Présentation du livre & débat

Mercredi 1 Février 2017 à 20:00

Jérôme Segal : " Athée et juif : Fécondité d'un paradoxe apparent "

Rencontre animée par Henri Gutman.Contrairement à une opinion commune, les termes « juif » et « athée » ne sont pas incompatibles. Sous la forme d’un essai tout à la fois argumenté et engagé, ce livre évoque la richesse de l’identité juive dès lors qu’elle s’émancipe du poids de la religion. Car il existe bien une identité juive culturelle, pluriséculaire, en perpétuelle évolution, libérée des dogmes religieux archaïques. A l’inévitable question « Qui est juif ? », l’auteur apporte une réponse éloquente : est juif qui se dit juif, quelles que soient ses raisons, culturelles, familiales ou philosophiques...

Clairement distinguée du judaïsme, la judaïté – la diversité des manières d’être juif – devient alors passionnante. Pour beaucoup, elle se vit sous la forme d’une solidarité essentielle, contribuant à la mise en place d’un nouvel humanisme dont l’Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie – le Bund – en fut, à la fin du XIXe siècle, un précurseur héroïque. Cet humanisme s’inscrit dans un mouvement séculaire de désaliénation vis-à-vis du religieux, dont Spinoza fut l’un des premiers acteurs, préfigurant en cela le siècle des Lumières. Pour d’autres encore, judaïté rime avec cosmopolitisme et modernité – c’est pré­ci­sément pourquoi l’historien Yuri Slezkine put nommer le siècle dernier le « siècle juif », au sens d’une identité universellement partageable car non exceptionnaliste et non essentialiste, par conséquent non hégémonique.
Dans une époque marquée par un déchaînement xénophobe et l’essor des commu­nau­ta­rismes, l’approche prônée par Jérôme Segal est salutaire : un appel à se délivrer des identités turbides et rigides, afin d’endosser des identités fluides et évolutives, libératrices. Cet essai peut ainsi se lire comme une invitation à des développements similaires, et à des rapprochements, dans d’autres milieux, no­tamment musulmans.

Préface de Jacques Le Rider. Postface de Guy Konopnicki. Livre paru aux Editions Matériologiques. Jérôme Segal est maître de conférences en histoire à l’université Paris IV (ESPE Paris). Il est également chercheur associé à l’UMR SIRICE (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe) à Paris ainsi qu'à l'Institut Ludwig Boltzmann d'histoire sociale à Vienne. Diplômé de l’Ecole centrale de Lyon, il a poursuivi ses études avec une thèse en histoire des sciences à l’université de Lyon suivie de recherches postdoctorales à l’Institut Max Planck d’histoire des sciences de Berlin. Ses publications sont disponibles sur son site.

Ce livre répond notamment à ces questions, et à bien d'autres : 
- Pourquoi le fondateur du sionisme politique, Theodor Herzl, a-t-il refusé de faire circoncire son fils Hans ?
- Pourquoi Juifs et Roms ont-ils à apprendre les uns des autres ?
- Comment le candidat démocrate à l'investiture présidentielle Bernie Sanders a-t-il présenté sa judaïté et pourquoi ?
- Dans lequel de ses films Woody Allen évoque-t-il la circoncision ?
- Pourquoi le premier congrès sioniste s'est-il tenu à Bâle et pas en Allemagne ni en Autriche où vivaient la majorité des congressistes ?
- Faut-il vraiment, comme Bernard-Henri Lévy le demande dans L’Esprit du judaïsme "refermer la parenthèse de l’athéisme philosophique et politique" ?
- Voltaire a-t-il été antisémite ?
- Pourquoi au début du XIXe siècle des Juifs ont-ils renoncé à la circoncision ?
- Comment expliquer qu'en 1934, à Vienne, les Juifs représentaient 85 % des avocats, 82 % des personnes travaillant dans les bureaux de crédit, 75 % des banquiers et  52 % des médecins… alors qu’ils ne représentaient que 9 % de la population ?
- Pourquoi le mot Shoah pose-t-il problème ?
- Pourquoi Theodor Herzl a-t-il souhaité placer l'Etat juif en Argentine et en Ouganda ? 
- Quel lien entre l'histoire de la judaïté et l'antispécisme ?
- Le Talmud enseigne-t-il vraiment "Qui sauve une vie sauve le monde" ?
- Si le peuple juif est une construction, pourquoi y a-t-il des maladies génétiques qui touchent particulièrement les Juifs ashkénazes ?
- Pourquoi, lorsque Georges Perec s'est rendu avec Robert Bober à Ellis Island pour y tourner un film et écrire un livre, a-t-il mieux compris sa judaïté alors que ce lieu ne concerne pas l'histoire de sa famille ?
- Pourquoi en Israël des femmes juives noires ont-elles été stérilisées à leur insu ?
- Israël est-il vraiment, comme Bernard-Henri Lévy l'affirme dans L’Esprit du judaïsme "un pays où [l]e problème de la multi-ethnicité a trouvé une solution" ?
- Pourquoi si entre 1886 et 1901, en Prusse, la part des Juifs qui dépassent le niveau du certificat d’études passe de 46,5 à 56,3 %, ce taux ne passe chez les enfants chrétiens de 6,3 à 7,3 % ?
- Pourquoi faudrait-il dépasser l'opposition entre sionisme et antisionisme ?
- Quel lien peut-on faire entre course à pied et judaïté ?
- Pourquoi à l’été 1964 ce sont deux militants juifs qui ont été assassinés avec un de leur compagnon noir par le Klu Klux Klan ?

En savoir plus

  • Athée et juif

    Historien, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne, travaillant actuellement à Vienne, en Autriche, Jérôme Segal a publié Athée et Juif, fécondité d’un paradoxe apparent (éd. Matériologiques), un essai sur la richesse d’une identité juive culturelle, pluriséculaire, en perpétuelle évolution, libérée des dogmes religieux archaïques. Il présentera son livre ce mercredi 1er février 2017 à 20h au CCLJ.

Informations

Où : CCLJ - RESTAURATION POSSIBLE AU FOYER DU CCLJ DÈS 18H45

Quand : Mercredi 1 Février 2017 à 20:00

Contact : 02/543.01.01 ou info@cclj.be - RÉSERVATION INDISPENSABLE !