La paix doit triompher

Mardi 5 octobre 2010 par David Susskind, président d'honneur du CCLJ

Nous nous trouvons en pleine semaine de la fête des cabanes. Selon la tradition juive, le repentir sur soi-même a commencé avec Rosh Hashana et se termine par la fête de Souccot, qui met fin à plus de quatre semaines de festivités dans le peuple juif. Rosh Hashana, Yom Kippour, jour du Grand Pardon, et maintenant la fête des cabanes… Ces festivités se terminent par la fête de Simha Torah, fête de la joie du savoir juif qui se célèbre par des danses et des chants traditionnels.
 
Hasard de calendrier, nous vivons pendant cette période exceptionnelle, des dates exceptionnelles. Pour la première fois, un Président des Etats-Unis a dans son discours aux Nations Unies parlé essentiellement du problème de la paix au Moyen-Orient. Les événements qui s’y déroulent vont en effet peut-être influencer le futur proche.
Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne, menace de se retirer des pourparlers si l’on ne maintient pas le moratoire sur les implantations. On pourrait le comprendre. Mais on peut comprendre aussi l’énergie déployée par Barak Obama pour essayer de forcer les deux côtés à reprendre le chemin de la raison. Pour l’un, de prolonger le moratoire sur la construction des implantations. En effet, les neuf mois d’arrêt d’extension des implantations proposés par Benjamin Netanyahou viennent de se terminer et déjà de nombreux colons se précipitent pour entamer de nouvelles constructions, réduisant la possibilité de bâtir un Etat palestinien indépendant et viable. La même chose du côté palestinien. Menacer de quitter les pourparlers quand on tente de les maintenir depuis des années n’est pas très réaliste. Qui cela fait-il gagner ?
Quand on continue de construire de nouvelles implantations ou de développer les anciennes, c’est au détriment des deux côtés. Barak Obama annonce publiquement que l’année prochaine, nous fêterons l’entrée de la Palestine aux Nations Unies comme un Etat indépendant. Son optimisme peut se traduire comme une volonté de mettre fin à ce conflit qui dure depuis qu’Israël existe.
Nous, spectateurs, ne pouvons que déplorer toutes les menaces et tous les actes qui empêchent l’autre d’accepter le principe même de la discussion, qui empêchent l’autre d’exister. Si je continue à développer les Territoires, où vais-je mettre la Palestine ? Si je menace de quitter les pourparlers, par quoi est-ce que je les remplace ? Comme d’habitude, je pense que la raison doit primer. Qu’on discute jusqu’au bout. Quand on discute, on ne se bat pas. Le temps est venu que s’établisse sur le territoire de la Palestine historique un Etat palestinien pacifique, dans la paix et la justice avec l’Etat d’Israël. Quel rêve aurons-nous si nous ne pouvons dire avec certitude: « l’an prochain la paix au Moyen-Orient ». Ce sera une victoire pour les Etats-Unis, une victoire pour le peuple palestinien et pour le peuple israélien. Nous, Juifs, ne sommes pas neutres dans le conflit. Notre seul intérêt serait que s’établisse enfin la paix, deux peuples deux Etats. On ne le dira jamais assez et on ne le répétera jamais trop. Bonne fête à tous !
 
N.B. Tandis que j’écris cet article, un bateau avec quelques dizaines de pacifistes juifs d’Europe et d’Israël fait route depuis Chypre vers Gaza. C’est clair qu’ils n’y arriveront pas, qu’ils ne se battront pas, mais il faut dire bravo à ces capitaines courageux. La lutte pour la paix n’a pas de limite. Un jour, on dira : « Ils ont rêvé et ils ont réussi ». Et la réussite jaillira sur tous les peuples de la région.

 
 

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