Liberté d'expression

Soutiens à Charlie-Hebdo : Israël aussi

Vendredi 9 janvier 2015 par O.W.

Le sanglant attentat contre Charlie-Hebdo a suscité de nombreuses réactions en Israël, depuis le Président de l’État jusqu’aux citoyens en passant par la presse. Passage en revue.

 

L’onde de choc de l’attentat qui a coûté la vie à 10 journalistes et deux policiers, 7 janvier à Charlie Hebdo a bien sûr atteint les Israéliens : même si les Juifs n’étaient pas spécifiquement visés, ce sont leurs ennemis jurés qui ont frappé.   

Du côté des dirigeants politiques, les messages de soutien allaient à peu près tous dans le même sens : condoléances et appels à la solidarité.  Ainsi, « choqué et attristé », le Président R. Rivlin a-t-il déclaré :

« Malheureusement, je ne suis pas étranger à l’horreur et au chagrin qui suit ces attaques meurtrières (...) Nous devons rester unis dans la lutte contre ceux qui cherchent à étouffer la liberté de pensée et qui continuent à détruire la vie de tant de gens ».

Même tonalité chez le 1er Ministre Netanyahou : « Nous avons vécu ces attaques maintes et maintes fois, nous savons la douleur (…) mais nous savons aussi la résolution avec laquelle les sociétés libres peuvent vaincre la terreur. »

A. Lieberman, le ministre des Affaires Étrangères a rappelé, lui, qu’en aout 2014, B. Netanyahou avait mis en garde la France : « Si nous ne sommes pas solidaires, la peste du terrorisme viendra chez vous. C’est une question de temps mais elle viendra »

De son côté, le maire de Jérusalem Nir Barkat a envoyé un message à son homologue de Paris, Anne Hidalgo : « Il faut continuer de vivre normalement. Ce sera votre victoire ! » Le ton de la presse israélienne est, comme de juste, moins convenu.

A l’exception du Maariv, qui titrait sur la tempête de neige, tous les quotidiens israéliens ont mis l’attentat en « Une ». La plupart des chroniqueurs ont évoqué la tradition satirique séculaire en France et beaucoup parlaient du «11 septembre de la France » Hors cela, les analyses divergent.

Dans Al Monitor, le très renommé Ben Caspit évoque « une sorte de jubilation » mais aussi « une inquiétude » parmi ses concitoyens : « Le soutien quasi automatique des Européens aux Arabes ont fait du mot « Europe » un substantif presque péjoratif »

« Certains en Israël considèrent que cet horrible massacre pourrait marquer un changement stratégique dans la façon dont l’Europe perçoit sa situation ». Mais peu y croient : « L'Israélien moyen n'a guère d'estime pour les Européens qu'il considère comme des lâches »

« Les méchants ont gagné »

Même opinion du spécialiste du monde arabe Zvi Yehezkieli (Aroutz 10) qui pense que «le style de vie européen pourrait changer ces prochaines années sous l'influence islamique ». Un des plus célèbres caricatures israéliens Amos Biderman titre, lui, son éditorial :

« Les méchants ont gagné » et poursuit : «Les méchants nous ont battus. Toute l'Europe et l'Amérique tremblent. Maintenant, il n'y a plus de dessinateurs ou caricaturistes qui osera les défier ».

Anshel Pfeffer, (Haaretz), adapte le célèbre poème du pasteur antinazi allemand Martin Niemöller : « Quand ils ont tué les Juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif....  Quand ils ont tué les journalistes, je n’ai rien dit... « 

Pour le correspondant militaire du même journal, Amos Harel : «Si les autorités israéliennes espèrent que les Européens vont dorénavant comprendre que nous sommes embarqués sur le même navire, elles risquent d'être déçues »

Pour lui, « Bien que les Européens soient de plus en plus exposés aux attaques terroristes des organisations extrémistes islamistes, les pays membres de l'UE ne traduiront pas forcément cette situation en empathie envers les malheurs d'Israël ».

Reste que plusieurs centaines de simples citoyens sont venus à manifester leur solidarité aux victimes de Charlie Hebdo en se recueillant hier soir, 8 janvier, tant devant l’Ambassade de France à Tel Aviv que devant le consulat de France à Jérusalem.

Diverse personnalités étaient présentes dont l’ancien Président Shimon Pères, Silvan Shalom, ministre du Développement, le président du Parti travailliste, Itzhak Herzog, sa nouvelle alliée Tzipi Livni, un conseiller politique du Président Rivlin.

Après avoir écouté de brefs discours, la foule qui, comme en France et comme dans le monde entier, portait des panneaux (en français et en hébreu) « Je suis Charlie », a observé une minute de silence

Post-scriptum

Pour compléter ces informations (et se détendre un peu les mâchoires) on ne saurait trop conseiller la lecture sur le toujours intéressant site « Conspiracy Watch »* de l’article titré : « Charlie Hebdo : les premières réactions complotistes »

*http://www.conspiracywatch.info/Charlie-Hebdo-les-premieres-reactions-complotistes_a1326.html

 


 
 

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