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Bâtissons la paix
>> Mise en ligne le 3/03/2010
J’ai vu il y a déjà quelques dizaines d’années une pièce au grand théâtre de Haïfa. C’était une pièce jouée en hébreu, avec deux acteurs. L’un dit : « Il faut absolument faire la paix ». « C’est évident » dit l’autre. Alors le premier dit : « Mais avec qui ? ». L’autre lui répond : « Mais avec les Arabes ! ». - « Avec les Arabes, la paix ? Moi, je veux faire la paix avec les Hollandais ». - « Mais on n’est pas en guerre avec eux ! ». - « Justement, c’est plus facile ! ».
La situation au Moyen-Orient ressemble à cela. Le Ministre des Affaires étrangères, avec tout mon respect, continue à dire qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien à côté d’Israël. Son vice-ministre, n’en parlons même pas. Avec qui veut-on faire la paix ? L’Europe ? Elle est du côté arabe. L’Amérique ? Aussi. Peut-être avec Kinshasa. « Mais on n’est pas en guerre avec Kinshasa » dit l’autre.
Voici la situation telle que je la vois sauf que les constructions se poursuivent dans les Territoires malgré ce qu’on dit, et qu’à Jérusalem on continue à démolir les maisons de personnes qui y vivent depuis 50 ans. Alors on me demande ce que nous voulons. Nous voulons qu’Israël vive ! De là notre inquiétude permanente : si je ne veux pas discuter avec l’Autorité palestinienne, je discuterai avec le Hamas, et si je ne discute pas avec le Hamas, je discuterai avec Al-Qaida. Tout cela ne va pas. Une fois pour toutes, arrêtons de jouer au plus malin. Il faut donner à Mahmoud Abbas suffisamment de garanties pour qu’il puisse ne pas se discréditer auprès de son peuple. Le processus de paix ne peut pas être une capitulation, il doit être une concession mutuelle. On a beau le répéter, cela reste d’actualité. Ce numéro paraîtra la semaine de Pourim. Il y a eu des miracles à Pourim. Peut-être attendons qu’un miracle se produise. Il faut que cesse le Maccartisme contre ceux qui préconisent la paix dans les deux camps.
Entre Pourim et Pessah, il y a un mois. Un mois de réjouissances. Qu’on puisse transformer ce mois en un mois de réflexions et de concessions pour arriver enfin à ce que l’Europe et les Etats-Unis prennent des initiatives internationales qui mettent tous les protagonistes du Moyen-Orient autour de la table, et cessons de jouer. Bonne fête. Bonne fête de Pourim et préparons-nous à accueillir Pessah dans la liberté de tous.
N.B. J’ai une question pour vous, mes lecteurs : comment voulez-vous que Regards existe si vous ne payez pas l’abonnement ? Comment voulez-vous que le CCLJ ne soit pas en déficit si vous ne payez pas votre cotisation ? Je ne fais plus d’appel après le mois de février. Ceci est un appel parce que je ne veux pas être le shnorer éternel. Faites de ma démarche un triomphe pour notre bien à tous. Avec mon amitié.
David Susskind |
| Président d'honneur du Cclj |
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