Cycle de conférences "Les croyances à l'exercice de la Vérité"

Vendredi 15 Juin 2018 à 20:00

Alain Didier-Weill : " La croyance au sur-moi "

Conférence et discussion avec Jean Noël, Dominique Bertrand, Didier ledent et Ann d'Alcantara.. Modératrice : Pascale ChampagneL'association Insistance (Mouvement de psychanalyse, art et politique) et le CCLJ vous proposent un cycle de conférences qui traite "Des croyances à l'exercice de la vérité". 

Pour notre cycle « Les croyances à l’exercice de la Vérité », Alain Didier-Weill, comme à son accoutumée, envisagera avec originalité les croyances à l’aune du filtre surmoïque bridant le sujet dans son désir : on y croit parce que ça nous dicte d’y croire, on s’y plie parce qu’il convient de s’y plier, on bride parce que la loi nous fait courber l’échine. Qu’en est-il alors de l’éruption de la vérité, comment s’articule vérité et croyance dans le cadre d’une cure analytique, en quoi la vérité de l’inconscient traversant le sujet délie ce qui le tenait lié, ouvre ce qui était scellé, surprend le sujet qui « avait tout prévu et rationalisé » ? 

Notre propos est de traiter de tout exercice qui met au travail le sujet humain dans une entreprise d'élucidation et de recherche, et cela au péril de toute croyance que pourrait invalider la vérité, vérité qui n'a de cesse, pourtant,  que de se dérober... Nous pensons au travail de l'Artiste, du penseur, de l'analysant dans une cure analytique ou encore du scientifique qui, par leurs efforts, dévoile une vérité du monde ou d'eux-mêmes. Nous avons accueillien mars Etienne Klein sur le thème "la science dit-elle le vrai ? "et nous rencontrerons Monsieur Boualem Sensal en septembre ou octobre.

Difficile de faire une biographie de Alain Didier-Weill, tant il s’est illustré dans des essais extrêmement pointus de psychanalyse que dans l’écriture de pièces de théâtre ou encore de nombreux colloques à Paris, Bruxelles ou Rio de Janeiro. Docteur en médecine (1965), il est ancien interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine (1963-1969),). Il est analyste membre de l'École Freudienne de Paris et conférencier invité au séminaire de Jacques Lacan en 1975, 1976 et 1980. Il est cofondateur du Mouvement du Coût Freudien, de l'Inter Associatif Européen de Psychanalyse et du Mouvement Insistance (2002). Alain Didier-Weill est auteur de nombreux ouvrages, du dernier en date qui fera l’objet de notre interrogation (qu’est-ce que le Surmoi ?), au «  Trois temps de la Loi » ( Seuil) ou encore « Lila et la lumière de Vermeer » (Denoël). Membre fondateur d’Insistance, Alain poursuit avec nous sa quête de vérité.

Dominique BERTRAND est musicien, écrivain et penseur, auteur de "Art du Chaos" paru aux editions "Signatura".       

Pascale CHAMPAGNE est pychanalyste, maïtre de conférence à l'UCL et membre fondateur d'Insistance Paris/Bruxelles.

Jean NOEL, philosophe, écrivain, membre fondateur du mouvement Insistance Bruxelles et du Café philo de Belgique.

Didier Ledent, psychologue, psychanalyste  et président d’Espace analytique de Belgique.

Ann d’Alcantara, psychiatre pour adolescents et psychanalyste. Membre d’Insistance Belgique.

Difficile de faire une biographie de Alain Didier-Weill, tant il s’est illustré dans des essais extrêmement pointus de psychanalyse que dans l’écriture de pièces de théâtre ou encore de nombreux colloques à Paris, Bruxelles ou Rio de Janeiro. Docteur en médecine (1965), il est ancien interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine (1963-1969),). Il est analyste membre de l'École Freudienne de Paris et conférencier invité au séminaire de Jacques Lacan en 1975, 1976 et 1980. Il est cofondateur du Mouvement du Coût Freudien, de l'Inter Associatif Européen de Psychanalyse et du Mouvement Insistance (2002). Alain Didier-Weill est auteur de nombreux ouvrages, du dernier en date qui fera l’objet de notre interrogation (qu’est-ce que le Surmoi ?), au «  Trois temps de la Loi » ( Seuil) ou encore « Lila et la lumière de Vermeer » (Denoël). Membre fondateur d’Insistance, Alain poursuit avec nous sa quête de vérité.

Pour notre cycle « Les croyances à l’exercice de la Vérité », notre psychanalyste, comme à son accoutumée, envisagera avec originalité les croyances à l’aune du filtre surmoïque bridant le sujet dans son désir : on y croit parce que ça nous dicte d’y croire, quand bien même cela fait courber l’échine. Qu’en est-il alors de l’éruption de la vérité, comment s’articule vérité et croyance dans le cadre d’une cure analytique, en quoi la vérité de l’inconscient traversant le sujet délie ce qui le tenait lié, ouvre ce qui était scellé, surprend le sujet qui « avait tout prévu et rationnalisé » ?

Tant dans « les trois temps de la loi » que dans « qu’est-ce que le Surmoi ? », il est question ici de travailler la loi du retombement qui étouffe le désir, qui l’aplatit pour laisser sans ressource un sujet qui s’épuise. Une très belle métaphore est ici exploitée, celle du danseur qui fait fit de la masse des corps pour prendre son envol, mais qui tombe, rattrapé par ce que les physiciens appellent la loi de la gravitation universelle. De trois choses l’une, soit on fait silence en relevant le fait comme improbable et en attendant que le danseur se redresse et reprend son pas de danse pour un nouvel envol, soit on ricane en signifiant au danseur : « tu vois, tu ne peux pas faire fi de la loi », soit on le change en sel, on le pétrifie, pour lui dire dans un face-face médusant qu’il n’est qu’un objet qui tombe parmi les objets tombant. On pourrait mettre ici en dialogue la loi du physicien à celle qu’interroge le psychanalyste du désir : quel est le regard que l’on doit porter sur la loi de la physique ? Comme la part surmoïque utile à la mesure du lourd et du léger, du bas ou du haut afin de poser le pied comme il se doit avant un saut de l’ange? Ou bien faut-il la considérer, cette loi, comme une fatalité à laquelle il faut se plier ? C’est peut-être la première connexion que nous aurons  l’audace de faire entre la première conférence d’Etienne Klein et celle d’Alain Didier-Weill.

Par ailleurs, notre psychanalyste pose un regard singulier sur les croyances. Si celles-ci sont le discours qui réduit le sujet à n’être que la réplication de celui-ci, alors oui, les croyance procèdent d’interdits surmoïques qui réduit le sujet à n’être parlé plutôt que parlant. Cela nous ramène à la notion de vérité qui est ici rapprochée de celle d’AlethéIa : bien plutôt que discours constatifs qui réduit les signifiants s à ces concepts s’articulant en systèmes, la vérité est ici dé-couverte, en ce sens qu’elle n’est accessible que par l’action du sujet de l’inconscient qui la découvre en parole et en action, et cette découverte n’est jamais achevée ni définitive parce que son principe de recouvrement n’est jamais totalement percé à jour. La vérité se fait jour parce qu’une part de nuit la sous-tend. En cela, la vérité est toujours ironique, la mort cohabite avec la vie, et son dieu n’est autres que Dionysos qui n’a de cesse que de ressusciter, faisant fi de la volonté titanesque de le réduire en cendre.

 

Informations

Où : CCLJ - Rue de l'Hôtel des Monnaies, 52 1060 Bruxelles

Quand : Vendredi 15 Juin 2018 à 20:00

Contact : 02/543.01.01 ou [email protected] - RÉSERVATION OBLIGATOIRE !