Communiqué du CCOJB

L'Université libre de Bruxelles persiste dans son erreur

Jeudi 26 avril 2018

« Not in our name » (notinourname.be) est un collectif de plus en plus large, regroupant personnalités, associations et citoyens préoccupés et soucieux des enjeux mémoriels. Un collectif qui souhaitait et souhaite toujours clarifier les enjeux que le doctorat honoris causa à Ken Loach soulèvent.

 
Sur le même sujet

    1. Ken Loach n’est pas digne d’être honoré

    Ken Loach dit ne pas nier la Shoah.

    Il dit cela tout en refusant de condamner clairement ceux qui mettent en doute la Shoah lors d’une interview sur la BBC. Il dit cela tout en clamant, dans une pièce qu’il souhaitait produire, que nazis et Juifs partageaient les mêmes objectifs, suggérant par là, insidieusement, que les juifs sont un peu complices de leur propre extermination.

    Ken Loach dit ne pas être antisémite.

    L’ancien maire de Londres, ami de Ken Loach, a été suspendu judiciairement de ses fonctions. Judiciairement. C’est inédit. Pour paroles et déclarations antisémites délirantes. Ken Loach dit ne pas être antisémite mais refuse de le condamner. Il dit cela tout en prétendant que l’antisémitisme au parti travailliste britannique, pourtant reconnu par son président de parti, Jeremy Corbyn, et par une majorité de ses membres, n’est qu’un prétexte pour déstabiliser la gauche. Il dit cela tout en suggérant que les juifs sont complotistes. Il dit cela en même temps qu’il appelle au renvoi des courageux députés britanniques qui se sont associés à la manifestation contre l’antisémitisme ces derniers jours à Londres.

    Plus de 1500 de personnes, dont le prix nobel et baron Englert et des centaines d’universitaires, en plus d’intellectuels de l’étranger, dénoncent cette mise à l’honneur de Ken Loach, sur base d’éléments spécifiques. Bien au-delà de la communauté juive, on se mobilise en dépassant les positionnements politiques. Le premier ministre de notre pays lui-même désapprouve.

    L’ULB décide de s’en remettre à une parole générale de Ken Loach pour négliger ces appels légitimes. Elle clôt le débat plutôt que de l’ouvrir. Elle divise au lieu de rassembler. Ce n’est pas l’université que nous voulons.

    “Not in our name” a pourtant la conviction que ces signataires ne peuvent être méprisés et traités pour portion congrue. La mémoire est essentielle dans ce débat. Nous la conserverons aujourd’hui comme demain.

    2. Le pire moment pour honorer Ken Loach

    L’ULB prétend qu’on peut honorer Ken Loach puisqu’il a déjà été honoré dans le passé. C’est affligeant et indigne.

    En Allemagne la chancelière et le maire de Berlin manifestaient hier encore pour dénoncer  la recrudescence de violences antisémites.

    En France l’émotion a étreint les cœurs et la foule dans les rues à l’annonce du meurtre ignoble de Mireille Knoll rescapée de la rafle du Vel d’Hiv.

    Un peu partout l’indignation prend enfin le dessus. Sauf à l’ULB !

    Où tout en déclarant de beaux principes, tout en récompensant le rescapé d’Auschwitz ou celui qui lutte pour la reconnaissance factuelle du génocide arménien par Ankara ou celle qui a lutté pour la reconnaissance de l’indignité de l’esclavage  on en arrive à leur infliger la présence d’un propagandiste insidieux.

    3. Des procès d’intentions odieux

    On a accusé les 1300 signataires de « not in our name » d’être, tour à tour, uniquement indignés des positons de Ken Loach sur le conflit israélo-palestinien, manipulés par des éléments ou arguments électoraux du parti travailliste anglais, ou manipulés aujourd’hui par un parti de droite belge parce que le Premier Ministre a exprimé en tant qu’ancien étudiant de l’ULB son inquiétude voire sa désapprobation et en tout cas sa mise garde.

    Notre collectif n’est ni de gauche ni de droite mais viscéralement attaché à la dignité humaine, à la méthode scientifique et au libre examen. Nous sommes viscéralement opposés au travestissement de l’histoire. Nous sommes particulièrement déçus que l’ULB ait ressenti la nécessité de questionner Ken Loach tout en esquivant les questions qui font réellement débat, et qui peuvent fâcher.  

    4. Scientia vincere tenebras

    L’année des diversités, l’ULB décide de passer outre les appels à la raison reçus de membres éminents de la communauté arménienne, tutsie, et juive. Elle crée la division plus généralement dans la société civile, et utilise une déclaration de Ken Loach comme seule feuille de vigne.

    La méthode universitaire est bafouée, le débat confisqué.

    Ken Loach ne mérite pas la distinction remise aux Allende, Edelman, de Duve, Geremek et autres DHC ULB, à tout le moins ceux repris depuis 1973.

    Aujourd’hui nous honorons Siegi Hirsch, l’enfant d’Auschwitz qui a magnifié la thérapie familiale, Ahmet Insel qui a courageusement lutté contre le négationnisme turc dans le dossier du génocide arménien, et Christiane Taubira qui a su éveiller le débat et la mémoire sur l’ignominie de l’esclavage.  

    Ces visages honorent l’histoire et la mémoire. Le reste appartient à la responsabilité de celles et ceux qui prétendent vaincre la science par les ténèbres en bafouant la devise même de l’ULB.

    Not in our name !


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Raymond - 26/04/2018 - 16:59

      Que le CCOJB convainque maintenant les professeurs de l'ULB issus de la communauté juive à démissionner de ce trou à rats

    • Par Yoram - 26/04/2018 - 22:10

      Raymond, votre phrase demeure ambiguë. Ce "trou à rats", vous voulez parlez du CCOJB ?

      (Cela fait drôle, hein, quand votre formule répugnante vous revient au visage.)

    • Par Yolande - 27/04/2018 - 8:52

      l'ULB est tombée bien bas quand on voit qu'en 2015 elle invitait le faux professeur mais vrai violeur Tariq Ramadan