Bruxelles

Des mouvements de jeunesse juifs 2.0 face au Coronavirus

Mercredi 18 mars 2020 par Géraldine Kamps

Après les mesures de confinement imposées par le gouvernement fédéral pour freiner l’épidémie de Coronavirus, les mouvements de jeunesse juifs de Bruxelles s’organisent pour maintenir les contacts avec leurs haverim. Quand les nouvelles technologies apportent leurs vertus positives.

La JJL, en pleine messiba, il y a quelques semaines encore.

Ils étaient nombreux à avoir préparé un super déguisement pour fêter comme il se doit Pourim 2020. Mais tous n’auront malheureusement pas pu défiler, les mesures prises progressivement pas le gouvernement pour limiter la promiscuité en ayant décidé autrement. Après l’annulation de leur traditionnelle réunion du samedi, pour certains même de leur messiba annuelle, les madrihim (moniteurs) ont vite dû réagir, comprenant que leur mahane Pessah subirait sans doute le même sort.

Comment garder le contact avec les jeunes pendant ces longues semaines ? A défaut de retrouvailles dans leurs ken respectifs, les plus aguerris en nouvelles technologies n’auront pas tarder à proposer des réunions virtuelles.

A la Jeunesse juive laïque (JJL), c’est un lipdub qui circule depuis quelques jours, les madrihim proposant aux haverim de reproduire quelques pas de danse sur « What makes you beautiful » de One Direction pour finir en beauté grâce au montage de l’ensemble des vidéos envoyées.

La concertation fuse pour trouver « l’idée » qui aidera à se sentir moins confiné. « On a prévu des réunions quotidiennes par kvoutza sur la plateforme Zoom qui permet de se retrouver sans un nombre limité de personnes », explique Noa Ibghi, madriha à l’Hashomer. « On sera aussi beaucoup plus actif sur Instagram, avec des challenges et des tuto Do It Yourself. On sait que ce n’est pas facile pour les enfants, c’est important qu’ils puissent continuer à communiquer ». L’Hanoar Hatsioni mise, elle aussi, sur la prolongation des relations entre haverim grâce à l’organisation de défis et de jeux via Tik Tok, Instagram et autres Facebook.  Un « radioshow » devrait même voir le jour dès ce soir 18h sur le compte Instagram du mouvement, tandis que l’ensemble de ses antennes européennes échangent sur Whatsapp vécus et nouvelles idées.

Un tournoi FIFA20 au profit du Service social juif

A l'initiative de l'Hanoar encore, un tournoi FIFA20 inter-mouvements en ligne sera lancé mardi prochain « pour donner un peu de piment à ces longues journées de confinement », souligne le rosh ken Matt Leiser. « Le principe : chaque jour, entre 16h30 et 17h, chaque participant aura un match à jouer pour limiter le temps sur les réseaux sociaux. Le tournoi est ouvert à toutes et tous, hanihim, madrihim, mais aussi bogrim et parents ». La participation (pour les majeurs) de 5€ est à verser sur le compte du SERVICE SOCIAL JUIF (BE 98 19 16 0398 3293) « qui, en cette situation de crise, aura bien besoin de notre solidarité pour venir en aide aux foyers les plus touchés ». Les inscriptions jusqu'au lundi 18h sont à faire en mp sur la page FB, INSTA ou SNAPCHAT de l'Hanoar.

A l’Habonim Dror, on tente de voir le côté positif des réseaux sociaux, en maintenant virtuellement une activité par semaine, en espérant que la situation soit rétablie après Pâques, « ou au moins que les mesures de précaution autorisent les réunions en plein air », tente le directeur éducatif Guilel Trieber. La réunion de la Brith qui devait se tenir ce dimanche 22 mars 2020 a été annulée, mais aucune décision n’a encore été prise pour le Lag Baomer du 17 mai.

Alors que les madrihim doivent poursuivre leurs obligations scolaires, selon les programmes établis par chaque école en cette période pour le moins chahutée, les idées foisonnent de toutes parts, y compris pour proposer quelque chose en dehors des réseaux sociaux. A l'UPJB Jeunes, c'est l'annulation de la manifestation contre le racisme du 21 mars qui pose question : « Peut-être pourrait-on y participer chacun en affichant des banderoles ou pancartes à sa fenêtre, à défaut de pouvoir sortir dans la rue ? », se demande Alice Desmedt, la coordinatrice.

« On sait que beaucoup de parents télétravaillent, et que des réunions en groupe même virtuelles peuvent être très bruyantes », confie Alexis Rossler (JJL). « Cela exclut aussi les plus jeunes qui n’ont peut-être pas de gsm et doivent en emprunter un. Alors on a pensé à écrire une chanson, avec des phrases que tout le monde pourrait envoyer. Cela deviendrait une sorte d’hymne pour la JJL, qu’on reprendrait ensemble aux mahanot ! » De quoi redonner le moral aux enfants… un peu aussi aux parents.


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/