Culture

'Au fil(m) du temps' : le cinéma juif en fête

Mercredi 27 Février 2013 par Propos recueillis par Géraldine Kamps

Pour sa 15e édition, le Brussels Jewish Film Festival se déroulera du 3 au 9 mars 2013 au Cinéma Galeries. Un vrai cinéma pour un vrai festival qui fait la part belle aux films israéliens, inédits et avant-premières, sans parler des documentaires et des courts-métrages, avec une rétrospective spéciale Betty Boop ! Rencontre avec la directrice d’IMAJ, Béatrice Godlewicz.

 

Le festival du film juif « Au fil(m) du temps » proposé par l’Institut de la mémoire audiovisuelle juive (IMAJ) fête en 2013 sa 15eédition. En quoi sera-t-il différent des autres années ?

Nous avons voulu marquer les esprits avec un festival plus festif et plus coloré, avec de la musique (Krupnik, Klezwatever et DJ)et des événements autour des films, ainsi que de nombreux invités. Nous avons aussi choisi cette année de l’organiser au Cinéma Galeries et non plus à l’Espace Senghor, pour avoir accès à de vraies salles de cinéma.

Votre programmation s’adresse à un large public. Quels en sont les points forts ?

Il y a d’abord la soirée d’ouverture, le 3 mars à 19h, avec une avant-première, le film Fill the Void, Lion d’Or à Venise et premier long-métrage de Rama Burshtein qui nous fera l’honneur de sa présence. C’est une femme exceptionnelle, laïque devenue ultra-orthodoxe, qui réalise donc un film que sa communauté ne verra jamais, un peu à la façon de l’auteure américaine Naomi Ragen. Elle nous donne pourtant une image très positive de sa communauté, on est loin de Kadosh d’Amos Gitaï. C’est une très belle réalisation. Deux autres films israéliens seront présentés : Room 514 (mercredi 6 mars à 19h) est un huis clos psychologique dans lequel une jeune soldate mène l’enquête auprès de soldats qui ont maltraité des Palestiniens, avec cette idée, au-delà du conflit entre les deux parties, du conflit intérieur qui peut ronger ces hommes. Les voisins de Dieu traitera quant à lui de ces religieux extrémistes qui veulent faire la loi dans leur quartier, en prenant la peine de ne pas généraliser, en parlant aussi de ceux qui sortent du rang. Un beau film qui clôturera le festival, avec la présence exceptionnelle du réalisateur Meni Yaeshet de l’acteur principal Roy Asaf.

Vous proposez une soirée polonaise le mardi 5 mars sur le thème de la Shoah, avec le soutien de l’ambassade de Pologne.

Tout à fait, avec, pour commencer, à 18h, le documentaire Une enfance à l’ombre de la mort, en présence de Henriette Kretz, peintre anversoise, cachée par une famille polonaise, dont c’est l’histoire. A 19h, My Australia, film polono-israélien, aborde la difficulté d’être juif après la guerre en Pologne et l’adaptation nécessaire ensuite pour se reconstruire en Israël comme ailleurs. A 21h, le film Joanna nous racontera le destin d’une femme polonaise qui a sauvé une petite fille juive, mais qui n’a jamais été reconnue comme Juste et sera même, au contraire, considérée comme une collaboratrice !

La rétrospective Betty Boop animera tout le festival ?

Effectivement. Beaucoup l’ont peut-être oublié, mais Betty Boop vient d’une famille juive ! Nous avons donc sélectionné des extraits qui seront projetés avant chaque film. Un film sera plus spécifiquement adressé au jeune public dès l’âge de 10 ans, et notamment aux écoles, le jeudi 7 mars à 9h. Il s’agit de David, ce jeune garçon musulman qui se perd dans une école de Talmud Torah et se lie d’amitié avec des enfants juifs, à l’insu de ses parents. Un film rempli d’espoir. Nous célébrerons aussi à notre façon la Journée de la Femme en proposant la veille, le jeudi 7 mars à 19h, le documentaire américain Women unchained, sur le get et les solutions trouvées, en présence de la prof. Liliane Vana qui viendra débattre du sujet.

Le Prix Georges Schnek, premier président et fondateur d’IMAJ, sera remis pour la troisième année ?

C’est bien cela, et la première fois depuis son décès l’an dernier. Notre jury, présidé par Tania Garbarski (Le Tango des Rashevski) et composé de plusieurs spécialistes du cinéma, réalisateurs, producteurs et critiques cinématographiques, remettra le Prix Georges Schnek, d’une valeur de 1.000 euros, à l’un des films du festival non distribués en Belgique.

Brussels Jewish Film Festival du 3 au 9 mars 2013

Cinéma Galeries, Galeries Royales Saint-Hubert, 1000 Bruxelles

P.A.F. : 8 € (sauf soirée d’ouverture et de clôture sur réservation : 10 €), 6 € étudiants/seniors. Pass : 20 €

Infos et réservations : 02/344.86.69 ou [email protected]- www.imaj.be


 
 

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