Cycle de conférences "Les croyances à l'exercice de la Vérité"

Jeudi 28 Mars 2019 à 20:00

Jean-Pierre Winter : " Dieu Le père à l’épreuve de la psychanalyse "

De l’essai : L’avenir du père (réinventer sa place) – Albin Michel. Discutants : Pascale Champagne; Jean Noël et Philippe van Meerbeeck. La place du "père" n’est pas aisée de nos jours, on dirait que tout concourt à vouloir l’évincer, de la conception in vitro à la mère porteuse, en partant, bien entendu et depuis toujours, des filles-mères ayant enfant de père inconnu. Si on veut l’évacuer c’est bien qu’elle nous hante, car quand bien même la place du père n’est pas clairement établie, elle insiste jusque dans son absence. C'est sur ambiguïté que nous vous invitons à entendre Monsieur Winter, qui, par extension, parlera de la place de Dieu le Père. Nous invitons au CCLJ cet éminent psychanalyste dans le cycle développé par le CCLJ et l’asbl Insistance « les croyances à l’exercice de la Vérité ».

Jean-Pierre Winter est philosophe, psychanalyste, ayant suivi l’enseignement de Jacques LACAN, assisté Françoise DOLTO, fondé le Coût Freudien avec Alain Didier-WEILL, a écrit de nombreux ouvrages  dont : Dieu, l'amour et la psychanalyse, Bayard, 2011, Transmettre (ou pas), Albin Michel, 2012, Peut-on croire à l'amour? avec Nathalie Sarthou-Lajus, Le Passeur, 2015. Monsieur Winter a été un expert consulté par le Senat de France sur les questions de bioéthique dans le cadre de la Loi du « Mariage pour tous »

Ce nouveau texte est moins évident qu’il n’y paraît. De prime abord, la trame est simple, la lecture en est aisée, mais Winter nous fait simple sans pour autant être facile, alors que j’ai connu par le passé (surtout en psychanalyse) des auteurs extraordinairement compliqués mais qui, in fine, étaient très faciles. Et donc, on se lance dans la lecture avec plaisir, pas besoin de se torturer l’esprit avec une langue lacaniennement casher pour en saisir toute la profondeur et la justesse.

Oui, la place du père n’est pas aisée de nos jours, on dirait que tout concourt à vouloir l’évincer, de la conception in vitro à la mère porteuse, en partant, bien entendu et depuis toujours, des filles-mères ayant enfant de père inconnu. Avec le mariage pour tous, la conception d’enfant hors relation père-mère va encore plus loin en voulant faire l’économie de la différence sexuée. On aboutit à cette conception étrange de vouloir justifier biologiquement l’homosexualité tout en affirmant tout de go que la parentalité hétérosexuelle ne doit son assise qu’à la culture humaine. Autrement dit, on utilise les arguments biologiques de l’adversaire pour justifier son positionnement qui voudrait évacuer, d’une manière ou d’une autre, la place du père.

Si on veut l’évacuer c’est bien qu’elle nous hante, car quand bien même la place du père n’est pas clairement établie, elle insiste jusque dans son absence. Cas cliniques très précis pour justifier la chose, comme cet homme qui ne comprenait pas que sa mère et sa grand-mère refusent obstinément de dire qui était son père… Et quand le psychanalyste suggère de poser la question autrement, comme « pourquoi refusez-vous de répondre ?», la réponse de la mère fuse et soulage : « c’est ton père lui-même qui m’a intimé de ne pas donner son nom ». La mère ici n’est pas une femme qui dénie l’existence de ce père mais qui lui est fidèle en respectant sa parole. Inutile de dire que cet homme a pu enfin commencer son analyste dans un esprit plus serein. La place du père est bien là, constituante, jusque dans son absence. Preuve encore est faite dans les cas cliniques de la psychose impliquant la forclusion du Nom du père.

Ajoutons que ce voyage passe par de très belles pages comme la figure de Churchill ou l’image du père bouffon du très beau film « La vita è bella » de Roberto Benigni, ou encore la recommandation faite par Dolto du pardon du Père. Si le père est là pour nommer ce qu’il y a de muet dans le réel afin que l’enfant puisse cheminer dans un univers qui lui est étranger, si le père est là pour borner ce réel afin que l’enfant puisse s’autoriser de lui-même, quel est donc le rapport entre la Vérité et la place du père ? C’est en tout cas la question que nous poserons à Monsieur Winter dans la quête sans fin de vérité qui nous habite. (Jean Noël)

En savoir plus

  • Dieu le père à l'épreuve de la psychanalyse

    Dans son essai L’avenir du père. Réinventer sa place (éd. Albin Michel), Le psychanalyste Jean-Pierre Winter invite à réfléchir sur les bouleversements entraînés par la fin du patriarcat occidental. Jean-Pierre Winter abordera cette problématique le 28 mars 2019 à 20h au CCLJ en débattant avec Pascale Champagne, Jean Noël et Philippe van Meerbeeck.

Informations

Où : CCLJ - Rue de l'Hôtel des Monnaies, 52 1060 Bruxelles

Quand : Jeudi 28 Mars 2019 à 20:00

Contact : 02/543.01.01 ou [email protected] - RÉSERVATION OBLIGATOIRE !

Prix et Réservations