Etats-Unis/Israël

La position absurde de l'administration Trump sur les colonies israéliennes

Mardi 19 novembre 2019 par Nicolas Zomersztajn

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a déclaré ce lundi 18 novembre que les Etats-Unis ne considèrent plus les colonies israéliennes en Cisjordanie comme contraires au droit international. Une déclaration que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a évidemment saluée.

Colonie de Neve Daniel

Jusqu’à l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les Etats-Unis ont toujours considéré que les colonies israéliennes en Cisjordanie créaient une réalité sur le terrain qui rend impossible une solution à deux Etats. Telle est la ligne rouge que les présidents américains avaient déterminée.

Depuis la campagne électorale de 2016, Donald Trump a multiplié les déclarations laissant entendre que la question des colonies israéliennes en territoires palestiniens ne lui posait pas le moindre problème. Il annonçait même que lui et son gendre Jared Kushner concocteraient un « deal » inédit n’ayant aucune conséquence sur ces colonies.

« Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique, (nous concluons que) l'établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n'est pas en soi contraire au droit international », a déclaré Mike Pompeo à des journalistes au Département d'Etat.

Cette décision sans portée juridique a été unanimement condamnée par la communauté internationale.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est immédiatement réjoui de cette décision de l'administration de Donald Trump, qui « corrige une erreur historique », a-t-il déclaré.

Cette décision n’offre aucune perspective d’avenir aux Palestiniens qui voient les Etats-Unis, une des seules puissances capables d’imposer une solution au conflit, se ranger inconditionnellement derrière la politique contestable menée par le Likoud et l’extrême droite israélienne. Les risques d’embrasement ne sont donc absolument pas écartés.

Ces colonies israéliennes sont illégales et constituent un obstacle majeur à la pacification des relations entre Israéliens et Palestiniens.

Pour tous les Juifs attachés à Israël et à son existence, cette décision absurde ne corrige rien du tout. Approuvant la politique annexionniste de Benjamin Netanyahou et ses alliés nationalistes religieux, cette décision n’offre en réalité aucune garantie sécuritaire à Israël. Bien au contraire, elle met en danger le caractère juif et démocratique d’Israël en liant le sort des Israéliens à celui des Palestiniens dans un rapport de dominants à dominés, d’occupants à occupés. Bref, une situation très éloignée du rêve sioniste.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par ezekiel - 19/11/2019 - 11:10

    Permettez moi de poser la question de savoir qui a la position la plus absurde : le Président Trump ou le Rédac Chef du Regards ?

    Quant à moi je fais partie des personnes très attachées à l'Etat d'Israël et à son existence ce qui ne m'empêche pas de considérer la position américaine comme parfaitement correcte.

  • Par Willy Wolsztajn - 19/11/2019 - 22:26

    Je vois que l'ami Ezekiel, toujours vaillant au poste, nous ressert sa ritournelle ;-)

  • Par Samuel - 20/11/2019 - 8:32

    Je ne savais pas que ce site était un donneur de leçon et était là pour juger des décisions politiques américaines.

    En vous lisant je suis d'accord avec Ezekiel. Je pense que votre position est absurde au contraire de celle exprimée par les Etats Unis.

    Et si vous vous occupiez plutôt de l'incapacité de nos politiques à former un gouvernement ? Ca je le comprendrais.

  • Par winandy - 20/11/2019 - 8:35

    Article parfaitement lucide. Cette décision enterre encore plus un quelconque espoir de paix. Un jour les enfants d'Israël se demanderont pourquoi , leurs aînés n'ont pas été capables de leur assurer un avenir de paix. Légitimer envers et contre tout l'occupation du terrain du voisin et de sa maison sera la meilleure façon de rester en guerre encore pour des générations. Dieu sait si je plaide pour la défense et l'existence d'Israël , mais ces colonies sont un cancer...

  • Par Amos Zot - 20/11/2019 - 10:28

    Parler de risque d'embrasement suite à la décision de Trump alors qu'Israël a subi plus de 500 missiles ou roquettes sur sa population civile au cours des derniers jours et passer sous silence que les représentants Palestiniens ne s'entendent pas entre eux et ont refusé les propositions israéliennes de remettre +- 100% des territoires contestés ( 95 plus 5) dont une partie de Jérusalem est soit de l'humour à la Dieudonné soit les conséquences de l'ingestion de substance illicite.
    Parler de colonisation par Israël de Jérusalem et de la Judée-Samarie comme s'il s'agissait de la colonisation du Congo par la Belgique est tout aussi fantaisiste.
    Si un référendum devait s'organiser sur les propositions de Barack ou Olmert pour la création d'un Etat palestinien, il y aurait une majorité en Israël et même une majorité parmi les Juifs israéliens. C'est du côté palestinien que cela bloque en raison de l'éducation à la haine depuis des décennies, on sait très bien qu'il est très difficile de résister au rouleau compresseur de la désinformation même parfois pour des professeurs juifs d'Université donc certainement aussi pour le Palestinien lambda . Le vrai problème qui empêche ou complique à l'extrême le règlement du conflit est l'absence de régime démocratique à Gaza et Ramallah.
    Je constate que vous critiquez souvent Trump et Netanyahu qui sont des dirigeants de 2 grandes nations démocratiques et qu'on ne vous entend quasi jamais pour critiquer les dizaines de dictateurs ni les double standards à l'encontre d'Israël venant des démocraties européennes.

  • Par ezekiel - 20/11/2019 - 11:06

    Amos,

    Vous avez parfaitement raison mais semblez ignorer que le core business de ce site est la critique du premier ministre israélien.

    Les rédacteurs seront au chômage si Mr Netanyahou ne devait plus être le prochain premier ministre.

    E.M.

  • Par Willy Wolsztajn - 20/11/2019 - 12:20

    On ne peut échapper au fait que la Cisjordanie / Judée-Samarie est peuplée d’environ 3 millions de Palestiniens (données fin 2017, citées par The Times of Israël). On peut aussi pinailler à l’infini, comme certains font, quant à savoir depuis quand les Palestiniens se considèrent comme tels. En attendant, c’est aujourd’hui le cas. Ils cultivent un nationalisme pointu, lequel est foncièrement un antisionisme en action. Ils portent en eux la haine d’Israël. Comme les nationalistes israéliens, ils pensent eux aussi que la terre leur appartient de la mer au Jourdain. Et ils sont là pour rester. Ils ont retenu la leçon de 1948. Que faire d’eux ? Les boucler indéfiniment ? Les expulser ? Les liquider ? Ces crimes portent chacun un nom.

    Il n’existe aucun autre choix sensé, rationnel, que de négocier un Etat palestinien souverain et démilitarisé sur la Cisjordanie / Judée-Samarie et Gaza. C’est la seule manière pour Israël de se débarrasser du fardeau palestinien. Il n’est du reste pas certain que les Palestiniens eux-mêmes veuillent d’un tel Etat aux côtés d’Israël. Car nombre d’entre eux le souhaitent à la place d’Israël. Il faudra donc leur forcer la main. C'est une lourde erreur de sous-estimer et mépriser l’ennemi. Cela expose à de cuisantes déconvenues.

    Voilà pour mettre en contexte les déclarations de Pompeo / Trump. Trump poursuit et accentue la sortie américaine du Moyen-Orient entamée par Obama. Il se trouve en campagne électorale permanente. Les déclarations de Pompeo sur les implantations visent à satisfaire, non Israël mais l’électorat évangéliste de Trump, des chrétiens sionistes aux dogmes millénaristes. Pour eux soutenir le plein établissement d’Israël correspond à suivre le plan et la volonté de Dieu (et la conversion finale des Juifs). On devrait se méfier des soutiens claironnés par Trump. Voir sa trahison des Kurdes. Israël risque à son tour de se retrouver seul face à son destin. Et aux Palestiniens.

  • Par Ezekiel - 20/11/2019 - 19:52

    Willy
    Ainsi vous relevez mes "ritournelles"
    A mon tour de relever les ritournelles du cclj et de son allié l ambassadeur déchu Barnavi qui consistent à constamment critiquer le gouvernement légitime de l état d Israël
    E.M.

  • Par Daniel Donner - 21/11/2019 - 11:04

    "Ces colonies israéliennes sont illégales et constituent un obstacle majeur à la pacification des relations entre Israéliens et Palestiniens."

    Faire des affirmations est facile, repeter celles des autres aussi.
    Quelqu'un peut-il me citer les articles du droit international auxquels font allusion ceux qui affirment qu'Israel le viole?

  • Par Samuel - 21/11/2019 - 13:00

    Daniel,

    Les adorateurs du CCLJ peuvent chercher longtemps : aucun article du droit international ne confirme le caractère illégal des colonies implantées en Judée Samarie. Ce n 'est que de l'antisémitisme déguisé en antisionisme qu'il s'agit avec la complicité directe ou indirecte de juifs de la diaspora.
    C'est honteux de leur part.

  • Par Yves - 22/11/2019 - 17:43

    Je ne sais pas si cette position est si absurde que ça.

    Bien sûr, il vaudrait mieux tant pour des raisons humanitaires que démographique et stratégiques que cette colonisation s'arrête. Il s'agit à la fois de mettre un terme à une situation intenable et d'éviter de s'acheminer vers un État qui finira, si les choses se poursuivent ainsi par être dominé démographiquement et donc politiquement par les Arabes (que peut-il arriver d'autre en cas d'annexion des territoires concernés ?)

    Il n'en résulte pas pour autant qu'il faille accepter cette espèce de consensus qui voudrait que les territoires concernés puissent être considérés comme un État occupé. Une telle position est très discutable (même si elle est communément admise). Il n'y a jamais eu d'Etat palestinien réellement indépendant et on voit donc mal comment cet "État" dont les Palestiniens ont eux-mêmes refusé la création il y a 70 ans, aurait pu être occupé.

    Au contraire, en refusant la création de son État, la partie palestinienne l'a laissée aux mains des créateurs du Foyer national juif et c'est la Jordanie qui l'a ensuite envahie et l'a occupée jusqu'à sa libération en 1967.

    Cela peut sembler du "chipotage" si on est en faveur de la création d'un Etat palestinien dans ces territoires (la seule solution pragmatiquement et humainement raisonnable). Il y va pourtant d'un argument essentiel quand il s'agira de négocier le statut de Jérusalem.

    Accepter la rhétorique des "territoires occupés" telle qu'elle est promue par les juristes mal inspirés des Nations Unies, c'est accepter par avance de diviser Jérusalem.