CULTURE : EXPRESSIONS YIDDISH
 
 
   
   
   
   
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Mamme louch'n - Expressions yiddish

Les outils au secours de l'homme

>> Mise en ligne le 28/4/2006

Mais qu’est-ce qui fait donc courir l’homme et le motive?
Ne cherchez pas, ce qu’il recherche, c’est la domination de ses semblables.
En mots plus clairs : le pouvoir qu’il peut -ou croit pouvoir- exercer sur eux.
Dominer un nombre plus ou moins grand, de personnes, est une sorte d’affirmation de soi-même, une manière -LA MANIERE- de justifier son existence. Les exemples abondent qui illustrent cette profonde tendance.
Au fond, ce n’est pas tant le compte en banque d’un homme qui détermine sa réussite, comme on l’a cru longtemps; c’est plutôt le nombre de personnes qu’il domine hiérarchiquement. Plus il en a, plus il est envié et plus il est satisfait. Envié, bien sûr; mais... satisfait? Pas tant que ça, car...
Une pensée le ronge, le torture insidieusement et l’empêche de jouir pleinement de son ascension : dans le même temps où il est satisfait de dominer toujours plus et malgré le fait qu’il s’élève, il reste encore le subordonné d’un chef. Ah! Qu’il lui tarde de le détrôner, celui-là! Finalement, pourquoi vouloir donc dominer tant de monde?
Ne pourrait-on puiser du réconfort, du bonheur, dans le fait de dominer une seule personne, soi-même, en l’occurrence?
Se dominer soi-même? Naïf que vous êtes!
Il est plus facile de régenter une société de mille personnes que de dominer un seul aspect de son caractère. Voilà pourquoi l’homme cherche à dominer ses semblables; se dominer soi-même, réfréner ses envies, ses pulsions, sa haine, il sait que jamais il n’y arrivera. Ou alors, si difficilement.
Bien sûr, il dira après coup, à chaque fois qu’il aura succombé : Je m’étais pourtant retenu de toutes mes forces!
Ses forces! Que valent-elles devant la tentation? Ou face à l’emportement? Ou l’envie?
Jamais il ne le pourra; jamais il ne saura comment se réfréner.
Le yiddish le sait, il sait bien que ses forces sont trop faibles, dérisoires même. Il fait alors appel à des outils, ces outils créés par l’homme lui-même pour l’aider dans ses travaux.
Aussi, le Yid choisit-il un outil pour l’assister : la tenaille. Outil puissant, décuplant l’effort, lui permettant d’atteindre des niveaux de puissance incomparables. Il dira : «I’H HOB MI’H AÏNGEHALTN MIT AÏZERNE ZVANGEN», je me suis retenu avec des tenailles en acier.
Zi’H aïnhaltn : se retenir.
Aïzer : acier.
Zvangen : tenailles.
- Ah! Voilà qui est mieux. Aussi puissamment secondé, nul doute qu’il pourra toujours se dominer.
- Se dominer? A la vérité, pas toujours.
- Pas toujours?? Mais alors, il n’est pas plus avancé.
- Mais si! Cette fois il pourra quand même s’en tirer.
Ce n’est pas lui qui est responsable : c’est l’outil! Il était de mauvaise qualité!
Moralité : un bon artisan s’en tire toujours.

 
 
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