PORTRAIT DU MOIS
 
 
   
   
   
   
Site conçu par HOSHIMA
Agence Web

Houssein Boukhriss : Bien gérer la diversité

>> Mise en ligne le 3/03/2010

Du managment en diversité au team building en passant par la gestion de conflit, Houssein Boukhriss et sa société « Trace » deviendront bientôt incontournables dans le monde du travail. Une nouvelle étape franchie pour le mieux vivre-ensemble.

« Trace » comme « Training », comme « Racisme », et comme « Traces » bien sûr. « Parce que la culture d’un peuple est toujours influencée par les traces des autres peuples passés avant lui. C’est toute la richesse de la diversité ». Depuis 2001, Houssein Boukhriss travaille à son propre compte dans la gestion de la diversité. A la demande des entreprises, des particuliers, dans le public comme le privé, la police, les CPAS, les crèches, les maisons de repos, les théâtres, les prisons. Un travail presque illimité. Sauf que pour Houssein, les limites sont bien claires.
D’origine berbère (Haut Atlas marocain), c’est en 1967 que le jeune garçon, âgé de 6 ans, rejoint son père mineur en Belgique. Houssein suit sa scolarité en néerlandais à Vilvorde. Il obtiendra un diplôme d’assistant social à Bruxelles. Très attendu comme « premier assistant social d’origine étrangère en Flandre », les complications administratives freinent pourtant ses élans. De nationalité marocaine, Houssein ne peut bénéficier du chômage, et donc des contrats de mise à l’emploi. « Pour ne pas perdre mon temps, je me suis mis à militer » explique-t-il. Président de Jongeren tegen racisme (Touche pas à mon pote !) en Flandre, bénévole dans des organisations contre le racisme, il présidera Stemrecht ‘82 (Objectif 82) pour le droit de vote des immigrés, puis le Centre pour immigrés local.
Son expérience professionnelle suit la même voie. En 1989, Houssein devient coordinateur du service formation au Commissariat royal pour la politique des immigrés, avant d’être engagé par le Centre pour l’égalité des chances où il restera neuf ans. Mais il n’y a pas de hasard. « Plus jeune, je faisais partie d’un petit groupe composé d’Espagnols et de Marocains » se souvient-il. « Nous nous sommes vite retrouvés face à un groupe de Belges, et les choses ont dégénéré. A Vilvorde, on était connu pour se battre, et les fêtes tournaient au cauchemar ». Houssein, déjà, a cette image d’intermédiaire entre les deux bandes. « Un jour où on était allé trop loin, on a décidé de faire la trêve. On a ensuite proposé aux écoles de venir parler aux élèves, pour leur montrer que le dialogue est toujours possible ».

Besoin d’une écoute
Aujourd’hui Colruyt, KBC, Belgacom, Delhaize, Randstad… s’adressent à lui pour relever le défi de la diversité de leur clientèle et de leur personnel, à l’heure où l’employé idéal a souvent laissé place à un employé « différent ». « Différent de celui auquel on aurait pensé spontanément » précise Houssein. « Malgré la crise, certains secteurs continuent d’avoir besoin d’urgence de personnel. S’il y a deux places et 50 candidats, on choisira de préférence un homme, jeune, blanc, sans enfant. Mais s’il y a 50 places et deux candidats, il faudra se tourner vers ceux qui dans un premier temps ne nous intéressaient pas, qui surpeuplent le chômage : les plus de 45 ans, les personnes d’origine étrangère, les gens peu scolarisés, les ex-détenus et ceux qui présentent un handicap. Spontanément, on ne pense pas à la diversité ».
Nous sommes tous influencés par le groupe auquel nous appartenons, mais Houssein retient une seconde dimension qui nous rend uniques, celle du parcours individuel. Notre vie privée, notre personnalité, notre éducation, notre langue et notre expérience personnelle déterminent ainsi nos comportements, rendant nos rapports humains harmonieux ou chaotiques.
De ses observations de terrain, il tire ces enseignements : « On abuse souvent de la différence pour se défendre, et un problème entre deux individus devient un problème entre deux groupes. On se retrouve à être traité de raciste et à se défendre de ce qu’on n’est pas. Ces gens qui n’osent plus dire ce qu’ils pensent ont besoin d’une écoute, ils la trouveront sinon chez les extrémistes. C’est comme ça qu’on crée des racistes. Quand on me dit, “je ne suis pas raciste, mais…”, je demande d’abord de me raconter le “mais”. Dans huit cas sur dix, ce sont des gens qui ne sont effectivement pas racistes et qui auraient eu exactement la même attitude avec n’importe qui d’autre. L’insulte “raciste” est très populaire chez les jeunes d’origine étrangère, mais l’essentiel est de ramener le débat au problème de départ et de confronter les personnes à leur responsabilité ». Houssein souligne : « Ce qui prime est de pouvoir travailler dans la convivialité et le respect. Personne n’est obligé d’aimer tout le monde et chacun a le droit de vivre sa religion, mais en partant d’une interprétation vivable. Si un employé musulman refuse, par exemple, de postposer ses prières, alors que le Coran le permet quand le travail le nécessite, il s’expose aux conséquences ».

Email Géraldine Kamps

 

 
Page d'accueil
Imprimer   Retour
CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif de Belgique
Les amis belges de Shalom Archav
 
 
© CCLJ 2005 Contactez le webmaster Dernière mise à jour le 3/3/2010