Assassinat d'Yitzhak Rabin, 25 ans déjà

Le dernier discours prononcé par Yitzhak Rabin

Mardi 3 novembre 2020

Il y a 25 ans, le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin était assassiné par Yigal Amir, un militant nationaliste religieux. Cet assassinat politique précédé d’une campagne de haine a été commis à l’issue d’une manifestation pour la paix en soutien aux Accords d’Oslo.

Yitzhak Rabin prononce son dernier discours avant d'être abattu.

Voici le dernier discours qu’Yitzhak Rabin a prononcé ce soir-là devant les centaines de milliers de manifestants venus le soutenir dans son combat pour la paix.

J’ai toujours pensé qu’une majorité du peuple aspirait à la paix et était prête à prendre des risques pour elle. En venant ici ce soir, vous démontrez, ensemble avec de nombreux autres qui ne sont pas venus, que le peuple désire sincèrement la paix et s’oppose à la violence. La violence s’attaque à la base de la démocratie israélienne. Elle doit être condamnée et isolée. Ce n’est pas la voie de l’Etat d’Israël. Dans une démocratie, il peut y avoir des désaccords, mais la décision finale sera tranchée par des élections démocratiques, comme celles de 1992 qui nous ont donné un mandat pour faire ce que nous faisons, et pour continuer dans cette direction.

Je voudrais dire que je suis fier du fait que des représentants des pays avec lesquels nous vivons en paix soient présents avec nous ce soir, et continueront à l’être : l’Egypte, la Jordanie et le Maroc, qui nous ont ouvert la route vers la paix. Je voudrais remercier M. le président de l’Egypte, le roi de Jordanie, et le roi du Maroc, représentés ici ce soir, pour avoir été des partenaires dans notre route vers la paix. Mais, plus que tout autre chose, depuis un peu plus de trois ans que ce gouvernement est en place, le peuple israélien a prouvé qu’il est possible de faire la paix, que la paix ouvre la porte à une économie et a une société meilleures, que la paix n’est pas seulement une prière. La paix est d’abord dans nos prières, mais elle constitue aussi l’aspiration du peuple juif, une aspiration sincère à la paix.

La paix a des ennemis qui tentent de nous atteindre, pour torpiller le processus de paix. Je voudrais dire sans détour que nous avons trouvé chez les Palestiniens aussi un partenaire pour la paix : l’OLP, qui était notre ennemi, et qui a cessé de s’impliquer dans le terrorisme. Sans partenaires pour la paix, il ne peut y avoir de paix. Nous exigerons qu’ils accomplissent leur part du travail, comme nous accomplirons la nôtre, pour la paix, afin de résoudre l’aspect du conflit israélo-arabe le plus complexe, le plus long, et le plus chargé en émotions : le conflit israélo-palestinien.

Il s’agit d’un parcours semé de difficultés et de douleur. Pour Israël, il n’est pas de chemin qui soit sans douleur. Mais la voie de la paix est préférable à celle de la guerre. Je vous dis cela en tant qu’ancien soldat, en tant que ministre de la Défense qui connaît la douleur des familles des soldats. Pour elles, pour nos enfants, et dans mon cas, pour mes petits-enfants, je veux que ce gouvernement exploite chaque ouverture, chaque occasion de promouvoir et de parvenir à une paix totale. Même avec la Syrie, la paix sera possible.

Cette manifestation doit envoyer un message au peuple israélien, au peuple juif partout dans le monde, au monde arabe et en fait au monde entier : le peuple israélien veut la paix, il soutient la paix.

Pour tout cela, je vous remercie


 
 

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