« Grand-Israël »

Le contre-exemple libanais

Mercredi 27 octobre 2010 par O.W.

 
L’idée d’un Etat « binational », un « Grand Israël » intégrant d’une façon ou d’une autre les Palestiniens de Cisjordanie, commence à séduire l’extrême droite israélienne. Ce serait, espèrent-ils, la moins mauvaise solution puisqu’elle éviterait la création d’un Etat palestinien et laisserait la Cisjordanie ouverte aux Juifs.
 
Dès les années 1980, le fantasme du « Grand Israël » révulsait déjà l’ancien ministre des Affaires étrangères Abba Eban (1915-2002). Celui qui fut sans doute le plus brillant des diplomates israéliens -du temps où Israël avait encore une diplomatie- rejetait l’idée en utilisant le contre-exemple libanais.
 
Il expliquait qu’en 1920, lorsque les Français reçurent un « mandat » sur la Syrie et le Liban actuels, ils cherchèrent à renforcer en priorité leurs alliés naturels, les chrétiens maronites. Ceux-ci étaient alors regroupés dans la région du  Mont-Liban où ils étaient majoritaires à 80 % (les 20 autres % étant des Druzes). Les Français leur proposèrent soit d’ériger cette région en Etat soit de l’étendre pour former un « Grand Liban ».
 
Les Maronites choisirent la seconde solution et s’agrandirent donc jusqu’aux frontières actuelles du pays. Mais, même s’ils dominaient les structures politiques de la nouvelle nation, leur majorité était tombée à 55% de la population totale, le reste étant chiite, sunnite, etc. Et, concluait Eban, lorsque la guerre civile éclata en 1975, les chrétiens ne représentaient plus que 35% des Libanais. On connaît la suite…

 
 

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