Israël-Palestine

Tu causes, tu causes…

Vendredi 29 octobre 2010 par Ouri Wesoly

"Oui, je répète non"...

Ces derniers temps, Benjamin. Netanyahou et Mahmond Abbas multiplient les « petites phrases » sur le mode : « Oui, je répète non »  De même sans doute que ceux qui mènent les négociations discrètes ou sécrètes. Tous piétinent sur place en guettant le résultat des élections législatives aux Etats-Unis. Et l’attitude qu’adoptera alors le Président Obama
 
Les négociations officielles se sont interrompues fin septembre avec la fin du « moratoire ». sur les constructions des colons en Cisjordanie. Depuis lors les dirigeants palestiniens ont menacé de dissoudre l’Autorité palestinienne, parlé de proclamer de façon unilatérale leur Etat, évoqué une possible 3ème intifada et affirmé que la reprise des négociations restait leur première option.  
 
Côté israélien, outre un plan d’échanges de territoires proposé officiellement par le Ministre des Affaires Etrangères, Avigdor Lieberman « à titre personnel », on a pu entendre que M. Netanyahou mettait ses pas dans ceux d’Yitzhak Rabin, que la colonisation de Jérusalem allait se poursuivre, que Mahmoud Abbas était toujours son partenaire pour la paix, qu’il ne fallait pas de conditions préalables mais que les Palestiniens devaient avant tout reconnaître le caractère juif d’Israël. On a parlé d’un nouveau moratoire de deux mois mais hier, le Premier Ministre a assuré que « les implantations n’influenceraient pas la forme de la carte de la paix. »
 
Ces déclarations ont beau être contradictoires entre elles, aucune n’est ni vraiment fausse ni entièrement vraie. Elles procèdent de l’occupation du terrain médiatico-politique. Une sorte de « Tu causes, tu causes » en attendant que les choses sérieuses reprennent. Car, pour l’heure, tout est suspendu au résultat des élections de « mid term » du 2 novembre prochain. Des majorités qui se dégageront tant à la Chambre des Représentants qu’au Sénat des Etats-Unis et de ce que fera alors le Président .
 
Les Israéliens espèrent que son parti, les Démocrates, perdra et que Barack Obama. sera trop affaibli pour exercer de vraies pressions sur eux. Les Palestiniens rêvent, bien sûr, du contraire. Sauf que la situation n’est pas aussi simple. S’il gagne, le Président Obama peut aussi mettre en veilleuse un dossier qui pourrait hypothéquer sa propre réélection. S’il perd, il a aussi le choix de jouer son va-tout : il fait l’impasse sur une partie du vote juif et tente d’être réélu comme celui qui aura enfin imposé la paix dans cet interminable conflit…
 
En attendant, les seuls à agir de manière claire et conséquente avec leurs idées, sont les colons israéliens. Ils construisent à tout va en Cisjordanie en partant du principe que ce qui est pris n’est plus à prendre. Que cela puisse compromettre les négociations voire déboucher sur un conflit potentiellement incontrôlable ne les soucie guère : la paix n’est de toutes façons pas inscrite dans leur agenda.
 

 
 

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