Strabismes

Le problème juif

Mardi 4 Février 2020 par Noémi Garfinkel
Publié dans Regards n°1058

Est-ce que vous comprenez, vous, la fixette que font les antisémites sur les Juifs ? Moi ça me dépasse. Tout ce pouvoir qu'on nous donne ! Alors qu'on est si peu nombreux...

Sur près de quinze millions de Juifs estimés vivant sur Terre (on a peu de données sur les extraterrestres), certains pays ne comptent que quelques centaines de personnes, et à part en Amérique du Nord et en Israël, les chiffres les plus élevés culminent à moins d'un pourcent de la population totale de chaque nation. 500.000 personnes en France, 30.000 en Belgique, 7.500 en Nouvelle-Zélande, 3.000 au Kazakhstan, 1.000 au Japon, 500 en Bolivie, pas franchement de quoi fournir des preuves crédibles d'un complot national ourdi depuis des millénaires.

Car le fait est que pour certains, pour le coup trop nombreux, derrière les attentats qui visent spécifiquement des personnes ou des institutions juives se cachent des Juifs, des sionistes, des francs-maçons juifs, des crypto-juifs, des philosémites, parfois même les services secrets israéliens, en résumé, des Juifs qui tuent des Juifs pour se faire passer pour les victimes qu'ils ne sont pas, et pour tenter de faire oublier les vrais bourreaux qu'ils sont.

Un pasteur, un prêtre et un rabbin embarquent pour une croisière sur un bateau qui, pour des raisons obscures (on ne connaît pas l'alibi du Mossad ce jour-là), coule et s'échoue sur une île déserte. Seuls survivants du naufrage, les trois hommes construisent un campement de fortune, et prient Dieu de leur porter secours. En attendant que l'assistance se présente, ils explorent l'île et constatent qu'elle est exclusivement peuplée d'éléphants. Après trois jours de prières, dans son infinie surdité, Dieu soulève une vague et apporte aux trois compagnons d'infortune une caisse remplie de crayons -taillés- et une autre pleine de feuilles de papier. Lassés de leur compagnie réciproque, et déçus de n'avoir reçu ni vivre ni aide, ils prennent tous un stock de feuilles, quelques crayons et décident de s'isoler pour penser et écrire. Après tout, c'est ce qu'ils font de mieux. Mais après une semaine de solitude et de création, chacun aspire à retrouver les autres et à reprendre le dialogue. Le prêtre revient avec 40 feuilles rédigées recto-verso : « J'ai beaucoup observé les éléphants qui peuplent cette île, et je suis fier de vous présenter mon œuvre « De l'organisation sociale des éléphants ; mœurs, sexualité et rites sociaux » ». A son tour, le pasteur dépose un tas de 400 feuillets rédigés et présente son travail. « Moi aussi, j'ai finement observé les éléphants, et voici ma thèse sur "L'organisation politique des éléphants ; liberté, pression, syndicats" ». Enfin, le rabbin, visiblement exténué, se laisse tomber sur une pile de 4.000 feuilles noircies, raturées, trempées de sueur et de larmes, et explique qu'il n'a pas encore terminé, et qu'une vie ne suffira peut-être pas à finir son œuvre. « Mais sur quoi porte votre ouvrage ? », lui demandent alors les deux autres. Le rabbin répond alors dans un soupir : « Les éléphants et le problème juif ».


 

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  • Par Rossella Paschi - 25/02/2020 - 19:49

    Exactement! C'est parce que on a beaucoup de pouvoir et d'influence dans tous les domaines qu'on s'est laissė massacrer, pour après pouvoir se plaindre... et faire semblant qu'on n'a pas tout ce pouvoir... Qu'est-ce qu'on est tordus!

  • Par Bern - 26/02/2020 - 6:01

    L île aux elephants