

Jacques Révah

Ambassadeur d’Israël en Belgique

Dignité dans le comportement, prudence, tolérance et clairvoyance, tels semblent être les maîtres mots, ceux que nous devrions sans cesse avoir à l’esprit en cette année 5775 qui s’annonce morose et menaçante, ce qui peut rendre assez vains les souhaits que selon la tradition et fidèles à un ancestral espoir, nous tenons à mettre en syllabes ici.

Il en est un, en tout cas, qui, nous l’espérons bien, sera exaucé. S’agissant du judaïsme belge, un souhait, un souci, un rêve devrait dominer en ce début d’année. Qu’il retrouve ou trouve finalement une cohésion mise à mal par de récurrentes querelles, ce n’est qu’en retrouvant une certaine unité que pourraient prendre fin les vaines vociférations et le haut babil de certains dans les assemblées et les télescopages des égos dans les coulisses. Que servir un groupe humain et non s’en servir devrait être pour chaque responsable, à la place qui est la sienne et dans le cadre de l’action pour laquelle il a reçu mandat, un impératif. Que la communauté institutionnalisée ne doit pas être le véhicule des ambitions de quelques-uns ni leur servir de faire-valoir, et ceci en n’oubliant jamais le « message fondamental » de la pensée juive que le regretté E. Levinas avait formulé dans « Difficile Liberté » et « qui consiste à ramener le sens de toute expérience à la relation éthique entre les hommes - à faire appel à la responsabilité personnelle de l’homme dans laquelle il se sent élu et irremplaçable ».

En effet, nul fatalisme n’assombrit la période de Rosh Hashana. On y respire au contraire une confiance stimulante. En dépit de toute détermination, le Juif sait que regrets sincères et amour du prochain sont des facteurs décisifs dans le bilan existentiel qui laisse ainsi à l’homme une très large responsabilité pour son propre destin.

C’est en réfléchissant à ces vérités essentielles qu’au nom du Consistoire central israélite de Belgique, j’exprime le souhait que cesse le temps des tristesses et que 5775 soit pour nous tous l’année de la dignité, de la prudence et de la résilience lucide.

Prof. Julien Klener

Président du Consistoire central israélite
de Belgique

 

Pour la dernière fois en tant que président du CCOJB, j’ai l’occasion de présenter aux lecteurs de Regards mes vœux pour l’année nouvelle. Dire que cette dernière année aura été la plus difficile pour toute la communauté et moi-même est un euphémisme. Je ne peux en ces moments de réjouissances m’empêcher de revenir sur ces douze derniers mois.

Propos vomitifs d’un ancien humoriste et négationnisme d’un député de raccord en pleine Chambre des Représentants du peuple, quadruple meurtre au Musée juif et appel à la « mort aux Juifs » entendus dans des manifestations en marge du conflit israélo-palestinien, l’année a été marquée par une judéophobie inconnue depuis les années 30. La liste des actes ou propos antisémites est longue et inquiétante… Rien que pour les mois de juin et juillet, nous enregistrons 500% d’augmentation de signalements à antisémitisme.be. Un exemple effrayant : ce cafetier du marché de St Nicolas (Liège) indiquant sur sa devanture (en turc et en français) que les chiens avaient libre accès à son commerce, mais que les Juifs y étaient interdis.

A l’instar du canari dans la mine qui ressent avant tous l’effondrement prochain de celle-ci, la communauté juive s’inquiète des signes avant-coureurs d’un problème sociétal. Car l’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs, mais bien celui de la société. Certes pendant tous les évènements cités, j’ai été reçu et entendu par les ministres et bourgmestres concernés. Mais force est de constater que nous attendons toujours ce dirigeant politique du pays qui, à l’image du Président français François Hollande ou de son Premier ministre Manuel Valls, se prononce clairement et fortement contre les dérives antisémites.

Ce sera mon premier vœu puisqu’il est essentiel pour nous qui aimons la Belgique. Car comme je le disais au dernier dîner du CCOJB, nous aimons notre pays, qui ne manque pas de défaut, mais parce qu’il est une démocratie, parce qu’il dispose donc de cette capacité indispensable à s’améliorer, on peut y rêver l’avenir. Nous aimons Israël, pour les mêmes raisons. Nous sommes un Peuple de rêveurs éveillés, c’est ce qui nous a permis de traverser les épreuves. Je vous souhaite à tous une année pleine d’amour, de bonheur et de paix, ici et en Israël. Que le miel remplace les larmes et le sang qui ont trop coulé.

Hag Sameah

Maurice Sosnowski

Président du Comité de coordination

des organisations juives de Belgique (CCOJB)


 
 

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