Regards n°867

La lune et le miel, les ingrédients essentiels de Rosh Hashana

Le goût sucré est omniprésent dans toutes les cuisines de Rosh Hashana. Les plats doivent être doux, comme la nouvelle année. Les Ashkénazes, avant le repas, trempent la pomme dans le miel. Les Séfarades, eux, dégustent des dattes, figues, grenades dont les grains, en nombre, symbolisent les vœux et les nombreuses bonnes actions à accomplir au cours de l’année. Des rites de Rosh Hashana très différents, donc, puisque les Séfarades organisent un mini-Seder avec, sur la table, des mets riches de sens, la betterave, selek, en hébreu, qui signifie faire fuir (lesalek), ce qui sous-entend : faire fuir ses ennemis. Tout comme les blettes, sillek, en arabe, proche du même selek, ou le poireau  karti, du verbe lekaret « couper », cité dans une prière où l’on souhaite à ses ennemis d’être anéantis. Un moyen fort goûtu, aidé par la sémantique, de lutter contre les méchants et l’amnésie.

Chez les Ashkénazes, on prépare les tzimmes, un ragoût de carottes, sucré, aux raisins secs ou pruneaux, un mot dérivé de l’allemand Tsoum-essen, « à manger ». Ces rondelles
de carotte rappelleraient les pièces d’or, la richesse pour ces Juifs pauvres du fin fond de l’Europe centrale qui n’avaient pas toujours quelque chose à se mettre sous la dent.

Le secret des Tzimmes réside dans leur cuisson. Il ne suffit pas de cuire les carottes dans le miel et le sucre. Elles doivent cuire des heures durant, à petit feu, la veille, pour s’imprégner des épices. Vous pouvez mélanger les carottes ordinaires avec des carottes jaunes et mauves, ces légumes « oubliés ». En yiddish, Tsimmes est aussi synonyme d’agitation, d’affairement. Quand vous les préparerez, vous comprendrez ! Les Tzimmes accompagneront à merveille le poulet au miel, aux oignons et amandes ou pignons de pin, séfarade. Un mariage des genres heureux.

Dans le Talmud, il est dit que  les mets sucrés illuminent les yeux d’un homme. Espérons qu’ils illumineront aussi son cœur, le monde entier et l’année qui vient.

Shana Tova. Bonne année. Qu’elle vous soit douce.  

Pilons de poulet au miel, oignons caramélisés et pignons de pin

Pour 5 personnes :

• 10 pilons de poulet moyens

• 3 gros oignons coupés en lanière

• 3 càs de miel

• 3 càs d’huile d’olive

• sel, poivre

• le jus d’1 citron

• 1 poignée de pignons de pin

• farine

Faites dorer les pilons de poulet dans une poêle sans ajout de matière grasse pendant 5 minutes, chaque côté.

Arrosez-les de citron et laissez-les 1 heure dans un plat pour s’en imprégner.

Faites chauffer l’huile dans une poêle.

Baissez le feu. Ajoutez le miel, le sel, le poivre. Mélangez. Faites-y revenir les oignons jusqu’à ce qu’ils prennent une couleur de caramel.

Roulez les pilons dans la farine. Faites cuire à petit feu 40 minutes en les retournant dans la préparation à base d’oignons.

Garnissez de pignons de pin.

Tsimmes tricolores

A préparer la veille.

•  1 kg de carottes mauves, jaunes   (dits « légumes oubliés ») et oranges

• 4 càs de miel

• 70 gr de sucre brun

• 1 poignée de pruneaux sans noyau

• sel, poivre

• 1 càs de cannelle

• le jus d’1 citron

Badigeonnez d’huile les carottes non épluchées et mettez-les à griller au four 30 minutes, 200°.

Coupez-les ensuite en rondelles (moyennes). Versez-les dans un poêlon. Mélangez-les avec le miel et les autres ingrédients, recouvrez-les d’eau et faites cuire à feu doux 3 heures minimum en rajoutant de l’eau si nécessaire.

Hag sameah ! Shana Tova !

Écrit par : Michèle Baczynsky

Esc pour fermer

Auschwitz,Concentration,Camp,In,Occupied,Poland,During,World,War,Ii
Voyage à Cracovie et Auschwitz-Birkenau 2026
Voyage proposé par le CCLJ et guidé par Laurence Schram, Senior Researcher au musée Kazerne Dossin et réalisatrice du pavillon(...)
Mémoire
Visuel SITE UTICK 2025-2026 (23)
Dibook | Le boycott culturel, pourquoi ?
Le boycott académique ou économique a souvent été abordé quand on parle d'Israël, mais le boycott culturel est un phénomène(...)
Non classé
1122 expo samama illu1
La puissance évocatrice de Roxane Gouguenheim
Du chêne de Goethe à Buchenwald à la figure biblique de Jacob, l’artiste plasticienne Roxane Gouguenheim pense la forme à
Laurent-David Samama
Culture
Visuel 2026 (4)
La propagande, outil de haine
27 janvier - Témoignage sur les objets antisémites
Mémoire
Visuel 2026 (3)
Les traces de la déportation
27 janvier - Témoignage sur les objets de rescapés
Mémoire
Visuel 2026 (2)
La mémoire dans l’espace public
27 janvier - Témoignage pavés de mémoire
Mémoire