Israël/Monde arabe

Des dirigeants irakiens prônent la normalisation entre l'Irak et Israël

Dimanche 26 septembre 2021 par AFP et la Rédaction

Plus de 300 Irakiens dont des chefs tribaux ont plaidé pour une normalisation avec Israël lors d'une conférence organisée par un think tank américain au Kurdistan d'Irak, premier appel du genre qui a déclenché samedi des condamnations en cascade.

Sans surprise, la présidence de l'Etat irakien, le gouvernement central de Bagdad et des factions politiques ont fustigé le colloque, organisé vendredi soir par le Center for Peace Communications (CPC), think tank new-yorkais engagé sur le dossier de la normalisation entre Israël et les pays arabes.

Le Kurdistan, une région autonome dans le nord de l'Irak, entretient de bons rapports avec Israël. En revanche, les autorités fédérales à Bagdad et les factions politiques alliées de l'Iran, pays ennemi de d’Israël, sont opposées à une ouverture en direction d'Israël.

Les quelque 300 participants, sunnites et chiites, réunis à Erbil, capitale du Kurdistan, sont venus «de six gouvernorats -Bagdad, Mossoul, Salaheddine, Al-Anbar, Diyala et Babylone », a indiqué à l'AFP le fondateur du CPC, Joseph Braude, expert américain d'origine juive irakienne. « Il y a aussi des chefs de tribus de ces gouvernorats, des intellectuels, des écrivains », a précisé Braude, joint par téléphone par l'AFP. « Nous demandons notre intégration aux accords d'Abraham. Tout comme ces accords prévoient des relations diplomatiques entre les signataires et Israël, nous aussi nous voulons des relations normales avec Israël », selon le communiqué de clôture, lu par une intervenante, Sahar al-Taï, directrice de recherches au ministère de la Culture à Bagdad. "Aucune force n'a le droit de nous empêcher de lancer un tel appel", a précisé cette intervenante, qui s'est présentée en sa qualité de présidente d'une ONG féministe.

Sous l'égide de Washington, les "accords d'Abraham" ont été signés en 2020 pour normaliser les relations entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn. Le Maroc et le Soudan avaient suivi.

Parmi les intervenants irakiens, un ex-général et un chef des "Sahwa", milices tribales ayant combattu les djihadistes avec le soutien de Washington. L'Israélien Chemi Peres, fils du défunt président Shimon Peres, s'est exprimé lors du colloque par vidéo.

Ces dernières décennies, plusieurs dirigeants du Kurdistan irakien se sont rendus en Israël et des hommes politiques kurdes ont réclamé ouvertement une normalisation avec ce pays. En 2017, Israël avait soutenu les Kurdes d'Irak qui avaient organisé un référendum d'indépendance controversé.

A Bagdad, le gouvernement central a dénoncé une "réunion illégale" à Erbil, qui "ne représente pas (l'opinion) des populations et des habitants des villes irakiennes".

La présidence de l'État dirigée par le Kurde Barham Saleh a également condamné l'appel à la normalisation. Le puissant leader chiite Moqtada Sadr, à l'influence politique décisive, a lui appelé le gouvernement à "arrêter tous les participants". Et l'un des députés du groupe parlementaire du Hachd al-Chaabi, les ex-paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces régulières, a dénoncé un "acte criminel".

"Tous ceux qui ont organisé et participé à cette réunion sont des traîtres aux yeux de la loi, ils doivent être jugés et recevoir la plus sévère des sanctions", a écrit Ahmed Assadi sur les réseaux sociaux.

Le ministère de la Culture et des Antiquités a aussi condamné l'évènement, assurant que Sahar al-Taï, qui faisait partie des intervenants, ne parlait pas au nom du ministère. "Elle n'a pas de statut lui permettant de s'exprimer au nom du ministère, elle a participé au colloque en sa qualité de membre d'une organisation", selon le communiqué.


 
 

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  • Par Emma - 27/09/2021 - 13:13

    Sans surprise comme vous l écrivez très justement
    Il n y a rien à attendre de ces dirigeants qui ne veulent qu une seule à savoir la disparition de l etat juif
    Moi vivant cela n arrivera pas

    Emma