Au CCLJ

Estelle Goldfarb, violoniste klezmer électro orientale

Vendredi 13 décembre 2013 par Propos recueillis par Géraldine Kamps

La violoniste virtuose Estelle Goldfarb sera au CCLJ le mercredi 18 décembre 2013 à 20h30 pour nous faire découvrir en avant-première ses toutes nouvelles compositions enregistrées pour son premier album solo « Naissance ». Rencontre avec une artiste atypique.

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    Comment votre passion est-elle née ? Je viens d'une famille de musiciens ou plutôt de musiciennes ! Mon père était un grand mélomane et pianiste amateur et mes deux sœurs sont violoncelliste et flutiste. J'ai donc était baignée dans la musique, au départ classique, dès mon plus jeune âge. Très vite, j'ai eu envie de m'ouvrir à d'autres styles : le funk, les musiques d'Europe de l'Est, le Jazz...

    Vous vous définissez comme une « violoniste électro klezmer orientale », pouvez-vous nous expliquer ? A vrai dire, je n'aime pas trop les étiquettes, mais cela donne des repères au public. J'ai développé au fur et à mesure des années un langage musical propre où fusionnent mes influences les plus marquantes : la musique juive d'Europe de l'Est (c’est-à-dire le klezmer), la musique orientale et les musiques électro actuelles. Donc, en résumé, cela donne « violoniste klezmer électro orientale » !

    D'où votre inspiration vous vient-elle ? De manière probablement inconsciente, la musique classique m'a influencée, car c'est ce que j'entendais à la maison petite. Depuis l’âge de 15 ans, j'étais une grande fan de Prince ! Ensuite, je me suis ouverte au klezmer, ainsi qu'aux musiques improvisées. Quand je suis arrivée à Paris, il y a dix ans, j'ai rencontré des musiciens égyptiens et j'ai aussi puisé dans cette culture. J'ai pas mal écouté dans les années 90 toute la musique électro indienne venant de Londres, mouvement que l'on appelle l'Asian Underground, avec des musiciens comme Talvin Singh, Nitin Dawhney. Enfin, ces dernières années, mes influences sont plutôt du côté d'Avishai Cohen, Camille, Ibrahim Maalouf, Chilly Gonzalez...

    Votre premier cd solo s'appelle « Naissance ». Y a-t-il un avant et un après ? Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour le sortir ? C'est comme le bon vin, parfois il faut attendre. Il y a dix ans j'ai fait quelques concerts avec des musiciens différents, ce qui m'a permis d'expérimenter plein de choses. Je composais les mélodies et arrangeais les morceaux avec les musiciens, je reprenais aussi des mélodies traditionnelles juives que je remixais de manière électro. J'étais à cette époque dans une démarche « d'instantanéité » si l’on peut dire.

    Il y a quatre ans, j'ai commencé à composer de manière beaucoup plus approfondie en concevant non seulement les mélodies, mais aussi les accompagnements et les rythmiques. Comme je n'aimais pas trop les sons synthétiques, j'ai composé toutes les parties moi-même avec mon violon (que j'utilisais parfois comme une guitare ou une contrebasse en traitant les sons électroniquement) et ma voix que j'utilisais en beatbox pour les rythmiques. Je faisais tout toute seule ! C'est comme une catharsis pour moi, mais pour faire l'album, il a fallu ouvrir ce dialogue entre moi et moi-même. Cela m’a pris un peu de temps avant de trouver les bonnes personnes pour réaliser cet album ! J’envisage de faire des concerts et je ne compte pas m'arrêter à un seul album, le second arrivera avant dix ans !

    Que verra-t-on le 18 décembre au CCLJ ? Pour le live, on sera quatre sur scène : violon, guitare, contrebasse et percussions (Zé Luis Nascimento musicien de Ayo et Titi Robin). Il y aura un rappeur belge en guest : Herb Cells. Notre musique est assez accessible, même si c'est de la musique instrumentale. Nous nous adressons donc à tous les publics, de 7 à 77 ans... et même de plus jeune encore (ma musique semble plaire aux bébés également !) jusque 120 ans !

    Plus d’infos : www.estellegoldfarb.com   
     


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Claudine Biefnot - 14/12/2013 - 10:32

      Estelle Goldfarm, nous nous réjouissons de venir au Centre Culturel, pour l'entendre, la revoir.
      Nous avons gardé d'un petit concert privé chez Feliciane, le souvenir d'une personne lumineuse et d'une grande
      musicienne.
      Quel bonheur ce sera de l'entendre à nouveau!
      Claudine et Michel

    • Par Yoram - 15/12/2013 - 12:59

      Je ne sais pourquoi vous avez cru bon d'imposer le formatage du mot "virtuose". Estelle Goldfarb est tout sauf une "violoniste virtuose". Il n'y a d'ailleurs aucune obligation à l'être, même pour jouer du violon et ravir qui veut l'être.

    • Par Votre nom - 16/12/2013 - 14:39

      Qu'appelez-vous "virtuose", Yoram ?

    • Par Yoram - 16/12/2013 - 15:10

      C'est plutôt à Géraldine qu'il faudrait poser la question du sens qu'elle donne au mot "virtuose". Sinon, voyez le dictionnaire. Je ne demande pas à Estelle de savoir mieux tenir un archet qu'elle ne fait.

    • Par Votre nom - 17/12/2013 - 11:39

      Elle le fait très bien, telle que le dictionnaire le précise, si c'est là votre définition.

    • Par Yoram - 18/12/2013 - 15:29

      A "votre nom" : j'ai vainement tenté de vous répondre en vous invitant à demander à Estelle elle-même si elle se considérait comme une virtuose, ajoutant que je m'inclinerais devant son avis. Je ne sais pourquoi on n'a pas voulu vous communiquer cette réponse. Je ré-essaie donc. Y ajoutant que, pour ma part, je ne me soucie jamais de savoir si les musiciens que j'aime sont ou non des virtuoses. C'est un souci qui m'est étranger. Richter, Meyer, Fischer-Dieskau, Horowitz, Leonhardt, Verlet, que sais-je encore, virtuoses ou pas, me ravissent. J'avais du coup été intrigué par le mot employé par Géraldine et plus intrigué encore de découvrir qu'elle l'appliquait à la technique rudimentaire - me semble-t-il - d'Estelle.

    • Par geraldine - 19/12/2013 - 11:31

      <p>
      Les virtuoses affirment rarement qu&#39;ils le sont, cela fait peut-&ecirc;tre partie aussi de leurs qualit&eacute;s. Mais je peux vous le confirmer apr&egrave;s le concert d&#39;hier o&ugrave; vous &eacute;tiez peut-&ecirc;tre. Estelle Goldfarb&nbsp;a un talent fou. Elle a conquis le public&nbsp;du CCLJ et mis l&#39;ambiance comme peu avant elle, en apportant par ailleurs au klezmer une modernit&eacute; extraordinaire.</p>

      <p>
      Bien &agrave; vous</p>

      <p>
      G. Kamps</p>

    • Par jeanmarc - 21/12/2013 - 11:23

      <p>
      J&#39;ajoutes que la notion de virtuose ne prend pas en compte que la seule technique. C&#39;est bien davantage l&#39;utilisation cr&eacute;atrice qui en est faite indiff&eacute;remment du degr&eacute; de technicit&eacute; &eacute;lev&eacute;e du musicien, et indiff&eacute;remment du style de musique propos&eacute;.. Ainsi, St&eacute;phane Grappelli et Jean-Luc Ponty sont des virtuoses comme l&#39;&eacute;tait mon cher Arthur Grumiaux, Oscar Peterson comme Arthur Rubinstein, Jean-Pierre Rampal comme Herbie Mann...</p>

    • Par Yoram - 21/12/2013 - 17:52

      Jean-Marc, j'ai dit que la notion de virtuosité m'était étrangère, que je n'en faisais pas mon souci. Elle me paraît sans intérêt et ce que vous ajoutez aurait tendance à le confirmer, tout comme le passage opéré par Géraldine de la virtuosité au "talent fou". Ma première intervention visait seulement le recours à un cliché dans l'article de Géraldine.
      .
      Un exemple. On peut voir et entendre sur youtube Horowitz enregistrer le second mouvement du concerto n°23 de Mozart. Je n'ai - jusqu'ici - retrouvé cette féerie-là nulle part ailleurs. Est-ce là de la virtuosité ? Les autres seraient-ils moins virtuoses que le vieux Horowitz ?
      .
      Je trouve enfin savoureuse la manière dont Géraldine laisse entendre pourquoi Estelle pourrait ne pas convenir qu'elle est une virtuose.