Flash-back

Les ordonnances antijuives du 28 octobre 1940

Vendredi 27 octobre 2017 par Tarbout
Publié dans Regards n°869 (1009)

Six mois après la défaite de la Belgique, l’administration militaire allemande adopte deux ordonnances antijuives le 28 octobre 1940. Elles sont publiées dans le Verordnungsblatt du 5 novembre 1940.

 

Dans la première, les Allemands donnent une définition du Juif : « Est Juif, toute personne issue d’au moins trois grands-parents de race juive. Est regardée comme Juif, toute personne issue de deux grands-parents juifs si elle : adhère au moment de l’entrée en vigueur de la présente ordonnance au culte juif ou y affecte son adhésion ultérieurement ou si son conjoint est juif ou si elle contracte mariage avec un Juif ultérieurement. Dans les cas de doute, est regardée comme Juif toute personne adhérant ou ayant adhéré au culte juif. Un grand-parent est regardé, sans condition ni réserve, comme Juif, lorsqu’il a adhéré au culte juif ».

L’ordonnance charge également les autorités communales de tenir, sous la forme de fiches alphabétiques, un registre des Juifs âgés de plus de 15 ans. Pour ce faire, elle ordonne aux Juifs de se faire recenser en tant que tels en se présentant aux services communaux en vue de demander leur inscription dans le registre, et ce, avant la date du 30 novembre. Il est également précisé que les cartes d’identité doivent porter la mention de l’inscription « juif ». Il est aussi prévu que les entreprises juives soient enregistrées auprès de l’Office de Déclaration de la Propriété juive à Bruxelles avant le 10 décembre 1940.

La seconde ordonnance du 28 octobre vise à écarter les Juifs des fonctions publiques, ainsi que des professions d’avocat, de professeur de l’enseignement supérieur et de journaliste pour le 31 décembre au plus tard. Le ministère de l’Intérieur et les départements ministériels compétents sont respectivement chargés des instructions et de l’exécution.

Ces deux ordonnances du 28 octobre 1940 constituent le premier élément d’une politique de persécution antisémite. « Les ordonnances du 28 octobre 1940 introduisent, dans le pays occupé et en dépit de ses lois, une discrimination raciale à l’encontre des Juifs », soulignait l’historien belge Maxime Steinberg, pionnier des études sur la Shoah en Belgique. Plutôt que de conclure à un refus catégorique (et ils en ont la possibilité) en raison de la violation de la Constitution belge et de la Convention de La Haye, les plus éminents magistrats du Royaume, réunis en octobre 1940 au sein du Conseil de législation, choisissent délibérément de ne pas formuler la moindre objection quant à l’application des ordonnances antijuives par les autorités belges. Sans adhérer le moins du monde à l’idéologie nazie, des démocrates respectables ont donc choisi de mettre entre parenthèses les principes démocratiques contenus dans la Constitution belge pour approuver une politique de collaboration active dont la conséquence sera moins de deux ans plus tard la déportation de 25.124 Juifs vers Auschwitz-Birkenau.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par A. Blitz - 1/11/2017 - 5:57

    Pour etre precis, avant la parution de ces 2 ordonnances parut le 23 octobre 1942 l'ordonnance interdisant l'abbatage rituel d'animaux en general, mais qui visait directement les juifs.
    Elle creat durant la periode de l'occupation un probleme d'alimentation pour les juifs croyants, les homes de veillards et les orphelinats juifs.