Préentation du livre & débat

Mercredi 27 Septembre 2017 à 20:00

Le pervertissement totalitaire : La banalité du mal selon Hannah Arendt PODCAST

De Martine Leibovici et Anne-Marie Roviello. Présentation du livre en présence des deux auteures animée par Michel Gheude. Depuis le cinquantenaire du procès Eichmann, nombreuses sont les publications qui réaniment la polémique de 1963. On suppose, par exemple, qu’Arendt, trompée par l’apparence qu’Eichmann a voulu donner de lui–même pour se défendre, aurait dressé le portrait d’un terne bureaucrate se contentant d’obéir aux ordres. Cet ouvrage se propose d’examiner ce genre d’arguments ainsi que les faux débats que ces publications ont réouverts autour de la notion de banalité du mal, constamment banalisée tant par ses détracteurs que par ceux qui pensent la reprendre à leur compte.

L’expression oxymorique de « banalité du mal » n’indique pas une banalisation du mal que fut le génocide des Juifs par les nazis, mais sa neutralisation par le banal, cette déréalisation du mal, par ses auteurs, se révélant une dimension constitutive de sa monstruosité criminelle. Pour en saisir l’enjeu et le caractère sans précédent, il est nécessaire d’en contextualiser l’efficacité meurtrière par rapport à ce que nous appelons le pervertissement totalitaire.
Fondé sur un dispositif de perversion de la dimension même de la loi au sens politique, juridique et moral du terme, le totalitarisme pervertit l’aspiration éthique elle-même et produit cet autre oxymore qu’est la spontanéité organisée, faisant apparaître des criminels sans culpabilité, dont le dés-intéressement idéologique, qui leur tient lieu d’intimité, s’exprime comme jusqu’au-boutisme meurtrier, ces criminels revendiquant, pour s’en glorifier, leur criminalité extrême comme un sublime devoir.
Telle est la force de la réflexion d’Arendt : ne renonçant pas au postulat de la liberté humaine et à l’exigence adressée à chacun de répondre de ses paroles et de ses actes, c’est toujours la question de la nature et des conditions de la responsabilité qu’elle veut élaborer jusque dans les situations où celle-ci semble disparaître.

Martine Leibovici est Maître de conférences-HDR émérite de philosophie à l’Université Paris Diderot-Paris 7.

Anne-Marie Roviello est Professeure de philosophie de l’Université Libre de Bruxelles.

Chacune a, entre autres, publié plusieurs livres sur Hannah Arendt.

Podcast: 

En savoir plus

  • Anne-Marie Roviello : Arendt face à Eichmann

    Dans Le pervertissement totalitaire : la banalité du mal selon Hannah Arendt (éd. Kimé), Anne-Marie Roviello, professeure de philosophie (ULB), et Martine Leibovici, maître de conférences (Université Diderot-Paris 7), toutes deux spécialistes d’Arendt, proposent une relecture du procès Eichmann à Jérusalem, en revenant sur la polémique suscitée par les écrits de la philosophe Hanna Arendt. Elles présenteront leur livre le 27 septembre 2017 à 20h au CCLJ.

Informations

Où : CCLJ - RESTAURATION POSSIBLE AU FOYER DU CCLJ DÈS 18H45

Quand : Mercredi 27 Septembre 2017 à 20:00

Contact : 02/543.01.01 ou [email protected]