Livres/Entretien

Claude Klein : 'Peut-on cesser d'être juif ?'

Mardi 2 septembre 2014 par Propos recueillis par Nicolas Zomersztajn
Publié dans Regards n°804

Ancien doyen de la faculté de Droit de l’Université hébraïque de Jérusalem, Claude Klein vent de publier Peut-on cesser d’être juif ? (éd. Grasset). Dans cet essai, il démontre méthodiquement l’inanité scientifique des livres de Shlomo Sand consacrés à Israël et à l’identité juive, tout en analysant le succès considérable de cet historien en France.

 
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    Pourquoi consacrez-vous un livre entier à Shlomo Sand, un historien israélien dont vous faites peu de cas ? Shlomo Sand a publié trois livres polémiques sur l’être juif et Israël. Dans Comment le peuple juif fut inventé, il nous annonce que le peuple juif n’existe pas, que les Juifs ne présentent aucune unité et qu’ils ne descendent pas des anciens Hébreux dispersés suite à la destruction du deuxième Temple. Dans le livre suivant, Comment la terre d’Israël fut inventée, Sand nous explique que les Juifs n’ont pas entretenu de véritables relations avec la terre d’Israël pendant les vingt siècles d’exil. Et dans le dernier opus, Comment j’ai cessé d’être juif, Sand déclare qu’il n’est plus juif. S’il est vrai que cet historien israélien ne prétend pas remettre en cause l’existence de l’Etat d’Israël, qu’il réduit à un pur fait, il contribue singulièrement à affaiblir sa légitimité, jusqu’à la nier. Les thèses de Sand reposent en grande partie sur des postulats dénués de fondements scientifiques, alors qu’il se pare de ses attributs d’universitaire. Et le pire, c’est que ses thèses sujettes à caution ont trouvé un public en France, où il a rencontré le succès. Il me semble donc important de questionner la rectitude intellectuelle de la démarche de Sand, car le résultat est clair : la délégitimation d’Israël dans ses fondements.

    Peut-on cesser d’être juif, comme le prétend Shlomo Sand ? Bien évidemment. On peut adopter à titre personnel un mode de vie marqué par l’éloignement du judaïsme et des Juifs. Au bout de deux ou trois générations, l’identité juive se dilue jusqu’à la disparition. C’est possible et parfaitement licite. Mais pour Sand, c’est autre chose. Il me fait penser à un homme installé sur une estrade au milieu de la place du village, en train de crier que ce n’est pas parce qu’il est lui-même israélien et que ses parents sont des Juifs polonais rescapés de la Shoah, qu’il est juif pour autant ! Cette posture est grotesque, car on ne quitte pas le judaïsme de cette manière. La perte de l’identité juive relève d’un processus progressif beaucoup plus complexe que les simplismes de Sand. S’il considère qu’il est de son devoir de cesser d’être juif, j’ai aussi le droit de considérer que pour accomplir cette démarche personnelle, il n’est pas nécessaire de se lancer dans une critique hostile du sionisme et d’Israël, à prétention scientifique, mais dénuée du sérieux propre à une réflexion sur un sujet aussi grave.

    Pourquoi Shlomo Sand veut-il cesser d’être juif ? Sand prétend ne plus supporter l’appartenance à ce qu’il considère comme une ethnie fictive. Tout comme il supporte encore moins d’apparaître au reste du monde comme membre d’un club d’élus dont on n’entre que par la naissance. Toute idée de peuple juif ou de collectivité juive n’est qu’une invention sioniste à ses yeux.

    Comment expliquez-vous son succès en France ? Le tirage du premier tome de la série, Comment le peuple juif fut inventé, a frôlé les 60.000 exemplaires. Ce lectorat n’est pas composé d’antisémites ni de gauchistes naturellement antisionistes, même si Sand a été accueilli à bras ouverts dans les pays arabes. Non, il s’agit plutôt d’un public politiquement correct qui éprouve un certain malaise à l’égard des Juifs. La véritable problématique juive soulevée ici n’est donc pas sans rappeler l’une des phrases des Réflexions sur la question juive de Sartre : « L’antisémite reproche au Juif d’être juif; le démocrate lui reprocherait plutôt de se considérer comme Juif ». A l’instar du démocrate de Sartre, le public de Shlomo Sand aime le Juif comme individu, mais ne le supporte plus lorsqu’il proclame sa différence. Cette affirmation identitaire est d’autant plus insupportable lorsqu’elle s’exprime collectivement et politiquement. D’où l’aversion de ces gens à l’égard du sionisme. On est donc face à une forme d’antisionisme bon teint qui accepte mal l’idée du peuple juif et d’un Etat-nation pour ce peuple. Le livre de Sand tombe à point pour conforter tous leurs préjugés sur les Juifs et Israël. Sand leur apporte une caution juive, israélienne et académique. S’il se défend de remettre en cause l’Etat d’Israël, Sand ne supporte pas l’idée de l’Etat-nation juif, à l’instar de ses admirateurs en France.

    Claude Klein, Peut-on cesser d’être juif ?, éd. Grasset


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Kalisz - 2/12/2014 - 16:55

      Ce livre ne me dérange pas vraiment. Sauf que personne ne s'est donné la peine d'écrire "L'invention du peuple palestinien".

    • Par Nielda - 2/12/2014 - 17:15

      Personnellement, je suis française et juive et beaucoup de mes amis français et juifs, comme moi se sont senti très proches et très touchés par la vision de Schlomo Sand. Je trouve que justifier le fait que ses livres aient été très appréciés en France par l'antisémitisme français, par ailleurs bien réel, est une simplification outrancière et rélève de la mauvaise foi.

      Je pense, par ailleurs, que défendere l'existence d'une communauté juive, à laquelle pour ma part je n'ai aucun sentiment d'appartenir, ne fait qu'alimenter l'antisémitisme. Si certains en font partie, tant mieux pour eux, mais laissez-nous, s'il vous plait, appartenir à ce que nous voulons.

    • Par BOOZ - 2/12/2014 - 17:50

      Mes griefs tels que je les ai postés sur un autre forum :

      J'ajouterais qu'il a en plus une singulière conception de l'histoire, comme si de science humaine descriptive, elle devait une téléologie créatrice de droit.

      On ne sait sur quelle source se fonde le "droit historique" d'un peuple.
      Au fond, Sand évacue la mémoire et les représentations collectives des Juifs pour prétendre qu'il existe un "droit" -génétique, racial, qui sait ? - qui délégitime l'expérience sioniste. Sa démarche-exactement celle qu'il reproche à ses opposants-est typiquement völkisch.

      S'il n'était qu'incohérent ou sot, je ne m'y intérésserais pas plus que ça. Mais le monsieur laisse consciemment instrumentaliser ses écrits par la "mouvance" et devient de ce fait une canaille intellectuelle.
      Canailles intellectuelles aussi ceux qui le fêtent en France à la parution de chacun de ses opus (pas plus tard que dimanche dernier sur France Culture dans "Tête à tête", une émission de devinez qui ? Taddei).

    • Par evelyne reberg - 3/12/2014 - 17:09

      Que les Juifs ne soient pas tous descendants de Palestine est une vérité historique, à tel point que des spécialistes de l'Antiquité ou des religions, comme Maurice Sartre, n'ont trouvé aucune originalité aux thèses de Sand.
      Maintenant, qu'est-ce qu'un peuple ? aucune définition ne peut en être donnée avec exactitude. Il peut s'agir là d'un sentiment d'appartenance. Dans mon cas, je me suis sentie juive parce que ma famille l'était, qu'elle a souffert en tant que famille juive, qu'elle m'a nourrie de souvenirs propres à la judéité, Mais aussi parce que j'ai été considérée comme juive par les antisémites qui m'entouraient. Tout cela n'est pas très "scientifique", mais c'est fortement vécu, même si je n'ai décidément aucune attache avec la Palestine !.
      Sand s'en prend à certains fondements du sionisme, lequel revendique une descendance directe depuis la Palestine, ("nous étions là il y a 3000 ans", affirmation à la fois sommaire et qui ne justifie pas un soi disant "retour", ) et aussi quelque chose comme "nous sommes un peuple race", très discutable, et aussi "notre présence en Palestine fut permanente" : présence de Juifs non sionistes, des religieux, surtout, venus prier en terre sainte, comme bien des chrétiens, mais rien de plus.
      Yehoshua dans son petit livre "Israël, un examen moral" revient lui aussi, et de façon fort simple et fort logique, sur tous ces thèmes.
      Quant à cesser d'être juif, pourquoi pas ? Sand s'en prend à une caste, volontiers courtisée par maints responsables occidentaux, lesquels montrent ainsi patte blanche par rapport à l'antisémitisme, se disent moralement auto-purifiés de ce fait, et font ainsi preuve d'attachement et de complicité de Blancs envers un monde musulman considéré comme suspect. Sand refuse la caste.

    • Par jeanmarc - 4/12/2014 - 12:41

      <p>
      M&ecirc;me si je ne partage pas du tout l&#39;opinion d&#39;Evelyne Reberg, elle m&eacute;rite d&#39;&ecirc;tre &eacute;cout&eacute;e et d&eacute;battue. Alors RV ce soir au CCLJ pour en d&eacute;battre. C&#39;est la raison m&ecirc;me de la venue de Claude Klein !</p>

    • Par Grunchard - 4/12/2014 - 17:58

      Concernant Shlomo Sand, j'ai beaucoup apprécié un billet de Meir Weintrater à l'époque : Sur les Juifs, on peut écrire n'importe quoi !

      Sur les Juifs, on peut écrire n'importe quoi !

      Mardi 26 mai, j'ai écouté, comme je le fais souvent, l'excellente émission d'Emmanuel Laurentin «La fabrique de l'histoire», sur France Culture. Les émissions de cette semaine sont consacrées à des sujets qui ont fait débat, ou ont même causé un scandale, au cours de l'année écoulée.

      L'émission portait sur un livre qui a fait, précisément, scandale. Un livre écrit par un homme qui est historien de métier, un universitaire avec le titre de professeur. Le livre a été publié par un grand éditeur français, et cela peut se comprendre car, aux yeux du lecteur non averti, notre historien avait toutes les qualifications requises pour s'exprimer sur ce sujet.

      Mais c'est là que le bât blesse, expliquent les historiens invités par Emmanuel Laurentin. L'auteur du livre s'est laissé aller à écrire sur un sujet qu'il ne connaît pas vraiment, pour lequel il n'a pas les compétences linguistiques minimales. Ce livre est donc bourré d'erreurs et, pour reprendre le mot de l'un des historiens parlant sur France Culture, de «sottises». Qui plus est, ajoute une historienne, ce livre qui se présente comme un travail d'historien est en fait un pamphlet, où des arguments dénués de toute valeur factuelle sont mis au service d'une thèse indéfendable.

      J'arrête là mon résumé de l'émission, dont le sujet était le livre de Sylvain Gouguenheim «Aristote au Mont Saint-Michel». Un livre qui fit effectivement scandale, parce que l'auteur prétendait démontrer que l'Europe médiévale était moins redevable qu'on ne l'a dit au monde arabe pour la transmission de l'héritage grec.

      Je n'ai pas de lumières particulières dans ce domaine. Je ne commenterai donc pas le livre de M. Gouguenheim. Mais je ne peux m'empêcher de penser que la description faite de l'auteur et de son livre peut s'appliquer point par point à un autre cas : le livre de Shlomo Sand «Comment le peuple juif fut inventé». Tout y est : compétence apparente, incompétence réelle, thèse pseudo historique dénuée de fondement, etc.

      Sauf que, dans le cas de Shlomo Sand, les historiens français sont restés muets tandis que la grande presse multipliait les articles sur un sujet auquel elle ne comprenait rien.
      Il est vrai qu'il y a une différence. Sur les Juifs, on peut dire et écrire à peu près n'importe quoi.

      http://crif.org/fr/tribune/Sur-les-Juifs-on-peut-ecrire-n-importe-quoi-15060

    • Par evelyne reberg - 6/12/2014 - 21:37

      Booz écrit des choses que je trouve incompréhensibles. Il se demande sur quelles bases se fonde le droit historique d'un peuple !
      Mais sur le fait que ce peuple vit sur cette terre , y a ses racines, ses cimetières, sa mémoire depuis des siècles, sa culture propre, ses biens, ses terres, ses commerces, ses usines... !
      c'est ainsi qu'un grand soulèvement des peuples opprimés s'est produit au début du 20° siècle, où les Egyptiens, les Irakiens par exemple, luttaient contre la Grande Bretagne colonisatrice, les Syriens contre les Français, puis, plus tard, les Algériens contre la France, etc.
      Quand le sionisme a débuté, fin 19° siècle, les Musulmans représentaient 87% de la population, les Chrétiens 9% et les Juifs 3%. Booz regrette que l'expérience sioniste soit déligitimée : Si l'histoire permet de comprendre les origines du sionisme, de comprendre aussi comment ce mouvement qui s'est construit en réaction à l'antisémitisme européen, mouvement idéologiquement européen (son idéologie est plus proche de Herder que de la Torah), il est devenu, via son nationalisme intégral, un mouvement de conquête de la Palestine. Dès le début, il ne s'agissait pas pour les Juifs opprimés dans l'Empire russe de trouver un refuge, mais de créer leur Etat juif sur une terre arabe. Les sionistes sont venus là en conquérants. conquérir d'une façon ou d'une autre était leur moteur. Le sionisme a conduit à une injustice, laquelle, du fait de la puissance et de l'impunité de l'Etat d'Israël, ne cesse de s'approfondir.
      Et pour répondre à Kalisz : qu'est-ce qu'un peuple ? c'est un groupe de personnes qui considèrent qu'elles forment un peuple. Pas très scientifique, mais il n'y a aucune définition absolue de la chose. Et quand une population se sent menacée dans son intégrité, elle se sent de plus en plus faire peuple.

    • Par BOOZ - 7/12/2014 - 21:57

      @Evelyne:

      "Mais sur le fait que ce peuple vit sur cette terre , y a ses racines, ses cimetières, sa mémoire depuis des siècles, sa culture propre, ses biens, ses terres, ses commerces, ses usines... !"

      Je vois que nous sommes d'accord......il n' y a que les usines qui ne soient pas pertinentes, parce que les usines de - 1650 à + 72 après J-C, hein....sans compter le "vieux yichouv " , les immigrants installés par Montefiore ( Mishkenot Sha'ananim, ça vous dit quelque chose?) , Rothschild ( Petah Tikva-Rishon le Zion)....

      C'est après que ça se gâte:
      " il est devenu, via son nationalisme intégral, un mouvement de conquête de la Palestine. Dès le début, il ne s'agissait pas pour les Juifs opprimés dans l'Empire russe de trouver un refuge, mais de créer leur Etat juif sur une terre arabe. Les sionistes sont venus là en conquérants. conquérir d'une façon ou d'une autre était leur moteur. Le sionisme a conduit à une injustice, laquelle, du fait de la puissance et de l'impunité de l'Etat d'Israël, ne cesse de s'approfondir."

      Vous nous servez toute une collection de poncifs dont vous espérez qu'ils seront "stigmatisants" et dont l'intérêt n'est même pas digne d'une cour de récré :gentils Palestiniens, méchants "sionistes". Et une cuillérée de "nationalisme intégral" pour rappeler Maurras , et imputation d'esprit de conquête ( c'est bien connu, les Merkava et les F-15 accompagnaient les premières alyot) aux premières "kvoutzot"

      En fait, vous et vos sbires de l'UJFP/UJPB ne servez même pas les intérêts du peuple palestinien: vous savez fort bien qu'une "Palestine laïque et démocratique" n'est qu'une vue de l'esprit et que cette revendication n'est qu'une feuille de vigne de l'irrédentisme arabe.

      Je suis partisan pour ma part de 2 peuples et 2 états et la reconnaissance de l'état palestinien: je constate que vous ne faites que retarder ce moment.

    • Par evelyne reberg - 7/12/2014 - 23:20

      @Booz
      si je ne reviens pas 2000 ans en arrière, comme vous le faites, c'est parce que ce n'est pas pertinent. Si tous les peuples voulaient retrouver leur territoire d'il y a 2000 ans, ce serait une belle salade. Quand je parle de populations arabes installées là à 97%, je situe le problème à la fin du 19° siècle, début 20°. L'époque de la naissance et de la montée -difficile- du sionisme. Bien évidemment. Montefiore et Rothschild ont amorcé le mouvement, qui alors avait bien peu d'adeptes et restait à l'état d'idée.
      Vous déformez mon propos, avec beaucoup de mauvaise foi : quand vous le résumez en "gentils Palestiniens, méchants "sionistes"". Je n'ai jamais dit cela, qui serait bébête. Je parle d'une situation politique. Je parle d'un peuple arabe qui vivait là, très majoritairement, -voyons les pourcentages de population jusqu'en 1947- et qui a vu peu à peu arriver des conquérants européens. Pas de conquête, dites-vous, puisque pas de Merkava ? Mais on peut conquérir autrement : par la voie diplomatique, les pressions ou alliances diverses, par les achats de terre. Je vous pose la question : les sionistes venaient-ils en Palestine comme simples résidents, ou bien avaient-ils l'ambition de fonder un Etat pour eux mêmes, un Etat pour les juifs (le terme fut employé par Herzl, il me semble...?) Dirigé par des Juifs ? Avec un drapeau juif ? des lois, des écoles, des universités etc pour les Juifs ? Destiné à servir de foyer à tous les Juifs de la planète ? Comment l'Arabe résidant sur place voyait-il ce projet ? Avec plaisir ? (il y en eut, certes, mais ce ne fut pas la majorité... et les émeutes se succédèrent).
      Quant à la solution : deux Etats pour deux peuples, dites-vous, j'y adhèrerais de tout coeur. Je me demande si cela reste possible, avec l'annexion de Jérusalem par Israël et la colonisation incessante. Sur le futur, je ne sais que dire : je n'entrevois aucune solution. Mais je pense que les Palestiniens doivent avoir autant de droits que les Israéliens juifs, parce que je me réfère à la déclaration universelle des droits de l'homme : article Premier : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits."Je pense entre autres au droit à la souveraineté sur sa terre, le droit d'y cultiver, d'y commercer, d'y circuler librement, d'y publier, d'y créer des partis et des associations, etc etc bref, le droit à l'autodétermination.

    • Par Mael - 29/11/2018 - 21:42

      Bonjour,
      Sand donne une analyse politique de l'histoire du peuple juif, sioniste, véhiculée par des historiens, archéologues et politiciens. Tout cela me paraissait intéressant, quand il parlait des travaux des autres. Et je ne pouvais pas savoir si ses dires sur l'enseignement scolaire se basant sur une bible laïcisée doublée d'une propagande, étaient vrais. Tout en me disant qu'il était normal qu'une jeune nation appelée à se battre ait un mythe, récit des origines et une légende nationaliste. Je ne veux pas dire que c'est faux je souligne comme lui leur utilité. Mais au contraire de lui je pense que c'est normal, la Syrie dit à ses enfants qu'il faut tuer des Juifs, c'est différent (peut-être pas dans les territoires).
      Ce qui est incroyable dans cette thèse qui n'est autre qu'un pavé dans la mare, c'est l'histoire des Kazars, on veut nous prouver, par des statistiques des populations du Caucase et de la Pologne, que la première a forcément multipliée la deuxième par trois ou quatre. Spéculation.
      En suite, cet historien de langue maternelle yiddish, tente de prouver que le Yiddish vient du kazar, même si moi qui ne le parle pas le comprend quasiment grâce à l'allemand. C'est presque de l'allemand avec des mots d'hébreu et divers, c'est sa construction qui est différente. Il cite alors une série de mots. Mauvaise foi? Voilà, avec un récit de Koestler et une explication peut convaincante, il entend remettre en question un discours qu'il estime raciste et donc détruit par son argumentation! Il a arnaqué une patie de la gauche juive française, séduite. J'avoue que, au début du livre il y a des choses.
      Merci

    • Par Mael NATHAN - 31/03/2019 - 20:14

      Oui!
      Sand, né dans un camp d'Europe, apatride, accueilli en Israël faute d'Amérique, est on ne peut plus juif. Personne, et surtout pas lui, ne peut ôter le regard de l'histoire et l'identité qui fut la trame de sa vie. Le destin de sa naissance.
      Sioniste par espoir et nécessité, il se débat avec sa bonne conscience de réfugié face à l'autre, qu'il est a son tour. Jusque là, pas de problème, vite dit, il cherche à se désaliéner du sionisme comme les sionistes se voulaient désaliénation du Juif, des nations et de sa condition. Etre son Juif pour ne pas être le Juif des autres. Très bien, mais partout.
      Là où le bat blesse est que Sand est de très mauvaise foi, ce yiddishopone de langue maternelle, soutient que le Yiddish est un amalgame de mots slaves oubliés. Risible au vu de ce que sait l'auteur de la langue ashkénaze.
      Couper les racines des ashkénazes en pensant couper l'herbe sous le pied du "sionisme officiel" est vain, car il n'y a pas de race juive ou de tabou sur ces questions d'éventuelles conversions.
      Remarquons qu'aucune pourtant n'a jamais été établie, un mélange oui, par mariages et émulation (servants, clients, princes). Du reste non, mais cela changerait-il quelque chose à la Nation juive qui repose certes sur la filiation, mais surtout sur la transmission? Et c'est valable à un certain niveau, pour tous les Juifs.