Au CCLJ

Juger Eichmann

Jeudi 5 mai 2011 par Véronique Lemberg

Dans un documentaire réalisé avec Annette Wieviorka, Michaël Prazan retrace l’histoire du procès Eichmann. Il met en lumière le poids historique des témoignages, le retentissement médiatique du procès et le positionnement des intellectuels autour du personnage d’Eichmann, de son rôle et de ses responsabilités.

 
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    Qui detient l’information sur la localisation d’eichmann en argentine ? C’est un magistrat juif allemand, fritz bauer, qui transmet l’information au mossad. Cet homme est interessant. Il revient en allemagne apres la guerre et reintegre la magistrature essentiellement pour traquer les anciens nazis. Il retrouve la trace d’eichmann en argentine grace a sylvia hermann, une jeune allemande de buenos aires qui a un certain klaus eichmann comme petit ami. Cela eveille les soupçons du pere de sylvia, lothar hermann, d’origine juive. Celui-ci sera le premier a identifier ricardo klement comme etant adolf eichmann. Il communique l’information au juge bauer qui s’efforce alors de convaincre les israeliens de l’identifier avec certitude, de l’enlever et de le juger. Bauer transmet l’information au mossad en raison de sa defiance a l’egard de l’appareil judiciaire allemand encore largement compose d’anciens nazis.

    Mais les Israéliens se montrent plutôt réticents… Il est vrai que la capture d’Eichmann n’est pas la préoccupation prioritaire des services de renseignement israéliens, même s’ils ont dressé une liste de criminels nazis qu’Israël entend juger. A cette époque, le Mossad, dirigé par Isser Harel, s’intéresse surtout à l’Egypte de Nasser. La priorité est accordée à la sécurité d’Israël, et non à la chasse aux anciens nazis. Suite au renseignement communiqué par Fritz Bauer, Isser Harel envoie un agent à Buenos Aires, mais il ne trouve rien. Les recherches sont interrompues, et c’est un agent du Mossad d’origine allemande, Zvi Aharoni, ayant perdu toute sa famille dans la Shoah, qui fait pression sur Isser Harel pour reprendre l’enquête en Argentine. Il suit la piste de Klaus Eichmann et remontera jusqu’à son père Adolf dans la banlieue de Buenos Aires. Grâce aux photos qu’il prend de Ricardo Klement, le Mossad peut enfin l’identifier avec certitude comme étant Adolf Eichmann. A partir de ce moment-là, Isser Harel constitue un commando, dont il fera partie, pour capturer Eichmann.

    Le procès d’Eichmann à Jérusalem est-il vraiment le « Nuremberg du peuple juif », comme l’affirmait David Ben Gourion ? Oui. Pour la première fois, un procès permet de faire le récit du génocide des Juifs. Toutes les étapes de la Shoah, des premières persécutions jusqu’aux marches de la mort, en passant par les tueries des Einsatzgruppenet les centres d’extermination, sont évoquées. L’histoire de la Shoah est admirablement bien racontée. Les archives sont nombreuses et surtout, pour la première fois, des rescapés viennent faire le récit du génocide en témoignant de leur expérience. Ces 111 témoins abordent également les différentes étapes et les nombreux rouages du génocide. Jusqu’au procès Eichmann, en 1961, la Shoah apparaissait seulement comme une circonstance aggravante de la criminalité nazie. Ce procès fait de la Shoah un événement en tant que tel et lui attribue un récit autonome. Et ce récit émerge avec la parole du rescapé qui est entendue pour la première fois.

    Quel est l’impact du procès Eichmann ? Il est double. Du point de vue israélien, il met fin à l’isolement des rescapés de la Shoah au sein de la société israélienne. Jusqu’à ce procès, la présence de ces rescapés contrarie l’image conquérante d’Israël véhiculée par l’ethos national. Un fossé important existe entre les Sabras et ces rescapés. La présence de ces derniers est ressentie comme une honte pour Israël et non comme un objet de compassion et de mémoire. Le procès Eichmann bouleverse complètement cette vision en inscrivant la Shoah dans le patrimoine génétique d’Israël. Et du point de vue international, ce procès est l’occasion pour Ben Gourion de montrer au monde entier l’importance et la centralité d’Israël dans l’héritage de la Shoah.


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Svetlana - 14/05/2011 - 15:49

      le proces d'Eichmann était certes justifié........***.D'accord a 100% ***..mais cela lui a fait trop d'honneur...............et il a été plus

      difficile aprés de retrouver les * assassins nazis* et de les supprimer,certains sont rester impunis,d'autres ont reussis en se

      cachant mieux de gagner quelques années supplémentaires de *survie*

      son arrogance au tribunal a été **ECOUERANTE** PAS UN SEUL INSTANT IL A MARQUÉ DE REGRET ,SAUF CELUI DE NE

      PAS AVOIR TERMINÉ SON TRAVAIL************************ TRAGIQUE .