Polémique

La lutte contre l'islamophobie et l'insupportable amalgame avec la Shoah

Mardi 8 avril 2014 par Willy Wolsztajn

Muslims Rights Belgium (MRB) et Musulmans « progressistes » (MP) ont lancé sur le Net une campagne intitulée « Jusqu’où ira le racisme anti-musulman ? Ne soyons pas condamnés à revivre l’Histoire ». Une campagne où l’amalgame avec la Shoah est flagrant.

 

Evoquant la date hypothétique de 2040, le visuel représente une femme (voilée), un homme (barbu) et un petit garçon, tous trois vêtus de pyjamas orange modèle Guantanamo. Ils portent sur leur tunique un croissant et une étoile islamiques, fine allusion à l’étoile jaune que les nazis imposèrent aux Juifs avant de les exterminer. En arrière plan, un mirador, des projecteurs et une clôture surmontée de barbelés. 2040 célèbre le centenaire de l’invasion allemande en Europe occidentale.

Ainsi, pour MP et MRB, officines montées en Belgique par les Frères musulmans (voir http://www.cclj.be/sites/default/files/musulmans_progressistes_willy.pdf), l’Occident mènerait contre l’islam une guerre raciste. Il manigancerait contre ses fidèles un plan génocidaire. Il voudrait leur faire subir, enfants inclus, le sort réservé aux Juifs par les nazis. Selon eux, la prison de Guantanamo préfigurerait les centres d’extermination. Pour MP et MRB, finis les sourires doucereux, « mains tendues » et autres « appels au dialogue ». On jette bas les masques. Enfin. Tant mieux.

Démontons l’imposture qui amalgame haine de l’islam (« islamophobie ») et racisme. Ceux qui prononcent la profession de foi, prient cinq fois par jours, jeûnent à ramadan, dispensent l’aumône et accomplissent le hajj manifestent de manière indiscutable leur volonté personnelle – et même une volonté exigeante. Comme toute religion, l’islam est une croyance, une conviction, un choix. A contrario, notre lieu de naissance, notre famille, notre ethnie d’origine, la pigmentation de notre peau, l’aspect de nos cheveux, notre faciès, notre langue maternelle, notre genre, notre orientation sexuelle, nous ne les choisissons pas. Le racisme consiste à haïr une personne, un peuple ou une ethnie pour ce qu’il ou elle est. C’est pourquoi en Belgique le racisme constitue un délit, non une opinion. Quant à une conviction, religieuse, agnostique ou athée, il est permis de la critiquer, d’en rire et même de l’insulter. Et, oui, il est permis de détester une religion et de blasphémer. Ce sont les être humains qu’il faut respecter, non leurs croyances ni leurs idées.

L’assimilation entre « islamophobie » et racisme que relaient ici les Frères musulmans, procède d’une campagne politique financée à coup de pétrodollars et orchestrée depuis deux décennies par les 57 Etats membres de l’Organisation de la Conférence islamique, au nombre desquels l’Arabie saoudite, le Qatar, la République islamique d’Iran, etc. Ils visent à bâillonner toute critique de l’islam. Cette religion fonde le pouvoir dans ces théocraties, dictatures et régimes autoritaires. Plus que tout ils redoutent la démocratie et la sécularisation de leurs opinions publiques, pour lesquelles l’Europe peut offrir une attractive source d’inspiration.

Tordons le cou au mensonge grotesque qui prête à l’Occident l’intention de liquider l’islam et ses fidèles. Certes le pénitencier de Guantanamo insulte l’état de droit américain. L’on regrette que le président Obama n’ait réussi à effacer ce furoncle voulu par son prédécesseur qui défigure la démocratie de son pays. Mais Guantanamo n’est en rien un centre d’extermination comme l’était Auschwitz.

S’il existe bien un socle des sociétés européenne et américaine, c’est la liberté de conscience. En Belgique, l’islam est un culte officiellement reconnu. Il bénéficie de subsides publics. Il existe chez nous des centaines de mosquées. Par centaines de milliers les fidèles s’assemblent chaque jour pour prier. Paisiblement. En toute sécurité. D’innombrables musulmans et musulmanes déambulent en rue et fréquentent les transports en commun arborant les signes visibles de leur foi. En toute quiétude et dans l’indifférence de leurs concitoyens non musulmans. Les accrochages sont exceptionnels, heureusement. Pour mémoire, les très rares Juifs portant kippa s’exposent à bien des avanies, eux, quand ils s’aventurent dans les quartiers musulmans de nos villes.

Par leur haine anti occidentale, les Frères musulmans adoptent une posture symétrique à la haine xénophobe de l’extrême droite, les Vlaams Belang, Front national, et consorts. Islamisme et extrême droite apparaissent ici dans toute leur vérité, à savoir deux versants du même phénomène : la haine de l’Autre. La Confrérie nous livre une version islamiste du « choc des civilisations ».

Dénonçons enfin l’infamie qui consiste à instrumentaliser la Shoah. Cette campagne travestit l’étoile jaune, prélude aux camps de la mort, aux fins d’accréditer le bobard d’un plan d’extermination des musulmans. Sans aucun respect pour les victimes, la Confrérie banalise le processus génocidaire. Celui-ci concerne, rappelons-le, le génocide des Arméniens, celui des Juifs et celui des Tutsis du Rwanda. L’affirmation « Ne soyons pas condamnés à revivre l’histoire » pastiche le « plus jamais ça » d’après Auschwitz. On mystifie le public. Aucune menace existentielle ne pèse sur le milliard et demi de musulmans. Ensuite et surtout, les musulmans ne constituent nullement un peuple. L’islam en englobe une multitude.

Au final, nous nous trouvons face à une entreprise révisionniste de la Shoah, laquelle, rappelons-le, constitue un délit en Belgique. Par là, les Frères musulmans dévoilent leur antisémitisme viscéral. Faut-il s’en étonner de la part d’un mouvement politico-religieux né dans les années 1930, influencé par les fascismes de l’époque et dont la haine du Juif doit bien davantage à l’antisémitisme nazi qu’à l’antijudaïsme traditionnel du monde islamique ?


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par demayer nicky - 8/04/2014 - 16:42

    Merci pour cette analyse pertinente qui démonte bien cette surenchère victimaire qui fonctionne malheureusement chez pas mal de personnes "bien intentionnées". Il est important que Regards continue à dénoncer inlassablement tous les amalgames.

  • Par anonymouse - 8/04/2014 - 18:52

    Quel piètre texte...

    "le musulman a pris la place tenue hier par le juif, l'Arabe ou l'immigré...Ne nous y trompons pas : ceux qui parlent de l'islamisation de la France sont guidés par la même obsession xénophobe que ceux qui dénonçaient la judaïsation de notre pays dans les années 1930. L'étranger, quel que soit son visage, reste responsable pour l'extrême droite des maux de notre société.", signé par le "frériste" Richard Prasquier, alors président d'une organisation islamo-gauchiste appelée le CRIF.

  • Par richard kneip - 8/04/2014 - 19:56

    "L'assimilation entre « islamophobie » et racisme que relaient ici les Frères musulmans, procède d'une campagne politique financée à coup de pétrodollars". Ceci est insignifiant, sauf à supputer celui à qui le crime profite. "Cui bono?" disait Cicéron.
    Ce n'est pas la théologie du Dieu de l'Humanité du deuxième Isaïe, ce n'est pas l'apostolat par le prêche et l'exemple de Jésus - dévoyé certes par l'Eglise -, c'est le texte fondateur lui-même, le Coran, et l'exemple du prophète qui posent problème.
    Il est vain de pratiquer la politique de l'autruche car tous les moyens sont bons, ici l'OPA sur la shoah, puisqu'il existe un mensonge licite, la taqiya. Cet islam de l'islamophobie va à contresens du "vivre ensemble".

  • Par Fredj - 14/05/2014 - 23:53

    Bonjour,

    Je cite :
    Ceux qui prononcent la profession de foi, prient cinq fois par jours, jeûnent à ramadan, dispensent l'aumône et accomplissent le <a href="http://partiralamecque.com/">hajj</a> manifestent de manière indiscutable leur volonté personnelle - et même une volonté exigeante.

    Des articles intéressants sur ce site, dommage qu'il n'est pas possible de télécharger les articles au format pdf, ça serait un grand plus...

  • Par Dubitoergosum - 18/05/2014 - 14:04

    La laïcité de l'état devrait se borner à dire que nul ne peut être opprimé pour ses croyances religieuses. Elle devrait également préciser que toute critique d'une religion est autorisée et même encouragée et que ce fait ne peut être sanctionné.
    Il faudrait arrêter de subventionner les cultes et laisser les communautés croyantes subvenir aux besoins de leurs prêtres,rabins et imams. Pour cela on peut envisager une perception d'impôt spécifique pour ceux qui se déclarent de telle ou telle confession comme cela se fait en Allemagne ou en Suisse. (A vérifier).
    Par extension aucun aménagement "raisonnable" ne doit être envisagé dans l'espace public, dans les entreprises, les services publics etc. Les signes d'appartenance religieuse ne peuvent être provocateurs, au mieux ils ne devraient pas exister ou être très discrets.
    Les autorités politiques ne devraient plus s'afficher dans des messes ou célébrations religieuses (genre Te deum)
    L'idéologie de suprématie de l'homme sur la femme, le rejet de l'infidèle (mépris et ostracisme) ou des minorités pour leur appartenance sexuelle etc, doivent être combattus et poursuivis pénalement

  • Par Michel Noirret - 18/05/2014 - 18:46

    Merci Willy.
    Sans doute faudra-t-il, en prime, encore et encore, rappeler à la Gauche gnan gnan ( une variété de gauche qui oublie que la tolérance n'a jamais fait reculer l'obscurantisme, mais bon, il n'y a pas qu'elle) qu'il ne peut y avoir d'accommodements raisonnables avec cette sorte d'idéologues.