Le mot du président
David Susskind est parti. Un Mensch nous a quittés.
Rubrique: Politique & Société

C’est avec une grande tristesse et une très profonde émotion que nous avons appris le décès de David Susskind, président d’honneur et fondateur du Centre communautaire laïc juif CCLJ. Il s’est éteint paisiblement chez lui. Il avait 86 ans.

La communauté juive de Belgique vient de perdre un grand homme, un Mensch. Homme de courage et de convictions, David Susskind a tout au long de sa vie milité en faveur du peuple juif dans une perspective humaniste. De la création du CCLJ en 1959 à son engagement actif dans la Fondation du judaïsme pour la restitution des biens juifs spoliés, en passant par le combat pour les Juifs d’URSS, contre le Carmel d’Auschwitz et son soutien sans faille au camp de la paix en Israël, David Susskind a toujours veillé à assurer la continuité du peuple juif.

En créant le CCLJ, David Susskind s’est attaché à promouvoir une identité juive laïque,  humaniste et ouverte sur le monde. Il a fait du CCLJ un espace où les Juifs peuvent vivre pleinement leur identité en dehors de la religion et de la synagogue.

Homme d’exigence au caractère affirmé, il sut tout au long de sa vie faire vivre la communauté juive de Belgique en cherchant à faire de celle-ci une composante active et dynamique de la vie publique du pays. Citoyen totalement investi dans l’action politique et communautaire, il marqua sa présidence du CCLJ et celle du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) par son attachement aux valeurs démocratiques et son sens aigu de la justice pour tous.

David Susskind a toujours exprimé sa profonde solidaritéà l’égard d’Israël qu’il portait dans son cœur et sa conscience. Il a très tôt lutté pour qu’Israël vive en paix avec ses voisins arabes. Pour ce combat essentiel, il s’est battu comme un lion, n’hésitant pas à braver des interdits et à briser des tabous en organisant à Bruxelles des rencontres secrètes entre Israéliens et Palestiniens. Il est parti sans voir la paix, tant souhaitée, tant espérée.

Quel que soit le combat qu’il a mené, toute l’action de David Susskind était guidée par une maxime énoncée par un des plus grands sages de la Torah, Hillel l’ancien : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ?».

« Suss », c’était aussi l’ami. Celui qui écoutait, qui conseillait, qui aidait, qui donnait sans compter. Il accueillait par la plus chaleureuse des poignées de main. Il savait charmer avec un sourire et consoler par une accolade. Son registre de blagues juives égayait les réunions de travail les plus ardues. Passer une soirée avec lui, échanger quelques mots en yiddish, croiser son regard intelligent et complice. C’était un moment de bonheur.

Pour beaucoup, c’était un maître qui indiquait la direction, qui encourageait à la réflexion. Combien d’entre nous ne sont-ils pas venus à l’action politique, à l’amour de servir la communauté à son contact. Suss a formé et enthousiasmé des générations de militants à qui il a enseigné que vouloir, c’est déjà pouvoir.

Il nous a éclairés et réchauffés. Ce père spirituel nous a transmis des idéaux de justice et de liberté. Il est entré dans l’Histoire. A présent, il nous reste sa mémoire et son énergie.

Sa passion pour le peuple juif et son amour de la liberté continueront de nourrir notre réflexion, son parcours exceptionnel inspirera toujours nos engagements.

David Susskind est toujours parmi nous. Il nous tient la main pour passer le pont étroit. 

Mardi 6 décembre 2011
Henri Gutman

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Le président a raison : David Susskind a été un très grand homme, un peu inclassable parce que capable de plaire et de déplaire en poursuivant toujours son idéal : un peuple juif libre de toutes les contraintes, c'était peut être là cela son moteur.

Chère Simone et Michèle,
Je pense souvent à vous ces jours-çi.
Suss était un personnage unique qui m'a beaucoup inspiré: FAIRE!
Je vous souhaite d'accepter son départ avec harmonie.
Jacqui Sussholz