Mensch de l'année 2013

Tamara Danblon : Le devoir de transmission

Mardi 4 Février 2014 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°792

Féministe juive et militante laïque de la première heure, Tamara Danblon aura tout au long de sa vie mis sa créativité au service de la jeunesse : de la célèbre Petite abeille aux contes africains, en passant par la Fête de la jeunesse laïque et la bar-mitzva du CCLJ. Le « Prix du Mensch de l’année 2013 » lui sera décerné aux côtés de Paul Danblon le 23 mars prochain.

 
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    Tamara Galperin nait à Anvers le 13 mai 1937. Ses parents Frieda et Lazare, originaires de la région d’Odessa en Ukraine, sont arrivés en Belgique, au début des années 30, après un long périple. Elle, venant d’une famille juive de grands bourgeois, banquiers traditionalistes, considérés comme les « ennemis du peuple », a fui la révolution russe. Lui, d’un milieu communiste et bundiste, attendant la révolution avec joie, a décidé de suivre Frieda et les siens par amour, laissant le reste de sa famille dans son pays natal. Après un passage en Pologne, le couple émigre à Anvers où il mettra au monde deux filles, Hélène et Tamara, sa cadette de quelques années. A la maison, on parle russe et français.
    « Notre père était un agnostique complet, mais notre mère tenait Kippour », se souvient Hélène Galperin. « Intellectuels et militants de gauche très politisés, nos parents défendaient le judaïsme. Nous avons ainsi vu défiler chez nous tous les réfugiés juifs allemands qui fuyaient eux aussi les persécutions ». Hélène se rappelle des enseignements de sa mère, qui ont très certainement influencé le parcours de Tamara : « M’ayant très tôt appris à lire, elle voulait que cela serve à Tamara et m’a donc poussée à lui raconter des histoires le soir, pour stimuler son imagination ».
    Alors que débutent les premières rafles en août 42, les parents de Tamara trouvent à loger dans une chambre étudiante à Louvain. Frieda sera l’une des premières à cacher ses filles chez Mademoiselle Sorel au château de Linden, non loin de là. Tamara Galperin devient « Mariette Galet ». Un changement d’identité difficile, mais nécessaire pour ne pas être repérée.
    « J’avais 16-17 ans et je travaillais dans les cuisines du château de Linden », témoigne Simon Gutman, caché lui aussi chez Melle Sorel. « Je me souviens d’une dame qui venait faire du repassage et voir ses filles à leur insu, ce qui lui permettait aussi de payer le home. J’ai compris que c’était Frieda lorsque Melle Sorel a été nommée Juste parmi les nations en 1994 ». Le château de Linden réquisitionné en mars 44 par la Wehrmacht, Tamara déménagera avec les autres enfants au château de Branchon, près de Namur, jusqu’à la fin de la guerre.

    La passion contagieuse

    Après la Libération, la famille comprend avec douleur que Frieda, déportée de Malines à Auschwitz en avril 44, ne reviendra pas. La vie peu à peu reprend ses droits, ou plutôt commence pour Tamara. Lazare et ses filles partagent la maison de Mina, la sœur de Frieda, à Anvers. Mina est traditionaliste, c’est chez elle que Tamara vient allumer les bougies de shabbat. Mina considérera Tamara comme sa propre fille. Agé de bientôt 90 ans, son fils David Hirschberg, dit « Shloimo », se souvient : « Tamara était une petite fille adorée, curieuse, volontaire et qui savait déjà très bien défendre son territoire », raconte-t-il. « Tami avait un caractère très fort, elle se faisait remarquer d’abord par sa beauté et était toujours le centre du groupe. Quand elle voulait quelque chose, elle l’avait », confirme Astrid Gunzburg, son amie d’enfance à l’école Tachkemoni et à l’Hashomer Hatzair qu’elle fréquente avec bonheur. Tamara y sera d’ailleurs la madriha de Jean Gol. Astrid souligne : « Après la Shoah, je n’avais plus mon père, Tamara avait perdu sa mère, l’Hashomer Hatzaïr nous a permis de nous reconstruire et de nous donner un idéal, même si tout le monde n’est pas parti en Israël, on était très soudé. L’Hashomer nous a un peu guéris de ce que nous avions vécu pendant la guerre ».
    A la fin de sa scolarité, Tamara décide de suivre des études à l’Ecole normale Berkendael à Bruxelles. Elle se marie également avec le futur psychiatre Willy Szafran dont elle divorcera quelques années plus tard. « A cette époque, elle était ma monitrice au Centre des jeunes (futur Cercle Ben Gourion), un centre de jeunes Juifs tout à fait apolitiques à l’époque », explique l’écrivain et avocat Alain Berenboom. « J’ai gardé un souvenir très fort de Tamara, car c’est elle qui m’a véritablement transmis la passion de la culture. Elle était assez sévère et nous faisait ingurgiter Brecht presque de force, mais même à 12 ans, on aimait ça », sourit-il. « Ce amour du livre, mais aussi le fait de comprendre que les arts en général, le théâtre, le cinéma sont des passions qui peuhui ma vie », affirme le Prix Rossel 2013. « Tamara avait la passion contagieuse et voulait que nous nous intéressions à tout, à la culture moderne et contemporaine, mais aussi au message politique. Elle avait déjà cette volonté de mettre les femmes en avant et revendiquait l’égalité hommes-femmes, voire la supériorité des femmes sur les hommes ! Elle nous a très certainement appris à défendre nos idées, loin du consensus mou ». Tamara Danblon s’investira aussi au CCLJ, dans la Colo Amitié, dont elle sera la directrice en juillet 67, à St Idesbald.

    Deux millions de « Petite Abeille »

    Pour s’aider dans la mise en scène des pièces qu’elle monte avec les jeunes, Tamara a repris quelques années plus tôt une formation de théâtre à l’INSAS. Elle y rencontre le professeur Paul Danblon. Tamara et Paul se marient en 1969. « Libres penseurs convaincus, ils se sont vite compris et ont assimilé les pensées de l’autre à 100%, ce qui leur a permis de faire énormément de choses », note son cousin David Hirschberg. « Elle a même fait de Danblon un sioniste de gauche ! ».
    Tamara Danblon crée le personnage de Petite Abeille, « Dvora » en hébreu, du prénom de sa fille Deborah. « Lorsque la première de mes filles est née, je me trouvais souvent seule avec elle. Confrontée à un bébé avec qui je ne pouvais même pas parler, j’ai été amenée, en me projetant dans l’avenir, à lui inventer des histoires qu’elle serait capable de comprendre plus tard. C’est ainsi que tout a commencé », explique-t-elle alors. Le concept, très neuf, relève d’une vraie démarche pédagogique : écriture cursive spécialement étudiée pour les enfants qui apprennent à lire et à écrire, dessins de Pili Mandelbaum réalisés à partir de découpages et de collages rappelant les travaux faits par les enfants en classe, et note d’une psychologue en page de garde conçue à l’attention des parents et des enseignants. « Tamara a cette philosophie de vie : il faut être utile à la société », analyse Alain Berenboom. « Elle entretenait le côté didactique, mais au nom de belles valeurs, qui manquent peut-être aujourd’hui à une jeunesse en perte de repères ».
    Petite Abeille s’ennuie, Petite Abeille et la télévision, Petite Abeille a un petit frère -Olivier, en réalité la sœur cadette de Deborah, Emmanuelle-, différentes thématiques seront abordées pour faire résonnance aux préoccupations des parents. En quinze ans, les éditions Dupuis publieront 27 titres, avec quelque 2 millions d’albums vendus. Un succès tel qu’un dessin animé Petite Abeille sera diffusé par les télévisions francophones, en Belgique, mais aussi en France, au Canada et en Suisse. Responsable pendant quarante ans de la programmation Jeunesse de la RTBF, Pauline Hubert a pris contact à l’époque avec les éditions Dupuis pour proposer l’adaptation télévisée de Petite Abeille. « Nous travaillions ensemble, Tamara et moi, et sommes vraiment devenues amies », raconte-t-elle. « Diffusée juste avant le JT, Petite Abeille a apporté beaucoup au secteur de la télé, en ayant un rythme différent des autres dessins animés, mieux adapté à la compréhension des enfants, avec une attitude comportementale à leur transmettre ».
    Jusqu’à New York, des restaurants « Petite Abeille » verront le jour, proposant moules-frites, gaufres… et la lecture de Petite Abeille ! Naitra ensuite le personnage de Benjamin, toujours chez Dupuis, pour contenter les petits garçons, avant La famille Nounoubert chez Labor, une série d’histoires espiègles et tendres, mêlées aux saisons de la nature, traduite en plusieurs langues. Tamara Danblon écrit aussi avec Joanna Bruzdowicz et Myriam Fuks le texte d’une comédie musicale Clafoutis Star, l’histoire d’une petite fille trop grosse qui rêve de devenir star. Le spectacle monté au Résidence Palace en coproduction avec le Centre Jacques-Prévert d’Aulnay-sous-Bois près de Paris sera d’ailleurs primé au Festival du Printemps de Bourges. Enfin, elle crée le livret d’un véritable « opéra initiatique pour jeunes », La Prima Donna, à l’Opéra Royal de Wallonie à Liège dont Paul Danblon est alors le directeur.

    « Libre et entravée »

    C’est probablement le titre Libre et entravée que Michèle Sarde donne à sa biographie de Colette, l’auteure favorite de Tamara Danblon, qui la définit le mieux. Celle qui plus tard interdira à ses filles de jouer aux Barbies revendiquera cette liberté dès la fin des années 70, en s’engageant aux côtés de Monique Chalude dans le mouvement GRAFeJ, groupe de réflexion et d’action féministe juif rassemblant « des femmes juives laïques, attachées à leur héritage spirituel et culturel, mais prêtes à remettre en question dans ce patrimoine le rôle traditionnel qui leur a été assigné et à lutter ensemble dans le but de devenir responsable à part entière de leur propre existence », comme le mentionne leur charte. « Nous étions une vingtaine à nous retrouver tous les quinze jours chez l’une ou l’autre, et au CCLJ, pour discuter de tous les sujets, la sexualité, l’agressivité, la guerre… », raconte Monique Chalude. Deux grand colloques seront organisés, l’un sur la transmission, l’autre sur l’identité « Femme et juive », ainsi qu’un débat « Votez femme, pourquoi ? » à l’occasion des élections. L’objectif étant de sensibiliser le public aux droits égalitaires, en invitant de grandes pointures, telle Benoite Groult. « Tamara était très impliquée, très active, truculente et spontanée, toujours pleine d’enthousiasme », poursuit Monique Chalude. « Elle avait énormément d’humour et une capacité à prendre du recul face à sa propre situation ». Ensemble, Tamara Danblon et Monique Chalude créeront le guide « Bruxelles des Femmes » (guides Vokaer), « l’occasion de découvrir d’autres réalités en sortant de l’image stéréotypée des femmes, un guide amusant, intéressant, tout en étant militant », précise Monique Chalude, qui poursuivra le combat féministe toute sa carrière et restera neuf ans la présidente d’Amazone.
    « Petite, je me souviens qu’elle était de toutes les institutions juives, le Service Social Juif, IMAJ… Elle a aussi été présidente du Magen David Adom Belgique », raconte sa fille Emmanuelle, professeur d’argumentation à l’ULB. « Elle a toujours été d’une créativité débordante et très motivante, c’est l’une de ses grandes qualités. A cause de la guerre, elle a eu l’impression de devoir rattraper des bases qu’elle n’avait pas reçues en se retrouvant dans des classes avec des élèves souvent plus âgés. Ce sont ses propres ressources et sa capacité à rebondir qui lui ont permis d’avancer en dépassant ce manque ».
    Tamara Danblon ne se contente en effet pas d’écrire. Elle suscite aussi chez les jeunes l’envie de raconter. Elle rendra ainsi régulièrement visite aux élèves de la Région bruxelloise, donnant lieu à la création de nombreux personnages. Dans les années 90, elle réalisera le même projet au Sénégal, avec l’ONG Case Départ. L’idée étant d’aller, avec une classe de primaires, recueillir des contes traditionnels auprès des anciens et de les restituer en français avec l’aide de l’instituteur.
    Les contes seront ensuite diffusés en Belgique grâce à l’édition d’un petit livre. Tamara Danblon transmettra également ce goût de la lecture à sa fille Deborah, passionnée de littérature jeunesse, qui tient la librairie La Licorne à Uccle depuis 2006.

    La flamme du judaïsme

    Dans le cadre de la Fête de la jeunesse laïque, qu’elle présente avec Paul Danblon, Tamara ajoute à la cérémonie un spectacle, créé pour et par les enfants en classe, avec orchestre, chanteurs et danseurs, guidés par des adultes compétents. Elle s’inspirera de la Fête de la jeunesse laïque pour imaginer le cérémonial de la « bar-mitzva laïque » du CCLJ. « J’ai rencontré Tamara par le biais de Simone Susskind, alors présidente du CCLJ », se souvient Béatrice Godlewicz, directrice d’IMAJ. « Je m’occupais du contenu des cours de l’Année de Judaïsme des Bnei-Mitzva, et Tamara a apporté à la cérémonie la solennité qui lui manquait ». C’est elle qui donnera l’idée d’une grande menorah vers laquelle chaque enfant se dirige pour adresser une bougie à la personne qu’il souhaite, symbolisant la transmission de l’adulte au jeune Bar-Mitzva. David Kronfeld, en 1987, sera le premier à en faire l’expérience.
    Quelques années plus tard, Tamara apprend par son amie Astrid Gunzburg, qui réside à New York, la tenue de la première réunion des enfants cachés en 1991. « Je suis venue en Europe pour préparer l’événement et pour la première fois avec Tami, on a parlé de notre passé, cinquante ans après la guerre », réalise-t-elle. « Tamara est revenue de New York, avec l’envie de faire bouger les choses », explique Mimi Pollak, monitrice à la Colo Amitié, lorsque Tamara en était la directrice. « Elle voulait organiser des séminaires et des rencontres informelles entre enfants cachés, pour qu’ils puissent exprimer leurs frustrations et raconter leur vécu ».
    A l’initiative des premiers rassemblements, Tamara Danblon ne suivra toutefois pas l’organisation dans sa structure officielle, « L’Enfant caché » s’éloignant, selon elle, de la thérapie de groupe et privilégiant les revendications aux soins à apporter aux intéressés.
    Déportée lorsque Tamara était très jeune, sa mère aura eu le temps de lui transmettre la flamme du judaïsme, « pareille à cette petite bougie de Shabbat que les Marranes cachaient dans une armoire », note Emmanuelle. « Une petite lumière qu’on a chacun au fond de nous et qui nous permet, quoi qu’il advienne, de transmettre notre identité et notre fierté d’être juif. Sans nous mettre dans une école juive et sans célébrer les fêtes, notre mère nous a transmis à ma sœur et moi une identité juive très forte, qui se retrouve aussi bien dans notre sensibilité que dans notre façon d’élever nos enfants ». Robin, le fils de Deborah, a ainsi fait sa bar-mitzva à la synagogue Beth Hillel. Quant à Salomé, la fille d’Emmanuelle, elle a suivi l’Année de judaïsme des Bnei-Mitzva au CCLJ.
    Dans un « questionnaire de Proust » soumis à différentes personnalités de la communauté juive et publié par la Centrale en novembre 1971, Tamara Danblon répondait ainsi à la question « Qu’est-ce qu’être juif ? » : « Avoir le sentiment de l’être ». Une réponse qui rejoint les valeurs laïques qu’elle partage avec Paul Danblon. Elle serait même plus convaincue encore que lui, selon sa fille Emmanuelle : « Mes grands-parents étaient laïques et de gauche, et ma mère est une Juive totalement athée », précise-t-elle. « Les grands arguments et les questions de mon père sur l’existence de Dieu nous font d’ailleurs souvent sourire toutes les trois, car ce n’est pas pour nous ce qui est au cœur de la question ».
    En dehors d’un petit comité de discussion qu’elle a lancé il y a quelques années, préoccupée par la dégradation de la perception de l’image d’Israël, et toujours membre d’un groupe de lecture qu’elle fréquente avec d’autres femmes juives, Tamara Danblon garde en tête de nombreux projets. La reine des abeilles n’a pas fini de produire du miel.


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Rene Minska - 10/02/2014 - 20:53

      <p>
      cher monsieur Danblon. ``Votre moto,vous expliquez et nous comprenons ``m&#39;a accompagn&eacute; toute ma vie et donn&eacute; l&#39;amour des sciences. Les ann&eacute;es pass&eacute;s dans votre classe a l&#39;Ath&eacute;n&eacute;e de saint Josse,votre mani&egrave;re de donner cour. Il &eacute;tait une fois une &eacute;mission TV,c&#39;&eacute;tait le le dessert avant le plat principal et la suite accroch&eacute; a vos l&egrave;vres nous r&eacute;ussissions ,avec l&#39;Eno,a assimiler votre mati&egrave;re. Je n&#39;ai rat&eacute; aucune de vos &eacute;missions tv,m&ecirc;me mon p&egrave;re, ne parlant que l&#39;allemand et tr&egrave;s peu le fran&ccedil;ais &eacute;tait accro.Votre &eacute;pouse avait &eacute;t&eacute; la monitrice de Jean Gol et lui-m&ecirc;me a &eacute;t&eacute; mon moniteur a la ch&ocirc;mer hatsair,quel hasard..... Cela me ferait bien plaisir de renouer contact avec vous pour &eacute;changer d&#39;agr&eacute;ables souvenirs. Dans toutes mes relations, il arrive que je vous &eacute;voque en parlant de ma scolarit&eacute;.</p>

    • Par moshe - 12/02/2014 - 13:32

      Chers Madame et Monsieur Danblon,

      Qu'il me soit permis de vous dire que vous avez été mes maîtres à penser et les modèles d'une vie réussie bien que parfois peut-être difficile,.Votre ouverture d'esprit, vos engagements et votre enthousiasme ont enchanté mon adolescence et ma vie d'adulte. Vous m'avez inculqué l'esprit critique, la tolérance et l'envie de la découverte et de l'apprentissage jusque la fin de la vie.

      Enfant de l'immédiat après-guerre (je suis né le 20 mai 1951), j'appartiens à cette génération qui a dû faire face à un siècle meurtrier, à des questions jamais posées, à des horreurs indicibles....

      Vous m'avez guidé et je vous en remercie.

      Félicitations

      Bonheur, sérénité et tolérance.

      Francis Vansteenkiste

    • Par Edith Kuropatwa... - 15/02/2014 - 19:53

      Très émouvant, ce message! Il y a un point que je ne comprends pas: Tamara dit à un moment donné: "lui, communiste et bundiste":
      Cela me semble anti-nomique, car j'ai le souvenir très net, qu'avant la guerre et jusqu'au début de 1942, mon père (Bundiste) et mon oncle (communiste) se disputaient âprement, ce qui gâchait le repas de fête de fin d'année! Notre dernier repas de fête chez mes grand-parents eut lieu à la fin de 1941. En mai 1942, mon père fut arrêté par la Gestapo, car il travaillait dans une imprimerie clandestine. En juin, deux gestapistes en civil sont venus arrêter ma mère à notre domicile et ils l'ont conduite au siège de la Gestapo, avenue Louise. Puis, très poliment, ils m'ont conduite chez mes grand-parents, à Saint-Gilles.

    • Par Dauchot Odette - 12/01/2016 - 21:11

      Les petits livrets pédagogiques qui se trouvaient au centre des livres de Petite Abeille " ont été bien utiles à la maman que j'étais; les histoires pleines de belles valeurs ont fait la joie des soirs où je m'installais près de ma fillette dans son petit lit pour les lui raconter afin qu'elle s'endorme . Aujourd'hui, 25 ans plus tard, je me prépare à les relire à nouveau, avec la même joie , pour mes petits enfants . Ils sont pleins de sagesse .