Conférence & débat

Jeudi 26 Octobre 2017 à 20:00

Gérard Haddad : " Leibowitz, un prophète ? "

Débat animé par Jean-Marc Finn. L’homme Leibowitz avait de si multiples facettes qu’il est difficile de le saisir en une formule. Il y avait l’homme de science et de savoir, l’homme de foi et le théologien mais aussi l’homme politique. Homme de conviction, il n'avait pas peur de déplaire. Mais c'est justement cette force de conviction qui en fait aujourd'hui une "conscience" tant en Israël qu'à l'étranger. Gérard haddad, qui fut son élève, nous racontera "son" Leibowitz" !

Gérard Haddad, né à Tunis en 1940, ingénieur agronome entame une psychanalyse avec Jacques Lacan en 1969 qui durera onze ans qu’il raconte dans son livre Le jour où Lacan m’a adopté (Grasset, 2002). Onze ans qui vont ramener celui qui était alors marxiste à retrouver le judaïsme. Il est désormais psychanalyste. C’est ainsi qu’Haddad publie de nombreux livres au croisement du talmud et de la psychanalyse dont Les Folies millénaristes, Manger le livre… qui sont des sortes de méditations au croisement de la Bible et de la psychanalyse. 
Disciple en Israël de Yeshayahou Leibowitz Gérard Haddad a traduit en français ses livres, où plutôt ses conversations, car Leibowitz était surtout un homme de parole : Israël et le judaïsme, ma part de vérité ; Brèves leçons bibliques ; Peuple, Terre, État ; Science et valeurs, Les Fondements du Judaïsme…
Outre son travail de psychanalyste, Gérard Haddad est connu pour son œuvre d'écrivain, de traducteur de l'hébreu et d'éditeur. 

L’homme Leibowitz avait de si multiples facettes qu’il est difficile de le saisir en une formule.

  1. Il y avait l’homme de science et de savoir. Détenteur d’un doctorat en physique, en médecine, en philosophie, en théologie parlant une vingtaine de langues dont le français qu’il maitrisait, boulimique de livres, cette passion pour le savoir l’a conduit à créer l’excellente Encyclopédie Hébraïca (en hébreu) dont il dirigea 20 volumes et y écrivit de nombreux articles.
  2. L’homme de foi et le théologien. On peut le qualifier d’orthodoxe strict, orthodoxie alliée à la plus grande ouverture d’esprit. Cette foi, il la rattachait à la doctrine de Maïmonide dont il fut un grand commentateur. Dans le même temps il qualifiait la kabbale de littérature idolâtrique. Il posa en termes vifs, la question de la crise du judaïsme, la nécessité de sa réforme sans se rallier aux courants libéraux. Cette réforme devrait en priorité concerner le statut halachique des femmes.
  3. L’homme politique. Leibowitz fut un sioniste de la première heure, ce qui le conduisit à s’installer à Jérusalem en 1932 contribuant au développement de la jeune université de Jérusalem. Plus tard, il participera à la création de celle de Beer Sheva. Il fut l’ami proche de Berl Katznelson, le plus grand dirigeant sioniste après Ben Gourion, créateur de la Histadrut, de la Hagana, du journal Davar.

Son grand virage date de la guerre des 6 jours et l’occupation de la Cisjordanie qu’il considéra comme une catastrophe mortelle pour l’etat d’Israël. Il prôna parmi les premiers la création de deux états, Israël et Palestine. Sa critique de la politique israélienne aura parfois des accents qui choqueront mais qui reflètent le désespoir de voir son pays, qu’il défendit les armes à la main en 1948, sombrer.

Informations

Où : CCLJ - Rue de l'Hôtel des Monnaies, 50 1060 Bruxelles

Quand : Jeudi 26 Octobre 2017 à 20:00

Contact : 02/543.01.01 ou info@cclj.be - RÉSERVATION INDISPENSABLE !