Élections israéliennes

Benny Gantz en appelle à la fin de l'ère Netanyahou

Lundi 2 mars 2020 par AFP

Benny Gantz, le principal rival de Benjamin Netanyahou aux élections législatives qui se déroulent ce lundi en Israël, a appelé ses concitoyens à mettre fin à leurs divisions et à tourner la page de l'ère Netanyahou.

 

"J'espère que ce jour marquera le début d'un processus de guérison. Il est temps pour nous d'être plus unis à nouveau (...) Aujourd'hui, nous allons changer de disque, mettre fin aux dérapages, aux mensonges et à la manipulation", a déclaré M. Gantz après avoir voté dans la ville de Rosh Haayin, au centre du pays.

L'ancien chef d'état-major de l'armée, à la tête du parti centriste Kahol Lavan (Bleu Blanc), a appelé la population à voter en masse et s'est engagé à respecter les résultats de cette troisième élection en moins d'un an qui s'annonce encore âprement disputée.

Les derniers sondages placent le Likoud de Benjamin Netanyahou, inculpé depuis novembre pour corruption dans une série d'affaires, et le parti de M. Gantz à une quasi égalité numérique, d'où l'importance des résultats de leurs alliés respectifs.

Le Likoud mise sur de bons résultats des partis ultra-orthodoxes et de la droite radicale, tandis que la formation Bleu Blanc mise sur la gauche, pour rallier chacun une majorité au Parlement. La formation nationaliste laïque Israel Beitenou de l'ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman reste quant à elle non alignée et pourrait s'imposer comme le "faiseur de roi".

« J'appelle la majorité silencieuse à voter. Il y a un choix important à faire entre un Etat religieux et notre parti laïque », a déclaré M. Lieberman après avoir voté dans sa colonie de Nokdim.

Troisième round électoral en moins d'un an

L'heure de vérité sonne en effet ce lundi en Israël avec les troisièmes législatives en moins d'un an, qui pourraient mettre fin à la plus importante crise politique du pays et sceller le sort du Premier ministre Benjamin Netanyahou, inculpé pour corruption.

Après des élections en avril et en septembre 2019 n'ayant pas réussi à départager le Likoud (droite) de M. Netanyahou et la formation centriste Kahol Lavan ("Bleu-blanc") de Benny Gantz, les citoyens de l'Etat hébreu sont chargés de boucler ce triathlon politique.

Une chose a changé depuis le dernier scrutin: l'inculpation de Benjamin Netanyahou, devenu en novembre le premier chef de gouvernement israélien en fonction à être mis en examen, et de surcroît pour corruption, malversations et abus de confiance.

L'inculpation de M. Netanyahou, qui joue son avenir politique à deux semaines du début de son procès le 17 mars, n'a pas causé de fléchissement de ses soutiens au sein du Likoud, selon les derniers sondages. Ceux-ci prévoient une nouvelle lutte serrée avec M. Gantz, qui pourrait se jouer à un ou deux sièges près.

Quelque 6,4 millions d'électeurs sont conviés pour ce scrutin qui a débuté à 7h locales (6h heure belge) et doit s'étirer jusqu'à 22h (21h HB).

D'après les derniers baromètres, ni le Likoud ni "Bleu-blanc" ne peuvent espérer plus d'une trentaine de sièges sur les 120 du Parlement, d'où l'importance des résultats de leurs alliés et de formations non alignées pour ce scrutin, dont la grande inconnue demeure le taux de participation.

M. Netanyahou compte sur l'appui des formations juives ultra-orthodoxes du Shass, cooptant une partie importante des voix séfarades (juifs orientaux), du Judaïsme unifié de la Torah, qui s'adresse principalement aux orthodoxes ashkénazes (d'Europe de l'Est), et de la liste Yamina (droite radicale) de l'actuel ministre de la Défense Naftali Bennett.

De son côté, "Bleu-Blanc" mise sur le soutien des partis de gauche -réunis au sein d'une liste unique- et pourrait bénéficier d'un appui ponctuel de la "Liste unie" des partis arabes israéliens. Ces derniers avaient provoqué la surprise en septembre en gravissant la troisième marche du podium et aimerait aller encore plus loin.


 
 

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