Chronique d'une mère (juive)
La nostalgie n'a pas d'âge
Rubrique: Judaïsme & Culture

Maman : trentenaire un peu débordée

Enfants : un ptit gars de 5 ans et demi, une blondinette de 2 ans et 9 mois.

La blondinette : « Y a Marcel qui donne du chocolat… »

Comme à son habitude, c’est sur le chemin de l’école, que le p’tit gars s’est lancé dans une grande discussion. « Est-ce que tu peux m’expliquer comment c’est chez les Papys et Mamies parce que j’étais petit et j’ai oublié », a-t-il subitement demandé à sa petite sœur.

Chaque vendredi, avec la crèche du CCLJ, la blondinette a en effet la chance de rendre visite aux Papys et Mamies de l’Heureux Séjour. Une tradition et une véritable expédition à laquelle se livre le groupe des grands (deux ans et demi, tout est relatif) pour aller prendre le goûter de Shabbat avec les plus anciens de la communauté.

La blondinette a tôt fait de résumer l’événement : « Y a Marcel (le directeur, ndlr) qui donne du chocolat, et puis on chante avec Myriam (Fuks) et on danse avec André (Reinitz) ! ». Aux dires des résidents qui voient arriver dans leur home quelques spécimens des nouvelles générations, la visite constitue un vrai rayon de soleil. Elle est aussi un moment privilégié pour ces enfants, reçus le temps d’une après-midi en parfaits VIP !

Le p’tit gars est curieux, et poli : « Et est-ce que je peux te poser une question : vous y allez comment ? En camionnette, en bus, en train ? ». Il en faut plus à la blondinette pour se démonter : « On prend le bus », affirme-t-elle fièrement. Avec Patrick, qui transforme pour l’occasion son véhicule en exceptionnel convoi de sièges bébés ! Le p’tit gars se désolidarise, un rien blasé : « Ah, parce que moi, maintenant, je fais des choses sérieuses, je vais à l’école… ».

Le temps passe décidément vite pour tout le monde, au point que les petits semblent déjà nostalgiques de leur petit parcours. Aussi n’hésitent-ils pas à nous demander régulièrement de revoir les albums photos de leur naissance ou de leur rappeler ce que nous faisions, nous, à leur âge.

« Tu peux me raconter quand tu étais petite ? », m’a un jour envoyé le p’tit gars, alors que je m’éreintais à ne pas arriver en retard. « Quoi, là, maintenant, tout de suite ? », ai-je répondu, prise au dépourvu. « Ben oui, je sais pas moi, vous aviez une Toyota, une Volkswagen ? », a-t-il poursuivi sans broncher.

Je ne sais plus comment cela s’est terminé. Avec un peu de chance, on sera tombé sur un copain, et ils auront fait la course. Au pire, j’aurai répondu : « Ah non, pas de Volkswagen ! », mais ce n’est pas sûr. Ce qui compte, c’est de faire durer les souvenirs pour leur transmettre ce qu’ils peuvent en retirer de meilleur. Ecouter notre histoire non seulement les rassure, leur montre qu’on a souvent dû s’y reprendre à plusieurs fois avant de réussir. Mais cela nous permet à nous aussi de revenir sur notre propre parcours, en nous rappelant que nos enfants, qui ont déjà toutes les qualités, n’ont pas l’obligation d’être parfaits. Ce serait d’ailleurs tellement ennuyeux. 

Mardi 6 mars 2012
Laura K.

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