Israël

Ouverture du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahou

Dimanche 24 mai 2020 par AFP

Une nouvelle page s’est ouverte ce dimanche en Israël avec le début du procès de Benjamin Netanyahou qui devient ainsi le premier chef de gouvernement de l'histoire du pays à faire face à des accusations criminelles, de corruption, au cours de son mandat. Mais à peine ouvert, le procès vient de se voir ajourné... au 19 juillet 2020.

 

Après 17 mois d'une crise électorale au cours de laquelle il a joué sa « survie politique », M. Netanyahou était attendu au tribunal du district de Jérusalem pour une nouvelle bataille, judiciaire cette fois, afin d'éviter la prison et de blanchir sa réputation.

Avant lui, Ehoud Olmert, ancienne étoile du Likoud, son parti, avait déjà été inculpé pour corruption, mais après avoir démissionné de son mandat de Premier ministre. Olmert avait été reconnu coupable d'avoir touché des pots-de-vin avant de passer 16 mois en prison.

Benjamin Netanyahou, 70 ans, est accusé d'avoir reçu pour 700.000 shekels (180.000 euros) de cigares, champagne et bijoux de la part de personnalités richissimes en échange de faveurs financières ou personnelles.

Selon les enquêteurs, M. Netanyahou aurait aussi tenté de s'assurer une couverture favorable par le plus grand quotidien payant d'Israël, le Yediot Aharonot.

Et surtout, la justice le soupçonne d'avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de la société israélienne de télécommunications Bezeq en échange d'une couverture médiatique favorable d'un des médias du groupe, l'influent site Walla.

Des trois affaires pour lesquelles Benjamin Netanyahou sera jugé, c'est cette dernière qui est la plus explosive, mais peut-être aussi la plus complexe.

Comment prouver des faveurs médiatiques ? « Ce n'est pas simplement offrir une couverture favorable (à Netanyahou), avoir dit de bonnes choses à son propos (...) mais lui accorder un contrôle éditorial total sur les textes et les photos spécifiques », explique Amir Fuchs, chercheur à l'Institut démocratique d'Israël, centre de recherche à Jérusalem.

Après des mois de suspense, le procureur général Avichaï Mandelblit a inculpé M. Netanyahou en novembre 2019, ce qui avait été considéré alors comme un « arrêt de mort politique » par ses détracteurs.

Mais « Bibi » a réussi à se maintenir à la tête de son parti, à terminer en première place aux dernières législatives, à négocier un accord de partage de pouvoir avec son rival Benny Gantz et, ainsi, à rester Premier ministre.

Son procès devait s'ouvrir mi-mars, mais la pandémie de Covid-19 a repoussé l'échéance au 24 mai.

Les avocats de M. Netanyahou avaient demandé à ce qu'il n'ait pas à se présenter à l'ouverture dimanche après-midi (14h en Belgique) d'un procès qui pourrait s'étirer sur plusieurs mois, voire des années en incluant de possibles appels.

Mais le tribunal a confirmé ces derniers jours que le Premier ministre devait être présent à l'audience, même si celle-ci reste technique, avec au programme la lecture des actes d'accusation. « Une personne ne peut être jugée pour des allégations criminelles qu'en sa présence », ont insisté les magistrats.

En Israël, le Premier ministre ne dispose d'aucune immunité judiciaire mais, à la différence des autres élus et des fonctionnaires, il n'a pas à démissionner ou à se retirer le temps de son procès.

Après une heure d'audience ce dimanche, au tribunal du district de Jérusalem, le procès a été ajourné.

Les avocats du Premier ministre ont demandé plusieurs mois pour étudier les éléments de preuve retenus contre lui, alors que le parquet a demandé à ce que des témoins puissent être rapidement entendus.

La séance a été ajournée au 19 juillet 2020.

Le principal intéressé plaide son innocence, dénonce un complot ourdi par la justice contre lui mais pourrait aussi, à tout moment d'ici le verdict, « négocier une peine » avec le procureur comme l'y autorise le droit israélien.


 
 

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  • Par Anny4bnny4 - 24/05/2020 - 15:05

    Il negociera une peine,apres avoir fait trainer les debats un max.