Siegi Hirsch, le «Mensch» de l'année 2002

Lundi 24 Février 2003

 

Le lundi 24 mars, à l'Espace Yitzhak Rabin, Siegi Hirsch recevra le Prix du «Mensch de l'année» 2002. Le Cclj lui rendra cet hommage pour son engagement personnel dans l'oeuvre de réparation d'un monde anéanti par le nazisme. En effet, c'est grâce à son sens profond de la fraternité et son esprit d'ouverture à l'autre que les enfants des homes ont appris à revivre. A travers son travail social, sa pratique de thérapeute et de formateur, son approche originale face à la mémoire et à la transmission des traumatismes subis, Siegi n'a jamais cessé de privilégier la vie. Ni maître, ni modèle, c'est vraiment un «Mensch», un être singulier et original dont l'oeuvre ne cesse d'inciter une humanité meurtrie à découvrir les voies de sa libération d'un passé douloureux. Fils unique, né à Rostock en 1924 et élevé par sa grand-mère dans ce port de la Baltique, Siegfried Hirsch vit l'avènement du nazisme. Il rejoint ses parents à Berlin, où il fréquente une école réservée aux enfants juifs. Son père, interné à Sachsenhausen, puis libéré, émigre en Belgique. «Siegi» et sa mère l'y rejoignent quelques jours avant la Nuit de cristal. A Ixelles, après l'école, Siegi porte des sacs de charbon et fait des travaux de nettoyage. Arrêté en mai 1940 et déporté à Saint-Cyprien, son père est livré aux nazis par les Français. En 1942, Siegi se présente à Malines pour sauver sa mère de la déportation. Il est dans le même convoi que Nathan Ramet. Celui-ci se souvient de l'incroyable vigueur de Siegi lors des travaux ferroviaires très durs qu'ils exécutaient avant d'être envoyés à Birkenau.
Comme le relate la fille aînée de Siegi, Michèle : Dans sa baraque, mon père faisait du théâtre avec un ami et chantait en allemand. Des SS venaient voir son spectacle. Le théâtre lui a sauvé la vie. Typhique, réduit à l'état de «Musulman», il avait été sélectionné pour le gaz et montait dans le camion vers le crématoire lorsqu'un officier SS, qui aimait ses chansons et son argot berlinois, l'a reconnu. Ce SS l'a sauvé et fait affecter dans un atelier de fausse monnaie vu qu'il dessinait bien. Siegi déclarait à Pierre Fossion et Mari-Carmen Rejas, auteurs d'une monographie sur sa carrière de thérapeute, que c'est dans les camps qu'il a compris l'importance de l'imaginaire comme unique refuge contre la barbarie : Tous les matins, nous vivions notre propre mort, car tous les matins, il y avait la sélection. (...) Si nous pensions la réalité, il valait alors mieux se tuer. Seul le rêve permettait de fantasmer et d'imaginer que cela se terminerait un jour. Survivre, c'était faire entrer le rêve dans le cauchemar et empêcher le cauchemar de pénétrer le rêve. C'est là aussi que Siegi a découvert les valeurs fondamentales de la rencontre et de la fraternité : pas de survie possible sans l'aide de l'autre!
Comme l'évoque sa seconde fille, Carine : Après la Libération, l'armée américaine l'a engagé pour retrouver des criminels de guerre. Il a vite compris que le début de la guerre froide rendait sa mission impossible. De retour à Bruxelles, Siegi fréquente l'Académie des Beaux-Arts, suit des cours d'art dramatique et se joint à l'Union Sportive des Jeunes Juifs (USJJ). Une profonde amitié le lie à David Susskind, rencontré en été 1946 au camp d'Anseremme et qui se souvient d'une manifestation, place Liedts, où ils portaient une énorme colombe de la paix faite par Siegi en papier mâché. C'est à l'USJJ que Siegi rencontre Vania, rescapée des camps et assistante sociale au service social juif, qu'il épousera en 1952.

Les Homes
En septembre dernier, plus d'une centaine d'enfants cachés se sont retrouvés au Cclj, pour évoquer leur vie dans les homes de l'AIVG (Aide aux Israélites victimes de la guerre). Constituant une véritable grande famille, ils s'insurgent lorsqu'on utilise le mot «orphelinats» pour parler des homes. Même lorsque leurs parents ne sont pas revenus, ils n'ont jamais accepté d'être des orphelins. Tout comme son frère Maurice, Harry Sendrowicz, a connu Siegi à ses débuts dans les homes : Dès son arrivée à Lasne, nous avons vu qu'il était tout à fait différent des autres moniteurs. Pas de théorie, pas de système! Génie de l'invention, il trouvait des solutions à mesure que les problèmes se posaient. Il avait un talent hallucinant pour se mettre à la place de l'autre, cette intelligence du coeur dont nous avions tous besoin, et il donnait sa tendresse sans chercher à prendre la place de nos parents. Siegi est tombé dans notre vie d'écorchés comme le Petit Prince, générant une ambiance culturelle stimulante et exceptionnelle.
En 1949, Siegi devient directeur du home de Boitsfort, puis dirige celui de Rhode-St-Genèse jusqu'à sa fermeture en 1958. Formé sur le terrain et vivant en permanence dans ce home qu'il gère comme une maison familiale, il organise des rencontres sportives, une bibliothèque... fait venir Marcel Marceau qui montre aux adolescents comment mettre en scène leurs fantasmes, exprimant par la pantomime des sentiments qu'ils ne peuvent verbaliser. Coordinateur d'un livre collectif sur l'oeuvre de Siegi dans les homes, Adolphe Nysenholc l'a rencontré à Boitsfort : Pour nous tous, il était déjà un personnage de légende, un mythe. Il prenait ses responsabilités et, comme dans une famille, il y avait parfois des moments difficiles, mais il ne nous donnait pas l'impression d'être un directeur. Il vivait avec nous et faisait toujours passer l'émotion humaine avant tout. Plus une situation était tragique, plus il donnait dans l'humour et la joie de vivre. Il riait, relativisait les choses et nous valorisait par son rire. Plus il nous considérait comme ses égaux, par son rire et son humour, mieux il combattait la hiérarchie et la déshumanisation de l'autre, caractéristiques du fascisme. Il ne nous a jamais fait sentir cette expérience très traumatisante des camps que nous n'avions pas vécue. Siegi est l'un des seuls a avoir compris à l'époque que nous aussi, les enfants cachés, nous avions souffert. Il nous accompagnait dans la vie, l'avenir, la reconstruction, la résurrection!
A Rhode, c'est la maman de Siegi qui faisait la cuisine. Nées dans les homes, Michèle et Carine soulignent l'importance du jeu dans leur éducation, telles ces parties acharnées de «crix» (ballon capitaine) avec leur père. Siegi peignait beaucoup à l'huile et les associait à cette activité. Elles parlent avec nostalgie des histoires qu'il leur contait le soir, demandant de lui donner un sujet et des personnages pour improviser un récit qu'il poursuivait jusqu'à ce qu'elles s'endorment. Siegi leur montait aussi des spectacles de marionnettes. Michèle précise qu'aujourd'hui encore, tous les lundis, il émerveille son fils cadet, Michaël, par son prodigieux talent de conteur et de mime.
Adolphe Nysenholc se souvient avec émotion du caractère novateur des activités expressives suscitées par Siegi à Rhode : En 1956-57, nous avons fait un film, tous ensemble. Un court-métrage de fiction sur le thème d'un nouvel arrivant qui essaie de s'intégrer dans le home. Siegi y jouait un rôle. C'est un psychologue artiste, stupéfiant de créativité. Il a développé plus tard cet art de la mise en scène dans la thérapie de groupe et le psychodrame. Harry Sendrowicz précise qu'à Lasne, Siegi rêvait de devenir cinéaste et prenait beaucoup de photos avec son Leica. Siegi pensait qu'il était important d'avoir des images et de les donner aux enfants pour les aider à se constituer une histoire. Tout ce qui existait avant la Shoa avait disparu et il était donc impossible de re-constituer l'histoire! Carine Hirsch ajoute que son père a toujours filmé leur vie de famille. L'amour des films ne l'a jamais quitté et le pousse encore à aller souvent au cinéma.
Dans une interview récente à la radio, Siegi relatait la genèse de son travail social dans les homes : Quand je suis revenu en Belgique, on cherchait des jeunes pour s'occuper des gosses dans les institutions et, pour moi, c'était tout à fait naturel d'être avec eux. Nous avions en commun d'avoir tout fait pour survivre. Ils devaient faire la même chose que moi : effacer tout de la mémoire! Nous ne parlions jamais de la guerre. La vie, c'était maintenant et le futur. Nous étions assoiffés de situations de plaisir, jouer au ballon, se battre, rigoler, organiser des concerts, des défilés de mode... Nous devions tout créer en improvisant, dans le plaisir, la joie et l'humour, avec ce rire juif, profond et tragique, qui nous a sauvés! Témoins et acteurs du drame, tout comme moi, ils étaient devenus «les enfants sans ombre», sans histoire derrière eux. Ils avaient appris à être des «enfants du silence», à pleurer sans larmes, sans exprimer leur rage ou leur tristesse. Nous savions que les larmes ne servaient à rien! J'ai eu cette chance d'être eux et de vivre tout de suite dans le sens de la vie. Je me sentais réellement bien dans les homes. J'y trouvais une famille, une maison. J'ai toujours dit que nous avons négocié ensemble notre survie. Tous ces gosses avaient appris à négocier leur vie et leur survie. Quel que soit leur âge, ils étaient responsables et faisaient toutes les corvées. L'important, c'était de leur faire croire en l'Humanité, alors qu'ils étaient tous victimes de la perversité de l'homme. Le reste, c'était la rencontre, l'expérience, s'intéresser à la vie, et ne pas avoir peur de regarder dans les yeux de l'enfant dont les parents sont morts...

Du travail social à la thérapie du couple
Après la fermeture du home de Rhode, Siegi entreprend des études d'assistant social (social worker) à Amsterdam et travaille sous la direction de Jan Schouten, dans une institution pour jeunes «à problèmes». Réalisant que pour aider l'adolescent en difficulté à se construire une identité il faut voir comment fonctionne sa famille, il fait ses premières thérapies familiales, étudie les systèmes d'interaction entre adolescents, familles et institutions thérapeutiques. Siegi transmet son expérience de travail thérapeutique en institutions, lorsqu'il devient formateur d'éducateurs, de psychologues et de juges des enfants, en France, où on lui décerne la médaille de l'Education surveillée en 1982. Dès les années 60, en Belgique, il anime formations et séminaires dans une école d'assistants sociaux, dans les hôpitaux Saint-Pierre et Brugmann. Se consacrant à la thérapie familiale, il aide à la création de centres de jour (A. Artaud, La Gerbe, etc.). Depuis, il a formé des centaines de psychothérapeutes de la famille, du couple et des institutions, les incitant à tenir compte du contexte social et familial de tout traitement. Il pratique en privé, donne ses formations à des groupes de 6 à 7 personnes.
Siegi Hirsch se veut témoin, acteur, spectateur et peut-être éclaireur, celui qui essaie de rentrer par la porte négligée par d'autres dans leurs hypothèses et valorise «l'intelligence partagée». Fossion et Rejas soulignent l'originalité de son approche contextuelle, le refus d'une théorie bien précise : La pensée de Hirsch est suffisamment souple pour lui permettre de refuser tout dogme, si ce n'est que seules la capacité d'écoute et les qualités humaines font le thérapeute. Il a mis à profit des événements traumatisants pour développer une pensée originale et la communiquer d'une façon extraordinaire. Tout son travail vise à éviter que les enfants ne payent les traumatismes ou les erreurs de leurs parents. Siegi privilégie l'écoute des fantasmes : la «réalité» des événements n'est jamais la même pour deux individus. Un bon thérapeute est témoin de son époque. Il traite de façon spécifique les problèmes liés aux nouveaux phénomènes sociaux et s'efforce de réduire la répétition transgénérationnelle des souffrances. Il est impossible d'effacer les douleurs héritées du passé mais on peut apprendre à vivre avec elles. Pratiquant une forme de thérapie narrative, Siegi sait voir la richesse et la créativité des familles en traitement auxquelles il apprend à raconter une histoire. Il dit souvent : Une famille normale, je ne sais pas ce que c'est!
Siegi aime répéter qu'il est devenu un bon thérapeute grâce à sa femme. Le couple est le seul cadre dans lequel l'individu peut utiliser la totalité de son répertoire émotionnel. Il faut respecter l'autonomie du partenaire pour pouvoir dire «moi je» sans que le «nous» ne soit menacé. Chacun a droit à son monde intérieur. Vivre un couple implique un combat quotidien pour arriver à aimer l'autre avec tous ses défauts. Tout est relatif et il n'existe pas de normes pour définir le «bon» couple. Siegi compare le couple à un tango : Deux pas en avant et un pas en arrière! Les couples qui ne savent pas danser le tango ne peuvent pas tenir! Quand vient le pas en arrière, certains danseurs oublient qu'ils ont quand même fait un pas de plus en avant. Ils se découragent ou accusent l'autre et ne veulent pas accepter que dans le processus de vie, on ne se sent pas toujours bien. Une thérapie réussit si les gens commencent à négocier, respectent l'autonomie de l'autre et découvrent en eux-mêmes des tranches de plaisir.

Mémoire et transmission
Pour Pierre Fossion, psychiatre formé par Siegi, l'expérience des camps est le fil rouge que l'on retrouve en filigrane dans toute sa carrière. Comment expliquer sa position singulière face à la mémoire de la Shoa et au témoignage? Pour Siegi, témoigner de façon objective, c'est continuer à rester dans la mort. Il préfère tenter de revivre et de faire de cette expérience une forme de création artistique. Pour survivre après la guerre, les rescapés des camps devaient se débarrasser des souvenirs de l'horreur. L'oubli a été entretenu par la «chape de plomb», mais celle-ci hypothèque l'avenir des enfants. Il faut la soulever, mais en privilégiant des souvenirs de vie. Le travail historique est nécessaire mais, en thérapie, il faut reconnecter les personnes avec la vie. Lorsqu'il prend en charge des familles de déportés, Siegi les incite au souvenir d'anecdotes positives, qui vont dans le sens de la vie, plutôt que de travailler sur la ré-émergence du traumatisme. C'est par sa pensée, son travail de pédagogue et de psychothérapeute que Siegi a contribué au «devoir de mémoire». Comme le faisait remarquer Marcel Frydman, tous ceux qui sont passés par les homes où travaillait Siegi Hirsch ont un taux de réussite professionnel exceptionnel. C'est un phénomène unique et que seuls expliquent Hirsch et sa méthode.
Siegi déclarait récemment à la radio : J'aurais voulu que mes enfants n'aient pas des parents qui étaient à Auschwitz tous les deux... mais aujourd'hui, mes meilleurs thérapeutes me rassurent à ce sujet, ce sont mes petits-enfants.
C'est en effet avec ses petits-enfants, Emmanuelle et David, qu'il parle le plus volontiers des camps. Emmanuelle précise : Siegi nous en a toujours parlé et il l'a fait aussi devant ma classe à l'école européenne l'an dernier, au cours d'histoire. David ajoute : Siegi nous a emmenés à Berlin pour nous montrer les lieux de son enfance : la synagogue où il fait sa bar-mitzva, son école, l'immeuble qu'il habitait. Nous voyageons souvent avec nos grand-parents et comme Siegi est passionné d'art, nous passons la plus grand partie du temps dans les musées! Emmanuelle aime l'entendre parler de son métier : Il transmet beaucoup car on voit que cela le passionne! Il me parle de sa pratique, de son amour des relations humaines, des petits groupes de travail où tout le monde s'exprime. Lorsqu'on lui demande quand il arrêtera de pratiquer, il nous dit souvent que pour lui jouer au golf serait du travail! Il aime aussi nous parler de tous ses amis : Maurice Sendrowicz, Isi Halberthal, Albert et Sylvie Szyper, Gilles Fiszman, et beaucoup d'autres encore.

Réparer l'humanité par l'art, l'humour et la fraternité
Siegi admire la diversité de l'oeuvre de Picasso. Gilles Fiszman souligne son intérêt permanent pour la peinture et ses goûts très éclectiques, il admire aussi son grand sens de l'humain comme formateur et pédagogue ainsi que son humour dévastateur. Michèle Hirsch précise : Il introduit toujours des blagues juives dans ses thérapies, ses conférences ou ses conversations entre amis pour symboliser des situations, et cette technique, de même que son approche systémique, me sont très utiles pour préparer mes plaidoiries. Défendre le droit des victimes au Rwanda, combattre le trafic de femmes et la violence dans le couple, autant de thèmes abordés par son travail de juriste qui s'inscrit ainsi dans la lignée de l'oeuvre de son père.
Conférencier au Cclj, le professeur Robert Neuburger, psychiatre et psychanalyste français, lui-même enfant caché et spécialiste de l'étude des conséquences transgénérationnelles des traumatismes familiaux, rappelle souvent qu'il s'est formé à la thérapie de couple et de famille chez Siegi Hirsch. Pour Neuburger, Siegi n'est pas un «maître» : aucun de ses «élèves» ne pense comme lui. Il ne donne pas de modèle à ceux qu'il forme mais développe leur créativité en manifestant un véritable intérêt pour l'originalité de chacun. C'est un vrai «mensch».
Fossion et Rejas détaillent les étapes d'une oeuvre fondée sur les notions de transmission, processus et fraternité. La fraternité l'a toujours accompagné. Des camps aux homes et aux formations, l'enrichissant d'idées nouvelles, elle forme le cadre de sa rencontre avec tous ses «élèves», unit tous ceux qui ont bénéficié de son enseignement fait d'échange, de partage et de respect de l'identité de l'autre. Pour Fossion, Siegi est l'un des grands penseurs en sciences humaines des 50 dernières années, mais il écrit peu. C'est un homme de terrain qui manque de temps et se voue à la transmission orale de son savoir, ce qui l'inscrit dans la lignée de Socrate ou de Lacan et de la tradition rabbinique.
David Susskind met en valeur cette volonté primordiale qui fait de Siegi Hirsch un «mensch» : A Auschwitz, il s'était promis de s'occuper d'enfants s'il survivait aux camps. Il a toujours privilégié la vie des enfants! Dans toute sa pratique de thérapeute et son travail sur la transmission, le fond de sa pensée est toujours resté le même : aider les enfants à vivre en les soulageant du poids du malheur familial et des atrocités de l'histoire.

Pour en savoir plus sur Siegi Hirsch :
Pierre Fossion et Mari-Carmen Rejas, Siegi Hirsch : Au coeur des thérapies, Ed. érès, 2001.
Marcel Frydman, Le traumatisme de l'enfant caché, L'Harmattan, 1999.
Emmanuel Hollander, «Siegi Hirsch, Rabbin laïque», Regards n°499, pp. 36-37.

Remise du «Mensch de l'année» 2002 à Siegi Hirsch
Lundi 24 mars à 19 h 45 à l'Espace Yitzhak Rabin
Infos : 02/543.02.70


 
 

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