|
Cultivons nos racines
>> Mise en ligne le 4/02/2010
Le grand dossier de ce Regards est consacré au Mensch de l’année, ou plutôt à un groupe de Mensch. On n’a, en tant que tels, pas encore suffisamment honoré ceux qui, au péril de leur vie, se sont battus les armes à la main contre l’occupant nazi. On a déjà nommé « Mensch » des résistants comme Sarah Goldberg, Rik Szyffer, Yvonne Jospa. Mais on a cette fois souhaité regrouper les « derniers survivants » d’un combat jamais assez salué. Léon Finkielsztejn, Abraham Nejszaten, Ignace Lapiower, Bernard Fenerberg et Paul Halter, nos Mensch de l’année ont tous, d’une façon ou d’une autre, sauvé des êtres humains, des enfants et risqué leur vie pour cela. Nous avons recherché des survivants juifs des Partisans armés du Front de l’Indépendance ou d’autres résistants armés pour les honorer collectivement. Chacun doit être fêté pour ce qu’il a fait et pour ce qu’il est. Nous rendons compte dans ce numéro des actes essentiels qu’ils ont accomplis, sans être exhaustifs. Il existe probablement beaucoup d’autres résistants que nous n’avons pas trouvés, mais l’hommage que nous rendons à ces Partisans armés va indirectement à tous ceux qui, au péril de leur vie -et combien l’ont payé-, ont agi contre l’occupant nazi. Aucun éloge ne pouvait être mieux trouvé que celui de « Mensch de l’année ». La remise du titre se déroulera à une date très symbolique, le 19 avril, qui n’a pas été choisie par hasard puisqu’elle correspond à la fois à celle du soulèvement du ghetto de Varsovie, et à celle de l’arrêt du 20e convoi.
Ce samedi 23 janvier, dans le cadre du 50e anniversaire du CCLJ, les anciens de la Colonie Amitié, créée en 1961, développée surtout dès 1967 et jusqu’en 1996, ont tenu à fêter ceux qui ont œuvré à son succès. Avec la disparition de notre ami Charles Knoblauch, la Colo Amitié n’a malheureusement pas survécu, mais les films et les innombrables souvenirs sont là pour des milliers d’enfants de notre pays. Ils étaient plus de 500 à faire la fête jusqu’aux petites heures ce 23 janvier au Centre culturel d’Auderghem. C’était pour moi, vétéran, très émouvant de les entendre chanter comme s’ils avaient encore 10-12 ans. C’est une joie de revoir ces enfants aujourd’hui devenus parfois presque grands-parents. Certains sont même venus de l’étranger, d’Israël, d’Afrique du Sud, tout spécialement.
Comment mieux remercier tous ceux, et certains encore actifs, qui ont fait de ce mouvement ce qu’il a été, et se trouvent aujourd’hui récompensés par cette volée d’enthousiasme. Nous ne les oublierons pas.
Comme toujours, le Moyen-Orient continue à nous occuper et à nous préoccuper. Barack Obama va-t-il exercer la pression qu’il promet ? George Mitchell a du mal à convaincre les uns et les autres de rétablir une confiance mutuelle. J’ai mal au cœur quand j’entends le Premier ministre israélien planter des arbustes en pleine Cisjordanie en déclarant : « Cela prouve que nous ne sommes pas ici provisoirement ». On ne peut pas dire qu’on veut la paix quand on ne la veut pas. La paix n’est pas un cadeau que je fais à l’autre. C’est une chose que l’on se donne à soi. Si je veux assurer l’avenir de mon propre camp, tout le monde le dit et le sait, il n’y a qu’une seule façon d’agir : faire les concessions nécessaires pour que l’autre puisse exister en sécurité. On célèbre maintenant la fête de Tou Bishvat, la fête des arbres. Qui plante un arbre plante ses racines. Et un arbre fait des racines très profondes; nous, on plante dans nos cœurs des racines d’attachement au peuple juif, le peuple juif qui vivra heureux à côté d’une Palestine heureuse. Le Talmud nous dit : « Si deux personnes exigent le même habit, il faut le partager ». Tout le monde le sait. En revanche, personne ne sait quand les gens comprendront que c’est la seule issue.
David Susskind |
| Président d'honneur du Cclj |
|