Témoignage

Henri Elberg : " …jusqu’à mon dernier souffle "

Dimanche 7 novembre 2010 par Denis Baumerder

Le vendredi 19 novembre au CCLJ, cet homme de 86 ans, Henri Elberg, rescapé de la mort, vous racontera l’arrivée de sa famille en Belgique, la dénonciation par le sinistre Jacques, le camp de Breendonk, puis Malines-Transit en août 1942…

 
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    Ils étaient 1.800 dans le 8e convoi. Huit sont revenus. « Je suis le dernier en vie... », confie Henri Elberg. Il se souvient avec précision des neuf camps où il a séjourné et souffert, confronté à l’horreur que l’on sait. Travailler ou mourir. « J’avais 17 ans et j’étais heureusement plutôt costaud ».

    Chil, comme on le surnomme, a connu Auschwitz-Birkenau et revit avec ses tripes la mort qui ?frappait alors de façon implacable, l’amoncellement des cadavres destinés aux fours crématoires... « Huit fours qui n’arrivaient plus à suivre la cadence ». Sur place, il apprend le massacre de ses ?parents. Sa rage de survivre ne fera que décupler. Henri Elberg est libéré par les Américains après 34 mois de souffrances indicibles. A 20 ans et comme tant d’autres, il rentre soutenu par des béquilles. Après un an de sanatorium, il reconstruit sa vie, travaille notamment en maroquinerie chez Racimora, fait partie de la Hagana en Israël, avant de revenir en Belgique. « Pendant 52 ans, j’ai ensuite connu le bonheur avec ma merveilleuse Lucienne... ».

    Malgré le deuil cruel qui le frappe, il rebondit et continue de témoigner inlassablement dans les écoles et devant les auditoires. Comme ses compagnons d’infortune Henri Kichka, Benjamin Silberberg et quelques autres rares et courageux rescapés. ?« Récemment, j’ai parlé à 750 élèves en quatre jours. J’accompagne aussi des groupes à Auschwitz, et je reçois des lettres pleines d’émotion. Je continuerai jusqu’ à mon dernier souffle… », affirme-t-il encore. « Le monde non juif et surtout les jeunes doivent savoir ce que l’antisémitisme et ?le racisme peuvent engendrer. Et quand certains élèves me demandent : “Mais Monsieur, comment avez-vous pu survivre à tout ça ?”, je leur montre mon numéro sur l’avant-bras, je leur parle de mes disparus, de mon peuple décimé et aussi d’un peu de chance... ». Et d’un miracle qui un jour, lors d’une mortelle « sélection », l’a fait passer « illégalement » dans la bonne file au lieu de l’autre... « Chaque fois que j’y pense, j’en ai encore des frissons ».


     
     

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