Coronavirus

La communauté juive ouvre une hotline d'entraide

Vendredi 27 mars 2020

 
Le communauté juive a ouvert une hotline d'entraide: (courses, médicaments, etc).
Le n° d'appel est le 02 319 82 51
Il s'agit d'identifier les besoins;
Informer sur les problèmes communautaires;
Informer sur les ressources communautaires.
Attention : la hotline comunautaire n'a pas vocation à se substituer aux informations étatiques. Numéro vert officiel : 0800.14689

 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Roland Douhard - 6/04/2020 - 16:35

    Pour une pensée commune !

    Accepter d'abandonner une part de nous-même pour mieux vivre en soi et avec autrui ! 05 avril 2020. lecoindevue.be

    Bientôt les Juifs du monde entier vont célébrer Pessah, la Pâque juive, du 8 au 16 avril. Lundi 13 avril, les chrétiens célèbreront la fête de Pâques. Ces deux temps d’espérance marquent deux événements fondateurs. Le premier, la libération du peuple juif, à travers la fin de l’esclavagisme, la sortie d’Egypte et l’horizon d’une Terre Promise. Le second commémore la mort de Jésus sur la croix et l’espoir lié à sa « résurrection ». Cette année, les croyants et pratiquants de ces deux traditions devront vivre Pâque/Pâques dans le confinement. Ce qui sera très difficile pour les personnes seules, car Pessah comme le lundi de Pâques se célèbrent normalement en communauté et en famille. Bien au-delà des fidèles, nous avons une pensée particulière pour toutes les personnes qui n'ont pas aujourd'hui et qui n'auront pas demain auprès d'elles un autre regard pour leur dire leur affection, leur amitié ou leur amour. Leur solitude devrait nous rendre plus "présents" auprès d'elles.

    En lisant les chapitres de la Torah, que vous pouvez retrouver dans l’Ancien Testament, consacrés aux Dix plaies d’Egypte, je tombe sur ce passage: « Moïse convoqua tous les anciens d’Israël et leur dit: (…). Lorsque le Seigneur s’avancera pour frapper l’Egypte, il regardera le sang appliqué au linteau (…) et il passera au-dessus de la porte, et il ne permettra pas au fléau d’entrer dans vos maisons pour sévir. Vous garderez cette loi, comme une règle immuable pour toi et pour tes enfants ». L’Exode, XII, 21-24.

    Personnellement, je lis cette Paracha en ayant toujours à l’esprit que le Texte biblique est l'oeuvre d’êtres humains et non de Dieu, auquel je n’arrive toujours pas à croire. J’ai la faiblesse de penser que les écrits spirituels nous enseignent indifféremment, que l’on soit croyant, agnostique ou athée. Je regrette toujours que les plus incroyants, qui en font métier, rejettent en bloc et sans connaître la portée philosophique et existentielle de ces Textes. Il leur manquera toujours une fréquentation aussi fondamentale que celle des mythologies païennes ou de la philosophie des Lumières.

    Comme toujours, il faut lire en contextualisant, car un texte, surtout si il est ancien, nécessite une prise en compte de son historicité et ne peut se lire au XXIè siècle comme pendant l’Antiquité, le Moyen-Age ou le XIXè siècle. Tout texte reste toujours ouvert à une multitude d’interprétations, celles d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Aucun texte dit sacré ne peut s’affranchir du temps, de l’espace et de la situation réelle de son lecteur. C’est ainsi que ce que d’aucuns appellent la vérité n'est qu'une construction humaine qui exige humilité et tolérance. Personne ne représente à lui seul le bien et le mal est souvent un ouvrage pluriel, même si certains individus incarnent plus que tout autre le côté sombre de l’humanité.

    Pour revenir au passage de l’Exode, je comprends que le confinement, pour protéger et préserver la vie, est une règle provisoire et nécessaire en tous temps, même si elle peut nous faire souffrir. Je comprends aussi qu’il y a un temps pour tout. Avant, pendant et après. Il y aura un après, c’est certain, et là est l’espoir, car le confinement ne peut être l’emprisonnement, puisqu'il est au service de la liberté. Je comprends aussi que cet après ne pourra pas être comme l’avant, un temps où sans doute nous avons collectivement raté quelque chose, où nous sommes passés à côté de l'essentiel.

    Posons-nous donc la question: qu’est-ce qui est le plus important pour moi, mes proches et nous tous, et qu’est-ce qui ne peut plus l’être ? Il n’y a pas de réponse impérative, il n’y a pas de gourou pour nous indiquer ou imposer un chemin. Chacune et chacun me semble en mesure d’apporter à ces interrogations personnelles et éthiques les réponses appropriées et bienveillantes. Rien n’empêche ensuite de partager nos nouvelles attentes. La résilience, chère à Boris Cyrulnik, n’est-ce pas accepter d’abandonner une part de nous-même pour mieux vivre en soi et avec autrui ?

  • Par Helena Perelmut... - 6/04/2020 - 20:20

    Vous êtes formidable

  • Par Roland Douhard - 8/04/2020 - 15:37

    Merci, Helena, prenez soin de vous et de vos proches. Dommage que ce texte soit lui aussi confiné sur ce site. Pessah sameach !
    Rol