Profondeville

Les sauveurs de François Englert reconnus comme Justes parmi les nations

Jeudi 27 avril 2017 par Denis Baumerder et Belga

Après avoir témoigné, le 24 avril, à la Journée du Souvenir au Mémorial d'Anderlecht, le professeur François Englert, Prix Nobel de Physique, était présent ce mercredi 26 avril à Profondville, où l’ambassadeur d'Israël procédait à une remise de médailles et de diplômes, à titre posthume à ses sauveurs.

« Merci d'avoir offert un foyer sûr à François Englert et à sa famille lorsqu'ils étaient pourchassés. Merci d'avoir montré tant de chaleur humaine et de compassion face à la barbarie et à l'indifférence », a déclaré S.E.Mme Simona Frankel, ambassadeur d’Israël. Un mot adressé à Camille, Louise et leur fille Yvonne Jourdan, à l'Abbé Louis Warnon et à Achille Moreels, reconnus Justes à titre posthume, pour avoir caché de 1942 à 1943 à Profondeville le jeune François Englert, le sauvant de la déportation. Le prix Nobel de physique était présent pour remercier les descendants de ces familles, en présence des autorités officielles et dans une ambiance très chaleureuse. 

L’ambassadeur a rappelé que c'est grâce à l'action  des Justes qu'un tiers de la population juive de Belgique a pu être sauvé. Proportionnellement, le chiffre le plus élevé. Plus de 1.731 Belges ont jusqu’à présent été reconnus Justes parmi les Nations par l’Institut Yad Vashem.

Le baron François Englert a raconté comment pendant un an, il avait vécu avec la famille Jourdan qui tenait le Café de la Gare à Lustin, qui aujourd'hui a fusionné avec Profondeville. Il devait faire comme s'il faisait partie de la famille Jourdan en ignorant ses parents et son frère lorsqu'il les croisait dans la rue. Repéré par la Gestapo, il a dû quitter ce foyer pour être placé « sous la protection de l'abbé Warnan qui m'a baptisé, permettant la poursuite d'une scolarité normale au Collège Notre-Dame de Dinant, jusqu'à la Libération », a-t-il détaillé. Et de conclure : « Je sais que mon histoire est semblable à celle de beaucoup d'enfants cachés, la même oblitération des souvenirs, le même retour de la mémoire beaucoup plus tard et dans tout ce tumulte, la recherche d'une affirmation socio-culturelle. Les sociologues, qui dans leurs statistiques, en ont noté le taux exceptionnel de réussites, ont découvert ainsi l'étonnante résilience des enfants cachés, mais ils n'en ont peut-être pas toujours apprécié le coût ».

Pour l’ambassadeur d’Israël, il était important de se souvenir de ces personnes et de leur rendre hommage. Un diplôme de Juste et une médaille ont été remis aux filles d'Yvonne Jourdan et aux neveux et nièces de l'abbé Warnan. Achille Moreels n'a quant à lui pas de descendants.

L'une des filles d'Yvonne Jourdan a expliqué que sa mère avait très peu parlé de ce qui s'était passé pendant la guerre. Ses grands-parents avaient recueilli le petit François alors qu'elle n'avait que 19 ans. Sa fille a expliqué qu'Yvonne était bénévole à la Croix-Rouge et qu'elle a fait partie du réseau de résistance Clarence. « C'est un honneur pour moi de voir ma famille récompensée d'une telle distinction. Je remercie l'Institut Yad Vashem pour les recherches qu'il a menées pour remonter jusqu'à nous », a-t-elle confié.

Comme le rappelle François Englert, « les nazis ont voulu nous enterrer, mais ils ne savaient pas que nous étions des graines ».  


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/